L’ancienne salle paroissiale de Fouron-le-Comte fait toujours débat

La saga de la salle paroissiale de Fouron-le-Comte (ou plutôt de «l’ancienne salle paroissiale» comme l’a qualifiée, en séance, le président du conseil communal de Fourons, Rik Tomsin, ce jeudi soir) oppose toujours majorité flamande et opposition francophone. Ainsi, lors d’une réunion du collège communal du 29 septembre, l’échevin francophone, Jean Levaux, s’est opposé à l’adoption des conditions de cession du domaine de la-dite salle, Pley, 16, à Fouron-le-Comte, et à celle de l’adoption des conditions de candidature à cette concession. Le dossier est donc revenu devant l’assemblée, privée, ce jeudi, d’Alexandra van Gestel (Voerbelangen) et de Grégory Happart (R@L- Retour aux Libertés)

Une «ancienne salle paroissiale» offerte à la location à des conditions irrréalistes?

Les conditions de location paraissent irréalistes à Jean Levaux: 1525 euros mensuels, dans le cadre d’un contrat de location de neuf ans, comment un indépendant fouronnais pourrait-il rentabiliser cette salle en la donnant en location pour «des manifestations festives, des activités récréatives, des initiatives culturelles, etc.», comme l’avait rappelé Rik Tomsin en introduction du point.

Mais le fond du problème, côté francophone, reste la manière dont cette (ancienne) salle paroissiale a été rénovée, par le détournement de subsides destinés à la rénovation de l’église saint Lambert, laquelle n’a donc pas été rénovée complètement. «Le collège communal envisage-t-il une enquête judiciaire à ce propos?» a interrogé Jean Levaux, en estimant que «chacun doit assumer ses actes» et qu’il n’incombe pas «aux finances communales» de couvrir une éventuelle malversation.

Ce n’est pas la première fois que le sujet fait débat au conseil communal de Fourons. Mais toute cette délicate affaire, a rappelé le bourgmestre Joris Gaens (Voerbelangen), s’est conclue «par un accord tripartite, entre le conseil de fabrique de Fouron-le-Comte, l’évêché de Hasselt, et l’administration communale». Cet accord tripartite, a-t-il poursuivi, «a été approuvé par le conseil communal». Et il sera respecté

Dès lors, il n’y aura pas d’enquête judiciaire, a-t-il conclu. En ajoutant: «je sais ce qui s’est passé, et ce qui a conduit à cet accord. Il n’est pas illogique que vous reveniez là-dessus, en tant qu’opposition. Mais les choses resteront en l’état».

Pour le reste, a encore estimé Joris Gaens, on verra à l’ouverture des candidatures si les conditions posées sont ou non réalistes.

Les conditions de concession du domaine, et de candidature à son octroi, ont été dans la foulée approuvées majorité flamande contre opposition francophone.

Est-ce la fin de la saga? Pas sûr. Car cette «ancienne salle paroissiale», tombée dans le domaine communal, devient, ou devrait normalement devenir une «salle communale», comme l’avait suggéré l’ancien bourgmestre francophone José Smeets, lorsque le problème a été évoqué pour la première fois en conseil communal. De quoi donner du grain à moudre à l’opposition?

* Travaux à Fouron-saint-Pierre: les «travaux d'égouttage à Fouron-Saint-Pierre sont-ils terminés?», a interrogé le conseiller francophone Benoît Houbiers, pour qui «les leçons des travaux à Fouron-le-Comte n'ont pas été tirées». Et de déjà s'inquiéter pour «le secteur HoreCa à Teuven», confronté lui aussi à des travaux: «des indemnités sont-elles prévues?» a-t-il interrogé. Le bourgmestre, Joris Gaens, a expliqué, photo (subtilement choisie?) à l'appui, que les travaux sont terminés à Fouron-Saint-Pierre depuis le 7 septembre. Ils ont duré 168 jours au lieu des 165 prévus, mais l'indemnité prévue pour les trois jours de dépassement est trop basse pour qu'une initiative soit prise à ce propos. Pour le secteur HoreCa, en cas de fermeture des «primes régionales de 2000 euros» sont disponibles», a poursuivi le mayeur fouronnais. Plus d'éventuelles compensation de 80 euros par jour de fermeture effective. Et d'annoncer en conclusion que les travaux se poursuivront, à Mouland, en 2023; à Fouron-Saint-Martin, en 2024; et à Remerersdael en 2025. 
*Éclairage public: l'imbroglio? Lors du dernier conseil communal, une proposition de Grégory Happart de limiter l'éclairage nocturne, et l'éclaire des bâtiments publics, avait été approuvée, moyennant amendement, à l'unanimité. Fluvius, le distributeur d'électricité, avait été prié de faire savoir ce qui était possible pour la prochaine réunion de l'assemblée. Ce jeudi, le bourgmestre, Joris Gaens, a expliqué que les villages de la commune sont alimentés par deux canaux différents, en provenance des provinces de Liège et du Limbourg. Et que «pour les petites communes, il est plus difficile de couper l'éclairage que dans les grandes villes», car les décisions doivent être coordonnées parfois entre plusieurs communes. Ainsi, pour Fourons, il faudrait que la commune voisine d'Aubel adopte une position similaire, ce qu'elle ne semble pas vouloir faire. «L'économie, pour les finances communales, serait de 35000 euros, elle ne couvrirait pas l'augmentation tarifaire de l'électricité» a ajouté le bourgmestre. On en reparlera sûrement!

École francophone et Centre sportif et culturel fêtent leurs trente ans ce samedi à Fourons

En perte de vitesse, ces dernières années, la Fête du Peuple fouronnais prend un tour festif, ce samedi, au Centre sportif et culturel de Fouron-Saint-Martin, où les Fouronnais francophones vont célébrer le double trentième anniversaire du Centre, et de l’école francophone voisine des Fourons.

Comme le rappelle l’ancien bourgmestre Nico Droeven dans le périodique «Le Foron», c’est en mars 1992 que Bernard Anselme, alors ministre-président de la Communauté française, est venu inaugurer le Centre sportif et culturel, qui avait été entièrement subsidié par l’institution qu’il présidait.

Il ne s’est écoulé que quatre ans entre la décision de construire un Centre sportif et culturel francophone à Fouron-Saint-Martin et son inauguration en 1992

Les travaux, à l’époque, avaient été rondement menés, puisque c’est en vertu des accords de 1988, qui avaient permis la mise sur pied de la Région bruxelloise que les Fouronnais francophones avaient obtenu, en «compensation» du renoncement de José Happart au poste de bourgmestre, l’implantation d’un Centre sportif et culturel à Fouron-Saint-Martin.

