Le projet de parking à Fouron-Saint-Martin suscite controverse et inquiétudes

L’enquête publique se clôt ce vendredi

La clôture de l’enquête publique est fixée à ce vendredi. Et, sans être devin, on peut envisager la possibilité que l’Administration communale de Fourons reçoive un certain nombre de récriminations, à propos du projet de parking dont l’implantation est prévue au pied du viaduc ferroviaire, à Fouron-Saint-Martin. Car l’infrastructure suscite à la fois controverse et inquiétudes dans le village.

Au lieu d’un paysage naturel, les riverains immédiats verront une palissade s’élever au fond de leur propriété

les principaux concernés sont les riverains immédiats de la future infrastructure, qui, au lieu d’une nature sauvage, aménagée pour permettre le passage des muscardins (un animal protégé) d’un côté à l’autre du viaduc, verront au fond de leur jardin s’élever une palissade, destinée à masquer la trentaine de véhicules autorisés à stationner à cet endroit.

Cette palissade n’aura qu’une existence temporaire, le temps que la haie plantée à cet effet, remplisse le même office. Il n’empêche: les questions à ce propos sont nombreuses. Les premières portant sur la propriété du terrain, qui est et restera propriété d’Infrabel, le gestionnaire du réseau ferroviaire: ce terrain, jusqu’il y a peu loué par une association environnementale flamande, le sera désormais par la commune de Fourons. Pour une longue période, on imagine. Mais ce bail de location permet-il n’importe quelle reconversion du site?

D’autres interrogations, plus fondamentales, questionnent le bien-fondé du projet.

Une zone inondable

Une «rigole» serpente paisiblement à travers les fourrés

Le terrain actuel est parcouru par une «rigole» qui amène de l’eau de ruissellement vers le Foron (ou la Voer) qui s’écoule à proximité.

Les riverains voient parfois le flot gonfler.

En temps normal, cette «rigole» serpente paisiblement à travers l’herbe, mais, comme le rappelle l’administration flamande, toute la zone est située en zone inondable. Et il arrive à plus d’une reprise que le flot se gonfle, et déborde!

Le bourgmestre fouronnais, Joris Gaens (Voerbelangen), se montre rassurant: «Nous utiliserons au maximum des matériaux perméables, et nous ne durcirons ainsi le sol que de manière minimale», souligne-t-il.

Reste à voir si l’administration flamande partagera cet optimisme.

Le muscardin toujours protégé?

Toute la zone est une zone de protection du muscardin, un animal protégé en Flandre comme en Wallonie.

Ce petit animal, de 7 à 8 centimètres de long et doté d’une queue touffue presque aussi longue, est un petit rongeur qui ne sort que la nuit pour se nourrir de noisettes, Son aire d’investigation se limite à une dizaine de mètres.

Il vit dans des espaces touffus et denses, loin des parcs et des jardins. Il hiberne environ six mois par an, recroquevillé avec une dizaine de congénères, dans un nid circulaire, construit au sol et bien caché dans des buissons, des taillis et des haies. En été, un autre nid est construit dans des branchages, entre un et cinq mètres de hauteur, pour permettre à la femelle d’assurer la reproduction de l’espèce.

Cette vaste zone de transit du muscardin richement boisée sera limitée à une arcade du viaduc: le rongeur pourra-t-il s’en contenter?

«Nous avons tenu compte de la zone de transit pour les muscardins», assure Joris Gaens. «Nous maintiendrons une zone verte qui leur permettra de se déplacer, et de l’autre côté du viaduc, il y a une prairie qui constitue aussi une zone de transit, à laquelle nous ne toucherons pas. Nous ne détruirons donc pas les précédentes initiatives de défense du muscardin. Nous avons parailleurs soutenu, à d’autres endroits de la commune, diverses initiatives pour réaliser des passages écologiques pour les muscardins. D’autres projets sont d’ailleurs toujours envisagés».

La question, à cet endroit, est de savoir si la zone de transit maintenue en-dessous d’une des arcades du viaduc suffira à assurer le passage des muscardins. Et si, surtout, le voisinage réguliers d’automobiles ne finira pas par avoir raison de la présence du rongeur à cet endroit.

Risque de chutes de pierres et évacuation des véhicules

Des filets de protection ont été placés pour empêcher des chutes de pierre.. Mais seront-ils suffisants à l’avenir?

Le viaduc, construit par des prisonniers de guerre russes (on passe de la Russie tsariste) pendant la Première Guerre mondiale, constitue un des maillons importants de la liaison ferroviaire que l’occupant allemand de l’époque voulait créer entre la Flandre, et plus particulièrement le port d’Anvers, et le territoire impérial.

L’infrastructure a l’âge de ses artères: Infrabel, il y a quelques années, a placé des filets au sommet de quelques-uns de ses piliers, pour prévenir des chutes de pierre dont les conséquences pourraient être dramatiques. Ces filets, jusqu’à présent, ont fait preuve de leur efficacité. Mais ne serait-il pas dangereux d’autoriser le stationnement de véhicules au pied même de ces piliers?