Depuis lors, l’institution a joué pleinement son rôle de catalyseur d’initiatives sportives, associatives et culturelles.

C’est la même année que l’école francophone des Fourons a ouvert ses portes. Elle remplaçait l’ancienne école communale francophone, officiellement tolérée depuis le 1er janvier 1977, à l’initiative de Herman De Croo, alors ministre toujours national de l’Éducation nationale du gouvernement Tindemans 1. Mais l’accord prévoyait que cette école devait être sous tutelle flamande. Ce qui impliquait la visite d’inspecteurs linguistiques; l’obligation pour les enfants de réussir un examen de néerlandais à partir de la troisième année primaire; et l’obligation pour l’école d’enseigner le néerlandais à raison de huit heures par semaine ppour les enfants de cinquième et sixième primaires.

L’école francophone des Fourons est depuis 1992 une école libre non-confessionnelle de la Communauté française

Au fil du temps, rappelle Nico Droeven, les parents avaient émis le souhait de voir leur progéniture recevoir «le même enseignement que partout en Wallonie tant aux points de vue administratif que pédagogique». D’autant que les enfants des familles francophones, issus de l’enseignement primaire, poursuivaient dans leur grande majorité leurs études secondaires dans des établissements francophones.

C’est ainsi que le 1er septembre 1992 s’ouvre l’école francophone libre et non-confessionnelle de Fouron-Saint-Martin, couverte par un contrat entre l’asbl du Centre sportif et culturel avec la Communauté française.

L’école communale francophone reste à l’époque ouverte, dans un local de l’ancienne Maison communale de Fouron-Saint-Pierre. «Mais pas un seul enfant n’y est inscrit au 30 septembre, et elle cesse donc ses activités», rappelle Nico Droeven.

L’épisode donnera néanmoins lieu à un procès entre les enseignantes de l’école communale, licenciées par la Commune, et les responsables communaux fouronnais. La Justice accordera finalement, au bout de plusieurs années, des indemnités de licenciement aux enseignantes concernées.

Un projet d’extension de l’école, sous le mayorat de Nico Droeven, entre 1989 et 1994, n’a pu se concrétiser, en raison de l’opposition flamande, rappelle l’ancien bourgmestre.

De même, en 2000, un projet d’échanges linguistiques entre l’école francophone des Fourons et les écoles voisines de Gronsveld-Margraten aux Pays-Bas seront « »torpillés » juste avant leur concrétisation» narre Nico Droeven, malgré le soutien au projet de l’université de Maastricht…

Ce samedi, on ne retiendra que l’événement festif du double trentième anniversaire. Restent, en toile de fond, les difficultés financières de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui ont privé en 2020 le Centre sportif et culturel de sa bibliothécaire. Et qui laissent planer des nuages sur le financement de l’école francophone, dont le bâtiment a été racheté en 2018 par le Centre sportif et culturel pour un peu plus de 648000 euros. Entièrement pris en charge par la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le programme de la fête

La célébration du double trentième anniversaire débutera ce samedi 22 octobre à 17 heures par un spectacle des enfants de l’école francophone des Fourons.

Suivra à 18 heures un concert apéritif des harmonies réunie de Remersdael-Teuven, avant le «Repas du trentième anniversaire» servi à partir de 18h30 (frites boulettes ou vol-au-vent).

La soirée s’achèvera avec «La nuit des filles» annoncée à 22 heures. Jusqu’au bout de la nuit?

Des réservations sont souhaitées et possibles pour le repas au 04/3812237 ou par courriel à: fourons@cscfourons.be

Économies d’énergie: la majorité embraie sur les propositions de Grégory Happart

Éteindre l’éclairage public en semaine de 23 heures à 5 heures 30, et le week-end d’une heure du matin à 5 heures 30. Éteindre l’éclairage des bâtiments publics de 22 heures à 6 heures. Réduire la température de chauffage dans les bâtiments communaux à 19° C. Et mener une étude pour améliorer l’efficacité du chauffage des bâtiments publics: toutes ces propositions ont été formulées, jeudi soir, par le conseiller communal d’opposition Grégory Happart, en fin de séance publique de l’assemblée, sous l’intitulé d’un point additionnel proposant «des mesures à prendre en fonction de l’augmentation des prix de l’énergie».

Éteindre l’éclairage nocturne des églises (ici, celle de Fouron-le-Comte)? Le bourgmestre en débattra avec les conseils de fabrique

Le bourgmestre Voerbelangen Joris Gaens a remercié son opposant principal pour ses suggestions. «Mais nous devons vérifier avec Fluvius (N.D.L.R.: le fournisseur d’électricité de la commune), s’il est possible de couper l’éclairage public dans les plages horaires que vous suggérez», a-t-il ajouté. En rappelant que Fluvius est occupé à remplacer ses points d’éclairage par des LEDs, nettement moins gourmands en électricité. Et de suggérer dans la foulée un amendement aux propositions de l’élu d’opposition.

La deuxième proposition de Grégory Happart «est déjà réalisée pour les bâtiments communaux», a poursuivi le mayeur fouronnais, «mais nous allons voir avec les conseils de fabrique d’église s’ils peuvent faire de même pour les églises». Pour ce qui est de la réduction à 19°C de la température dans les bâtiments communaux, «j’en discuterai avec la directrice générale» a-t-il promis. Quant à l’étude suggérée, «elle a déjà été lancée».

L’opposition francophone a demandé une suspension de séance, avant de se prononcer sur l’amendement suggéré par le bourgmestre. À leur retour, les élu(e)s de l’opposition ont marqué leur accord, en suggérant, par la voix de Clotilde Mailleu, qu’une réponse soit demandée au fournisseur d’électricité avant la prochaine réunion du conseil communal, qui aura lieu à la fin octobre.

La proposition de Grégory Happart, amendée par le bourgmestre et complétée par la suggestion de l’opposition francophone, a ainsi été adoptée à l’unanimité des membres présents (Benoît Houbiers, en vacances, était absent dans les rangs de l’opposition, ainsi que l’échevine Yolanda Daems et la conseillère Alicia Dodémont dans ceux de la majorité). Ou plus exactement par onze voix et un vote nul, celui de… Grégory Happart, «puni» ainsi sur la plupart de ses votes qu’il ponctue d’un «pour», «contre» ou «abstention» exprimée en français. Inacceptable dans une Flandre recroquevillée sur sa langue!

Églises: un débat aura lieu

Plus de la moitié des points inscrits à l’ordre du jour du conseil communal de Fourons, ce jeudi, étaient relatifs aux fabriques d’église de la commune. Modifications budgétaires 2022 et budgets 2023 se sont succédé, pour Mouland (Notre-Dame de l’Assomption); Fouron-Saint-Pierre (Saint Pierre); Fouron-Saint-Martin (Saint Martin); Teuven (Saint Pierre), Remersdael (Saint Heribert) et Fouron-le-Comte (Saint Lambert). Avec à chaque fois des décisions positives, dans la mesure où ces budgets ou modifications budgétaires restent dans les clous des plans financiers pluriannuels. Une demande de précision en fonction de l’augmentation des prix des matériaux sera toutefois adressée au conseil de fabrique de Teuven pour son budget 2023. Le budget 2023 du conseil de fabrique de Remersdael, lui, a été refusé, «parce qu’il ne respecte pas le plan pluriannuel» a répondu l’échevin William Nijssen à son collègue de l’opposition Jean Levaux. «Plutôt que de le refuser, il aurait été plus simple de reporter le point en attendant la discussion avec ce conseil de fabrique» a commenté ce dernier. Les élus francophones se sont opposés aussi à l’adoption du budget du conseil de fabrique de Fouron-le-Comte, toujours en fonction des arrangements passés qui ont régularisé une utilisation illicite de subsides. Tôt ou tard, un débat avec les conseils de fabrique sur le devenir des églises fouronnaises s’annonce: dans un long commentaire, un peu «électoraliste» sur le rapport d’activité de la majorité, le bourgmestre, Joris Gaens, avait insisté sur le dialogue engagé avec l’ensemble de ces instances. Dès son entrée en fonction, il avait d’ailleurs déjà évoqué ce problème. Rien que sur les dossiers examinés ce jeudi, il en coûtera à la Commune quelque 90000 euros, comme l’a relevé Grégory Happart…

Fouron-le-Comte et Warsage reliés par la… « Plate voye » cycliste

Arnaud Dewez (à g.) et Joris Gaens ont inauguré conjointement la liaison douce entre Warsage et Fouron-le-Comte (c. Nico Meens)

Depuis ce lundi, les cyclistes peuvent rallier Warsage au départ de Fouron-le-Comte, ou Fouron-le-Comte au départ de Warsage, par la Plate voye : l’infrastructure a été inaugurée conjointement par les bourgmestres de Dalhem, Arnaud Dewez (MR), et de Fourons, Joris Gaens (Voerbelangen). Ce dernier a rappelé que la réfection et l’extension du réseau cyclable a été entamée en 2021 dans sa commune, avec le soutien du Fonds provincial pour le cyclisme, et d’un financement européen via le Fonds Interreg XB-MOB – cycling Connects..

Du côté de Dalhem, le propos est de créer un réseau de mobilité douce sur l’ancienne ligne 73: depuis 2020, la réouverture du tunnel de Dalhem permet une liaison vers Mortroux et Tembleur.

Entre Mortroux et Fouron-le-Comte, l’ancienne voie ferroviaire se trouve sur des domaines privés : il a donc fallu créer une liaison en utilisant des chemins de remembrement sur lesquels fort peu d’autos circulent, mais où la cohabitation entre cyclistes, piétons et charroi agricole devra être assurée.

De la sorte, le réseau cycliste du Pays de Herve se trouve ainsi relié au réseau Ravel de Fourons, et au-delà, vers les Pays-Bas.

Dans l’autre sens, il confirme l’ancrage des Fourons dans le Pays de Herve, même si, en dépit de toute logique géographique, la commune fait partie du groupement touristique, ou plus exactement paysager, comme le précise un commentateur de ce post, de… Hesbaye. Laquelle n’a rien de commun sur ce plan avec Fourons.

Un ancrage encore souligné par le nom wallon de la liaison inaugurée ce lundi: la Plate voye, la « route plate » en français ou « platte weg » en néerlandais ne devrait pas trop solliciter les mollets des cyclistes, si son appellation est justifiée

L’opposition francophone fait prévaloir les intérêts des Fouronnais

La loi du nombre n’a pas prévalu, ce jeudi soir, au conseil communal de Fourons: l’opposition francophone, privée de Michael Henen, excusé, a imposé deux amendements à des propositions de la majorité, où Shanti Huynen, tout aussi excusée, faisait défaut. En faisant, dans les deux cas, valoir les intérêts des Fouronnaises et des Fouronnais.

C’est surtout sur le deuxième dossier, assez anodin a priori, relatif au remplacement de cuisines équipées dans des appartements communaux (30000 euros TVA comprise) que l’opposition a fait mouche. Le collège proposait de faire appel à de grandes enseignes, toutes situées dans le Limbourg: «pourquoi ne pas s’adresser aussi à des menuisiers locaux, qui pourraient remettre offres à de tels montants?» a interrogé Clotilde Mailleu. Pris de court, le bourgmestre, Joris Gaens (Voerbelangen) a invoqué des coûts moindres en s’adressant à des magasins spécialisés, «dont les cuisines pourraient être montées par des ouvriers communaux».

«Je suis certaine que des menuisiers locaux pourraient être aussi compétitifs» a repris l’élue francophone, en suggérant un amendement pour ajouter les artisans locaux à la liste des fournisseurs à consulter. Après une courte concertation, l’amendement a été admis à l’unanimité. La main-d’œuvre locale pourra faire offre…

Auparavant, l’opposition francophone avait déjà marqué un point quand il s’était agi d’approuver l’achat d’équipements d’exercice physique (14768,05 euros TVA comprise) pour un parc de délassement «ouvert à toutes et tous, de tous les âges» avait insisté le mayeur, qui sera aménagé au lieu-dit Tienhof, à Fouron-le-Comte.

« Les équipements doivent bénéficier à l’ensemble des villages » (ici Fouron-Saint-Martin) a argumenté Clotilde Mailleu au nom de l’opposition francophone

«Ne faudrait-il pas envisager l’implantation de pareils équipements dans tous les villages et pas uniquement à Fouron-le-Comte?» a lancé Clotilde Mailleu, en réclamant dans un amendement qu’une étude soit lancée, «en visant particulièrement les adolescents».

L’échevin William Nijssen a paru évacuer la demande en soulignant qu’il y avait été «déjà répondu, car diverses implantations ont été envisagées. Mais il n’y avait qu’à Fouron-le-Comte que cela pouvait se réaliser, notamment en créant un sentier vers le parking, et l’école (Steiner) toute proche». Et «le Conseil des jeunes a proposé lui-même cet emplacement» a encore asséné l’échevin. Pas de quoi convaincre la conseillère de l’opposition qui a maintenu sa proposition. Et là aussi après courte concertation, l’unanimité s’est faite pour l’approuver. Il restera à vérifier si cette promesse d’étude ne sera pas lettre morte. Les élus francophones s’en assureront sans doute, au nom des habitants des cinq autres villages de la commune.

Le gouverneur, saisi de plaintes, a validé l’augmentation de la taxe de séjour, décidée par un précédent conseil communal, malgré l’opposition commune de propriétaires flamands et francophones de gîtes et chambres d’hôtes. L’échevin francophone Jean Levaux a, à ce propos, invoqué les difficultés du secteur Horeca, qui pâtira de la réduction éventuelle du nombre de touristes. «Si ces difficultés se vérifient, on pourra rediscuter de la taxe» a expliqué le bourgmestre.

Clotilde Mailleux s’est inquiétée aussi des coûts pour la commune qu’entraînera un «tour de peloton» (30 à 100 cyclistes accompagnés de motards et de véhicules d’accompagnement) envisagé au départ du Limbourg hollandais, ce qui a nécessité l’ajout de cette catégorie,  et l’obligation d’utiliser l’application e-tool de Sport Vlaanderen pour les circuits de tourisme et de VTT, dans un document sur la «Politique cycliste transfrontalière». Outre les missions de police nécessaire, «les surcoûts devraient être minimes pour la commune» a estimé le bourgmestre. Car l’organisateur de pareille balade devrait intervenir. Par contre, Joris Gaens n’a pu expliquer pourquoi la commune de Plombières était mentionnée dans le document initial, mais n’était pas concernée par la décision.

La zone bleue comme solution au problème du parking?

Les travaux d’égouttage sont en voie d’achèvement à Fouron-Saint-Pierre. Le charroi nécessaire au chantier a endommagé gravement la route Koebeke: elle fera l’objet d’en nouvel enduisage, approuvé à l’unanimité. Il en coûtera à la commune 19700 euros, hors TVA, «mais nous tenterons d’obtenir de subsides provinciaux», a expliqué le bourgmestre.

L’échevin francophone, Jean Levaux, a saisi l’occasion pour poser la question du parking à Fouron-Saint-Pierre, «où des voitures sont rangées sur le trottoir. Ne serait-il pas envisageable de créer un parking, comme à Fouron-le-Comte?». Aucun terrain ne s’y prête, en raison du plan de secteur, a objecté Joris Gaens. Et «maintenant que les travaux sont terminés, des marquages seront réalisés, et il n’y aura plus de tolérance pour les usagers qui garent leur voiture sur le trottoir» a-t-il signalé… tout en n’écartant pas l’hypothèse de la création de quelques emplacements sur une route latérale, ainsi que l’avait suggérée l’échevin francophone.

Plus globalement, l’organisation du parking (problématique) reviendra sur la table du conseil communal, a ajouté le mayeur. «Car c’est la préocuppation de «94% des Fouronnais» a-t-il insisté. Diverses pistes sont envisagées, «comme le rétablissement d’une zone bleue dans plusieurs villages, avec exception pour les riverains titulaires d’une carte» a-t-il avancé, tout en répétant que rien n’est décidé. Et que le conseil communal se penchera sur le dossier en temps voulu…

À l’Action fouronnaise, Renaud Wynants travaille en voisin

Depuis une dizaine de jours, Renaud Wynants a pris ses quartiers au Centre culturel et sportif de Fouron-Saint-Martin: c’est lui qui a été désigné pour succéder à Bernard Liégeois, en qualité de permanent de l’Action fouronnaise et de responsable – «je préfère ce mot à celui de directeur», sourit-il – du Centre sportif.

À bientôt 41 ans, l’homme se retrouve en terre connue: il habite à une centaine de mètres à peine de son nouveau bureau, avec sa compagne et ses trois enfants, deux d’un premier mariage, et «une petite dernière, âgée de onze mois».

Il y a seize ans, candidat aux élections communales, sur la liste Retour à Liège, il avait récolté 273 suffrages: pas assez pour siéger. En 2018, non plus, ses 188 voix ne lui ont pas valu de mandat.

À ceux qui ne connaissent pas son prénom, son nom de famille peut vouloir dire quelque chose, car la famille Wynants est mêlée de longue date, cf. ci-dessous, à la lutte des Fouronnais pour le maintien de leurs six villages dans la province de Liège, puis pour la défense de leurs droits. Le nouveau permanent de l’Action fouronnaise n’a en tout cas jusqu’à présent pas noté de changement dans ses relations avec qui que ce soit.

«En fait, je découvre plus en profondeur les Fouronnais, à commencer par mes nouveaux collègues, même si je travaille avec ma voisine; ou les bénévoles qui organisent les manifestations. Et petit à petit, je vais élargir», confie-t-il. Surprenant? «Je n’étais pas forcément de toutes les activités dans les autres villages».

«Je ni’maginais pas que Bernard Liégeois atteignait l’âge de la retraite», explique Renaud Wynants

Il faut dire que la carrière de Renaud Wynants, jusqu’ici, a été fort remplie.

Diplômé en Administration des Affaires des Hautes Études Commerciales (HEC) – «intégrées à l’université de Liège quand j’achevais mes études: la première fois où je suis entré dans le bâtiment de l’université, place du XX Août, c’était… pour aller chercher mon diplôme»– il a découvert la logistique au fil de ses différents emplois: chez Techspace Aero, chez ArcelorMittal, à la cidrerie Stassen, puis à Logistics Wallonia, un des pôles de développement du plan Marshall pour la Wallonie.

Sa carrière prend un nouveau tournant, avec deux années d’enseignement à Sainte-Véronique, à Liège, puis le voilà candidat à la succession de Bernard Liégeois. «Un peu par hasard, car Bernard est quelqu’un sinon d’immortel, en tout cas « d’intemporel »: je n’imaginais pas qu’il atteignait l’âge de la retraite».

Le défi l’a intéressé, car, explique Renaud Wynants, c’est un travail «utile sur le plan social et sur le plan sociétal».

Il entre dans la fonction dans des conditions idéales, «parce que Bernard (Liégeois) avait réglé toute une série de problèmes avant de partir à la retraite». Mais il s’est déjà rendu compte, comme son prédécesseur, que le métier est varié: «cela peut aller de la protection des écoliers qui traverses la rue, un panneau à la main, le matin, à une démarche dans un cabinet ministériel l’après-midi».

Pour faire acte de candidature, il a présenté sa vision de l’avenir. «Pour une bonne part dans la continuité de ce que mon prédécesseur a construit pendant trente-six ans, et qu’il importe de conserver. Mais je ne suis pas un immobiliste, et il y a deux dossiers sur lesquels je souhaite avancer: le développement de la ferme pédagogique de Fouron-Saint-Martin, et la création du lotissement prévu dans le même coin».

Le développement de la ferme, Renaud Wynants le situe en parallèle avec l’essor de l’école francophone de Fourons: «combien d’écoles de la région peuvent-elles s’appuyer ainsi sur une ferme? C’est un élément unique, qui peut être utilisé pour augmenter l’attractivité de notre école francophone. À Sainte-Véronique, j’ai pu constater les effets bénéfiques de l’immersion en anglais et des humanités sportives sur lesquelles l’institut a bâti son essor. Je rêve d’attirer plus d’enfants vers notre école, grâce à la ferme. Pourquoi pas voir arriver des enfants des villages voisins, puisque des jeunes écoliers fouronnais fréquentent des écoles de ces villages? Et si de nouveaux habitants francophones inscrivent leurs enfants à l’école provinciale flamande de Fouron-le-Comte, pour les immerger dans un environnement néerlandophone, pourquoi ne pas imaginer aussi que des écoliers flamands fassent de l’immersion francophone dans notre école?».

S’il se réjouit de voir «que la prochaine rentrée scolaire sera meilleure que celle de l’année dernière», il note au passage «qu’une petite Flamande sera accueillie dans notre école». Une première concrétisation de la perspective énoncée?

Le nouveau permanent de l’Action fouronnaise affiche une belle ambition, lui qui ne se déclare que bilingue… français-anglais. «Je suis un enfant des années 1980», explique-t-il, «et même si mon père, et mon oncle, Armel Wynants, parlaient tous deux le patois et le néerlandais, chez nous, on n’a pratiqué que le français. J’ai par contre une connaissance passive, plus du néerlandais que du patois».

Mais comme son prédécesseur, c’est sans doute surtout avec le pouvoir subsidiant de la Fédération Wallonie-Bruxelles que Renaud Wynants devra négocier, pour maintenir les subsides octroyés, voire récupérer celui dont la bibliothèque a été privée. Son avantage, c’est que son boulot au sein de Logistics Wallonia l’a rompu à la négociation difficile des subsides à décrocher.

«Surtout, plus nous serons efficaces, au niveau scolaire, mais aussi de la bibliothèque qui n’a pas un rayonnement que local, plus nous aurons de chances d’être entendus», professe-t-il.

La période de rodage (bientôt) terminée, Renaud Wynants va s’attaquer très vite aux divers dossiers évoqués, au niveau communal et au niveau communautaire francophone. Et d’autres s’ajouteront bien vite sur le bureau sur lequel son prédécesseur a eu soin de faire place nette!

«Le souvenir des gendarmes qui m’accompagnaient à l’école»

L’arrivée de Renaud Wynants à la permanence de l’Action fouronnaise s’inscrit dans une tradition familiale inaugurée par son grand-père: Honoré Wynants a été secrétaire communal de Fouron-le-Comte puis bourgmestre de Fouron-Saint-Martin, deux fonctions dans lesquelles il s’est opposé au transfert des six villages fouronnais à la province de Limbourg, en 1963.

L’oncle de Renaud Wynants, Armel Wynants, a été pendant de longues années le commissaire d’arrondissement-adjoint des Fourons, et, à ce titre, a défendu les droits des citoyens fouronnais francophones. Mis à la pension d’office à 65 ans, il a été élu au conseil communal en 2018, où, par sa connaissance fine de la législation linguistique, il s’est fait plus d’une fois le contradicteur avisé du bourgmestre Voerbelangen, Huub Broers.

Quant au père de Renaud Wynants, 79 ans aujourd’hui, il a été au coeur d’une manœuvre ourdie, en octobre 1986, par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Charles-Ferdinand Nothomb, pour nommer bourgmestre hors conseil ce professeur de langue germanique au collège Saint-Hadelin de Visé, à la place de José Happart, proposé par la majorité francophone du conseil communal, et constamment rejeté pour méconnaissance du néerlandais.

Le 15 octobre, au bout d’une conversation d’une heure, Roger Wynants accepte la proposition. La nouvelle se répand assez rapidement, et le 16, alors que les échevins francophones se sont réunis, des agents de la Sûreté de l’État sont dépêchés à Fourons pour protéger notamment le domicile du bourgmestre pressenti.«Le souvenir que j’en ai, ce sont les gendarmes qui m’ont accompagné jusqu’à l’école» se souvient Renaud Wynants.

Le 17 octobre, le conseil communal se réunit aux aurores, et tous les échevins démissionnent, manière de permettre la réélection de José Happart comme premier échevin, faisant fonction de bourgmestre. À l’issue de la séance, quatre journalistes rencontrent Roger Wynants qui leur précise qu’il n’a accepté la fonction de bourgmestre qu’à la condition que la commune sorte de la province du Limbourg, soit la revendication de l’Action fouronnaise.

Charles-Ferdinand Nothomb, qui avait soumis à la signature royale un arrêté portant sa nomination au poste de bourgmestre, est obligé de démissionner. Le gouvernement reste en place. Il tombera plus tard… sur le problème fouronnais.

Un terrain de jeux pour les jeunes acrobates cyclistes fouronnais

Les jeunes cyclistes fouronnais ont, depuis la semaine dernière, un nouveau terrain de jeux à leur disposition, où ils peuvent venir exercer leurs talents d’acrobates. Dès le premier samedi de juillet, de jeunes sportifs, curieux, sont venus tester leur agilité sur les pistes du «Pumptrack», immédiatement après son ouverture officielle par le bourgmestre de la commune, Joris Gaens (Voerbelangen).

«Les jeunes de Fourons demandaient depuis un certain temps la construction d’une piste de BMX dans notre commune. En concertation avec le service technique, le choix s’est porté sur l’emplacement sà côté du parc environnemental, une zone facilement accessible par la piste cyclable entre Fouron-Saint-Martin et Fouron-le-Comte» a expliqué le mayeur fouronnais

Un nouveau terrain de jeux pour les jeunes acrobates cyclistes fouronnais…

C’est le conseil des jeunes qui choisi le tracé de la piste; il s’agit d’un circuit continu avec des bosses et des virages qui s’enchaînent rapidement et qui est plus varié. Il est ouvert non seulement aux vélos BMX, mais aussi aux VTT voire à des vélos de randonnée.

Accessible librement chaque jour de 8h00 à 22h00, le nouveau circuit fouronnais a été entièrement réalsé par les services techniques de la commune «et avec des matériaux naturels, afin que la piste s’intègre bien dans notre paysage» a insisté Joris Gaens. Place, maintenant, aux artistes du guidon!

Bernard Liégeois a clôturé un bail de 36 ans avec l’Action fouronnaise

Ce matin du vendredi 1er juillet 2022 a dû sembler bien étrange pour Bernard Liégeois: il ne s’est pas rendu dans son bureau, au premier étage du Centre culturel et sportif de Fourons. À 65 ans, le permanent de l’Action fouronnaise est en effet officiellement retraité, «après avoir donné trente-six ans de ma vie à cette fonction», sourit-il.

Bernard Liégeois ne rejoindra plus son bureau de l’Action fouronnaise

Au départ, pourtant, ce Hervien d’origine se destinait à l’enseignement. Tout frais diplômé en sciences sociales de l’université catholique de Louvain-la-Neuve (UCL), titulaire d’une agrégation en sciences politiques et sociales, il est engagé à l’Institut Saint-Joseph à Welkenraedt dont le directeur était André Smets, alors bourgmestre de Herve.

«L’école commençait seulement à grandir; il n’y avait alors qu’un cycle inférieur. Mais André Smets m’a expliqué qu’un cycle supérieur allait se créer. Et c’est dans cette perspective que j’ai été engagé. Je donnais des cours de sciences sociales, de géographie, de droit, d’économie politique…», relate-t-il.

Mais en 1986, une enseignante est réaffectée, et Bernard Liégeois, qui n’est pas nommé, perd toutes ses heures. Et le mi-temps qui est envisagé pour lui n’est guère intéressant.

«C’est alors que j’ai repéré dans « Le Jour-Le Courrier » une offre d’emploi qui a attiré mon attention: une organisation « proche des droits de l’Homme » engageait un permanent. J’ai envoyé mon CV, et j’ai reçu en retour une lettre à l’en-tête de… l’Action fouronnaise. J’ai trouvé que c’était sympa. J’ai passé un entretien chaleureux, un soir devant Jean-Louis Xhonneux, Jean-Marie Happart, José Smeets, et François Detry, que je connaissais tous par la télé, car, à l’époque, on parlait régulièrement de Fourons. Et un jour ou deux plus tard, François Detry est passé chez moi, pour me dire que le poste était pour moi, et que je pouvais commencer quand je voudrais».

Bernard Liégeois a pris ses fonctions en 1986 après un concert de Sandra Kim à Fourons

«J’ai pris ma fonction après (une soirée) avec Sandra Kim en vedette» sourit Bernard Liégeois. La jeune chanteuse était alors tout auréolée de sa victoire inattendue au concours Eurovision de la chanson.

Le désormais ex-enseignant succédait à ce poste au futur politologue de l’université de Liège (ULiège), le Visétois Pierre Verjans «qui était parti quelque temps auparavant, et l’épouse d’un échevin de Dalhem avait assuré l’intérim pendant un mois. Elle m’a dit qu’elle était soulagée de me passer le relais».

Au départ, poursuit le néo-retraité, «je travaillais sous la supervision de Jean-Louis Xhonneux, secrétaire de l’Action fouronnaise. Il me téléphonait chaque jour à 9h et à 17h30 pile. Il me détaillait le travail qui était à faire, car à l’époque, il fallait suivre l’actualité de près, rédiger de nombreux communiqués de presse. Et tout ce qu’on produisait se retrouvait dans la presse».

Il est vrai qu’alors, on est en plein «carrousel fouronnais»: la candidature de José Happart au poste de bourgmestre systématiquement rejetée par le ministre fédéral flamand de l’Intérieur, officiellement pour non-connaissance du néerlandais de l’intéressé, le troisième échevin, José Smeets, démissionne; José Happart devient premier échevin faisant fonction de bourgmestre, avant de réintroduire une candidature à la fonction mayorale, systématiquement rejetée.

La question fouronnaise provoquera la chute du gouvernement, et le contentieux sera négocié, pas forcément dans les meilleures conditions, dans le cadre du compromis de 1988 qui verra enfin se créer la Région bruxelloise, dont la Flandre, jusque-là, ne voulait absolument pas.

Tout ce travail, alors «s’effectue encore à la machine à écrire électrique, avec transmission par fax, depuis le siège de l’Action fouronnaise, toujours situé au 36 de la rue Saint-Pierre à Fouron-Saint-Pierre».

Rapidement, toutefois, «Jean-Louis Xhonneux, déjà très branché en informatique, a racheté son tout premier ordinateur au photo-compositeur Kerf, à Aubin-Neufchateau. C’est alors qu’on a commencé à entrer dans l’ère informatique».

Ce n’est pas un luxe, car le travail du permanent de l’Action fouronnaise est très varié: «on a commencé à organiser les 24 heures d’autocross. Suivront ensuite les « Old Tractors’ Days » ou la fête de la tomate. Puis l’animation de la ferme pédagogique à Fouron-Saint-Pierre. Il fallait s’occuper de toute l’organisation de ces manifestations. J’ai écrit les statuts de diverses associations. II y avait le dossier de l’école. Et puis le « Foron », le périodique de l’Action fouronnaise, dont il fallait assurer la publication. Pendant ces trente-six ans, je suis rarement rentré avant 19h-19h30 chez moi. Car la journée de travail terminée, si je rencontrais des bénévoles qui avaient aidé à la mise sur pied de diverses manifestations, forcément, je ne pouvais pas passer au milieu d’eux sans m’arrêter pour discuter avec eux, surtout une fois le Centre culturel et sportif achevé, avec la cafétaria au rez-de-chaussée. Le travail du permanent n’est pas un simple travail administratif. Il faut se montrer, aller vers les gens…».

Aujourd’hui, «il y a probablement encore beaucoup plus d’organisations qu’à l’époque. Mais comme partout ailleurs, c’est le bénévolat qui pose de plus en plus problème», constate Bernard Liégeois. «Il devient de plus en plus difficile de trouver des volontaires pour aider à la mise sur pied de divers événements, que ce soient des fêtes du village ou la Fête du Peuple fouronnais, qu’on n’a plus organisée les deux dernières années, en raison de la pandémie».

Grâce aux accords de 1988, les Fouronnais francophones se verront accorder un Centre culturel et sportif, où l’Action fouronnaise a depuis lors transporté son siège.

«À l’époque, entre la décision et l’inauguration du Centre, en 1992, il s’est déroulé quatre ans. Cela nous paraissait long, mais si l’on compare, pour le rachat de l’école francophone, que la majorité flamande a mis en vente, il a fallut au total huit ans de tractations avec la Fédération Wallonie-Bruxelles pour obtenir un financement», constate Bernard Liégeois.

Mais la création de ce Centre culturel et sportif n’a-t-elle pas entraîné la fermeture de certains lieux de rencontres traditionnels (cafés ou salles de spectacle) des Fouronnais francophones, et la disparition d’association?

«Absolument pas», se récrie Bernard Liégeois, «il y a au contraire plus d’associations qu’auparavant, grâce au Centre culturel et sportif. La disparition de cafés de village, notamment, n’est en rien liée à sa création».

Le désormais ex-permanent de l’Action fouronnaise a maintenant définitivement fermé la porte de son bureau. Mais… on le verra encore souvent au Centre culturel et sportif, « où j’anime un atelier de sculpture, et où je vais reprendre un cours de gym».

Toujours élu au CPAS fouronnais, il espère aussi retrouver du temps pour la lecture. Et pour se replonger dans des souvenirs. Ceux, par exemple, des personnalités qu’il a rencontrées, «du président français François Mitterrand au chancelier allemand Helmut Kohl; du Prix Nobel de la Paix et premier président post-apartheid de l’Afrique du Sud Nelson Mandela au navigateur Alain Bombard ou au grand scientifique, le Professeur Léon Schwartzenberg». Témoins d’un temps où Fourons faisait l’actualité des médias nationaux, et parfois internationaux…

«On nous dit toujours qu’on reçoit plus que les autres»

Comme tout le monde, Bernard Liégeois a vu le soutien francophone tiédir, à l’occasion de la Fête du Peuple fouronnais «où on voyait au départ des pointures, qui ont été progressivement remplacées par des régionaux. À l’exception de Jean-Claude Marcourt (PS), président du Parlement wallon, mais qui est plutôt en fin de parcours. Parmi les politiques actuels, nous pouvons toujours compter sur le ministre du Budget de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Frédéric Daerden (PS), et sur la députée hervienne Marie-Martine Schyns (Les Engagés). Mais plus généralement, bien peu de personnes savent encore où se situe Fourons, et à la Fédération Wallonie-Bruxelles, on nous oppose souvent que nous recevons plus que les autres, en oubliant que nous devons assurer les frais de fonctionnement comme partout ailleurs, mais aussi les salaires alors qu’ailleurs, ces salaires sont pris en charge par la Fédération Wallonie-Bruxelles. J’ai particulièrement mal vécu, dernièrement, le refus du subside de la bibliothèque francophone par la ministre Ecolo de la Culture, Bénédicte Linard, qui a eu pour effet le départ de notre bibliothécaire professionnelle, et l’isolement de notre bibliothèque. On nous fait ainsi des problèmes tandis qu’à Mouscron-Comines, la Communauté flamande a pu reprendre une école, sans que personne n’y trouve à redire». La solution pourrait venir d’un hypothétique accord culturel entre la Communauté française et la Communauté flamande, du type de ceux que la Communauté française, alias Fédération Wallonie-Bruxelles a noués avec de nombreuses régions et de nombreux pays dans le monde, mais, apparemment, ce dossier n’est pas envisagé pour l’instant. «Et si d’aventure notre école devenait enfin une école de la Communauté française, je m’attendrais à voir des manifestants flamingants déferler à nouveau sur Fourons», soupire Bernard Liégeois.

La politique a des principes qu’il faut comprendre

Au moment de céder l’écharpe mayorale à Joris Gaens, à la fin décembre 2018, Huub Broers (Voerbelangen) nous avait confié qu’il avait vite vu qu’il «ne pouvait rien lui apprendre, pas plus qu’à ma fille Hilde» qui se préparait à hériter de la présidence du CPAS de Fourons.

Les péripéties politiques de cette semaine, qui ont vu l’opposition francophone suffisamment en nombre pour, à la faveur de l’absence d’une élue néerlandophone, bloquer les modifications budgétaires du CPAS, puis s’opposer à la modification du plan budgétaire pluriannuel de la commune, ont provoqué chez la présidente du CPAS puis chez le bourgmestre des réactions qui nous inciteraient à penser qu’il leur reste encore beaucoup à apprendre des principes politiques. Et notamment des rapports qui existent entre une majorité et une opposition.

C’est d’abord la présidente du CPAS qui a interpellé le chef de groupe R@L (Retour aux Libertés), l’ancien bourgmestre fouronnais Nico Droeven, pour lui demander de justifier le vote négatif de son groupe sur la modification budgétaire proposée. Nico Droeven a rejeté l’invitation: s’il arrive que des élu(e)s justifient une abstention, il n’est guère d’usage qu’un vote négatif de groupe se justifie.

Le conseil communal, à son tour, n’a pu s’exprimer sur la modification budgétaire du CPAS, dès lors que cette modification reste en suspens…

Détendu en début de séance, Joris Gaens a exprimé son incompréhension devant le vote négatif de l’opposition francophone sur le budget

Joris Gaens, détendu en début d’une séance dont l’ordre du jour n’était guère chargé, a fait preuve de la même impatience en conseil communal, ce jeudi, quand il a regretté l’attitude de l’opposition «qui a voté contre (la modification du plan budgétaire pluriannuel de la commune) sans même avoir posé une question sur le document. En principe, le conseil communal est tout de même un espace de débat».

L’échevin francophone, Jean Levaux lui a répliqué que son groupe avait décidé «de ne pas poser de questions» et fixé son attitude politique.

L’opposition francophone n’a pas embrayé sur ce début de polémique. Mais certains échanges informels après le conseil communal lui ont permis de faire savoir à des élu(e)s de la majorité que, de leur côté, la conseillère et les conseillers francophones reçoivent la plupart du temps des réponses lapidaires à leurs interventions en séance publique, sans pour autant s’indigner de la manière dont leurs suggestions sont balayées sans autre forme de procès

Le phénomène n’est pas typiquement fouronnais: il se déroule dans toutes les assemblées, en Belgique comme ailleurs. Que ce soit dans le cadre du conseil communal d’une petite commune comme Fourons, d’un conseil provincial, d’un Parlement régional, ou du Parlement fédéral.

C’est que la politique a ses lois, dont Huub Broers a peut-être oublié de transmettre les principes à ses héritiers.

Un des principes de base de la politique est que le budget est la traduction chiffrée de la politique qu’une majorité veut mettre en œuvre. C’est pour cela qu’on dit souvent que le vote du budget est l’acte le plus important d’une assemblée, quelle qu’elle soit.

L’opposition, par définition, ne se retrouve pas dans ce budget, même si sur certains points, elle peut être d’accord avec l’une ou l’autre décision ponctuelle qui nécessite un engagement budgétaire. Elle ne peut donc que s’opposer au budget, à moins qu’elle n’ait été associée à sa confection et ait pu y traduire certaines de ses priorités. Mais à Fourons, où Flamands et Francophones se font face, ce n’est pas le cas. Les votes négatifs de R@L coulent donc de source. L’accès d’humeur de la présidente du CPAS et celui du bourgmestre étaient donc hors de propos.

Un drone pour la (chère) zone de police

L’acquisition d’un drone au bénéfice de la zone de police (pour la recherche de personnes disparues, pour des missions de maintien de l’ordre, pour la surveillance d’événements publics, pour des interventions en cas d’accidents ou de catastrophe naturelle, précisait la demande de la police) a donné lieu à un étrange jeu de rôle entre le président du conseil communal, Rik Tomsin, et des élus Voerbelangen. Au grand étonnement du groupe francophone, Rik Tomsin a proposé un amendement à cette décision, pour prévoir une «évaluation annuelle par le conseil communal» de l’utilisation du drone, et la «suspension de son utilisation, si nécessaire». «Quelles seront les conséquences de la constatation d’un abus éventuel?» a interrogé l’échevin francophone, Jean Levaux, sans obtenir de réponse claire. L’amendement (pour calmer les appréhensions de certains élus flamands?) et la décision ont été ensuite adoptés, avec l’appui de la conseillère francophone Clotilde Mailleu pour l’achat, rejeté par Gregory Happart, Michael Henen et Benoît Houbiers, tandis que Jean Levaux s’abstenait. Le conseil a aussi approuvé le compte 2021 de la zone de police unicommunale fouronnaise: il s’est clôturé par un mali de 225000 euros. Un décompte supplémentaire, à ajouter au coût du transfert au Limbourg…

Commission permanente de contrôle linguistique: cause toujours, tu ne m’intéresses pas!

Malgré la pandémie, la Commission permanente de contrôle linguistique a été saisie à nouveau de nombreux dossiers fouronnais

La pandémie n’a pas empêché le dépôt de plaintes déposées en 2020 et en 2021, à l’encontre de l’administration communale de Fourons: on en dénombré vingt-sept en 2020, mais seulement quatre en 2021.

La Commission permanente de contrôle linguistique a été particulièrement sollicitée, puisque, il y a deux ans, elle a été saisie de douze des plaintes déposées, et l’an dernier, de trois des quatre plaintes visant l’administration.

L’échevin francophone, Jean Levaux, ne s’est pas contenté de ce rapport statistique, soumis ce dernier mercredi aux élus fouronnais: il s’est enquis du sort réservé à ces plaintes.

«Je suppose que vous visez spécialement les plaintes adressées à la CPCL, et qui sont du ressort du bourgmestre» lui a répondu le mayeur Voerbelangen, Joris Gaens. Avant de répondre, dans la droite ligne de son prédécesseur, Huub Broers, que la commune n’est en rien liée par les décisions de la Commission permanente de contrôle linguistique. À quoi sert dès lors cette institution? Côté francophone, on n’a évidemment pas la même lecture du dossier. Et on note que la CPCL pourrait même requérir du commissaire d’arrondissement-adjoint… flamand, la mise en application de ses décision. Ce qu’elle ne fera évidemment pas, puisqu’elle est paritaire.

Dans la foulée, Jean Levaux est revenu sur un point souligné par Clotilde Mailleu lors d’une réunion précédente: les panneaux d’avertissement uniquement en neerlandais, placés sous des panneaux de limitation de vitesse, alors qu’ils doivent être bilingues.

«Vous nous aviez dit que vous feriez quelque chose… mais rien ne se fait» a relevé l’échevin francophone.

Ces panneaux sont placés par l’administration flamande des routes à laquelle il faut éventuellement s’adresser, a poursuivi le bourgmestre. «Mais si on traduit ces panneaux d’avertissement, ils prendront beaucoup trop de place. Le plus simple serait de les enlever, puisque la limitation de vitesse est clairement indiquée», a-t-il conclu.

«Faire disparaître des panneaux pour éviter de résoudre le problème, ce n’est pas une solution» a estimé Jean Levaux.

La zone bleue comme solution au problème du parking?

Les travaux d’égouttage sont en voie d’achèvement à Fouron-Saint-Pierre. Le charroi nécessaire au chantier a endommagé gravement la route Koebeke: elle fera l’objet d’en nouvel enduisage, approuvé à l’unanimité. Il en coûtera à la commune 19700 euros, hors TVA, «mais nous tenterons d’obtenir de subsides provinciaux», a expliqué le bourgmestre.

L’échevin francophone, Jean Levaux, a saisi l’occasion pour poser la question du parking à Fouron-Saint-Pierre, «où des voitures sont rangées sur le trottoir. Ne serait-il pas envisageable de créer un parking, comme à Fouron-le-Comte?». Aucun terrain ne s’y prête, en raison du plan de secteur, a objecté Joris Gaens. Et «maintenant que les travaux sont terminés, des marquages seront réalisés, et il n’y aura plus de tolérance pour les usagers qui garent leur voiture sur le trottoir» a-t-il signalé… tout en n’écartant pas l’hypothèse de la création de quelques emplacements sur une route latérale, ainsi que l’avait suggérée l’échevin francophone.

Plus globalement, l’organisation du parking (problématique) reviendra sur la table du conseil communal, a ajouté le mayeur. «Car c’est la préocuppation de «94% des Fouronnais» a-t-il insisté. Diverses pistes sont envisagées, «comme le rétablissement d’une zone bleue dans plusieurs villages, avec exception pour les riverains titulaires d’une carte» a-t-il avancé, tout en répétant que rien n’est décidé. Et que le conseil communal se penchera sur le dossier en temps voulu…