C’est par ce ponceau que les véhicules débouleront dans la rue qui longe l’école francophone

L’évacuation des voitures se fera par ailleurs par un ponceau actuellement jeté sur le Foron, et qui sera, on l’imagine, muni de garde-fous, afin d’éviter qu’une fausse manœuvre jette un véhicule à l’eau. La solidité de ce ponceau a, on l’imagine, été scrupuleusement testée. À l’aune des véhicules électriques qui devraient devenir la norme à partir de 2035, et qui affichent pour la plupart un poids des plus respectables.

Mais les automobiles, une fois sortie du parking, débouleront dans une rue étroite qui longe l’école francophone de Fourons. En période de vacances scolaires, cela ne devrait pas causer trop de soucis, sauf au débouché de la rue sur la «dorsale fouronnaise», avec les problèmes de priorité à respecter. En période scolaire, cela pourrait donner lieu, par contre, à des situations plus embrouillées.e alternative?

Reste que le stationnement des véhicules pose problème à Fouron-Saint-Martin, même les personnes hostiles au projet de parking soumis à enquête en conviennent.

Des alternatives?

«Le parking de l’école francophone est très petit, et souvent, le personnel dépose ses véhicules sur le parking voisin du Centre culturel et sportif» explique un voisin. Par ailleurs, quand une manifestation d’importance se déroule au Centre culturel et sportif, le centre de Fouron-Saint-Martin est rapidement «noyé» sous le flot… de véhicules.

Si le parking du cimetière est agrandi, à l’instar du champ de repos, ne pourrait-il jouer le rôle de parking de délestage?

Un espace de parking à proximité fait donc sens. Mais des alternatives sont envisageables, expliquent les contestataires.

«Il y a par exemple le parking du Centre culturel flamand, à proximité lui aussi». Mais la Veltmanshuis est une institution privée, et son parking l’est lui aussi.

Autre idée soulevée: des terrains ont été acquis par la commune de Fourons pour permettre l’extension du cimetière actuel. «Le parking actuel du cimetière, qui est étriqué, devrait donc lui aussi être étendu», entend-on. Dès lors, ne pourrait-il lui aussi servir régulièrement d’infrastructure de délestage?

 



Un impact négatif sur la population de muscardins
L'Agence flamande de la nature et des forêts pose qu'au nord du viaduc, c'est-à-dire là où sont planifiées les 37 places de parking envisagées, "il est possible que des muscardins soient présents" et elle craint qu'ils disparaissent "en grande partie" si le projet est réalisé. "Aucune compensation n'est prévue", constate-t-elle.Infrabel dispose déjà d'un permis de défrichement, pour enlever, dans une zone de deux mètres au pied des piliers, la végétation qui pourrait constituer une menace pour eux, rappelle-t-elle. Mais ce défrichement ne peut ouvrir des brèches dans le système végétal, sans quoi le gestionnaire du réseau doit les combler.Il ne peut non plus conduire à une diminution de la surface boisée. Pour les plantations, la haie est de préférence mixte avec des essences telles que : mûre, vigne forestière, épine noire, aubépine, nerprun, rose des chiens, genêt, cornouiller rouge, ajoncs, rose de Gueldre,
noisetier, groseille à maquereau sauvage, chèvrefeuille, troène, rose, sorbier, sureau, porc, myrtille, lierre, aigre-doux, framboise et groseille. Pour les arbres, on choisira des arbres fruitiers standard: pruniers, cerisiers, pommiers, mirabelle, érables des champs, charmes, et chênes. La construction du parking a lieu dans une « zone d’expansion résidentielle »: aucun permis environnemental n'est donc requis pour arracher la prairie cultivée permanente. «Cela nous semble plutôt une inexactitude dans la mise en forme des plans», constate l'Agence.«La construction du parking peut avoir un impact négatif significatif sur la population de muscardins, car un
Une partie du lien naturel indispensable entre les habitats actuels est hypothéquée par cette construction. En outre, un
zone possible de reproduction, de repos et d’alimentation actuelle pour le muscardin va disparaître, sans qu'une compensation soit prévue dans la demande» déplore-t-elle. Ne pouvant s'opposer au projet de parking, elle réclame que la haie, le long du viaduc, soit composée d'au moins quatre type de plantations mentionnées ci-dessus. Il en va de même pour les arbres fruitiers. «Une compensation naturelle est prévue pour la bande de 50 mètres avec un habitat convenable pour le muscardin qui disparaît à cause du projet. Pour la réalisation d’un habitat supplémentaire et le renforcement du corridor, un appel à subventions est possible, note-t-elle.«Réaliser et renforcer un lien avec la nature sur le côté sud du viaduc reste l’objectif, et, pour cela, la coopération active de la Commune est attendue» conclut-elle. En suggérant que «la clôture le long du viaduc pourrait être dotée de végétation avec
lierre». Mais tout cela ne sera-t-il pas un emplâtre sur une jambe de bois?

Fourons à fond derrière le projet de «pays des bocages sans frontières»

Le point, administratif en apparence, était «extrêmement important», a commenté le bourgmestre Voerbelangen de Fourons, Joris Gaens. Et c’est à l’unanimité, moins le vote traditionnellement annulé de Grégory Happart (R@L), qu’a d’ailleurs été approuvé ce jeudi le «masterplan» du projet de parc paysager du «pays des bocages sans frontières», anciennement connu sous le nom de «bocages sans frontières». Et l’accord de coopération qui y est lié.

La Région flamande, a expliqué le mayeur fouronnais, veut créer, en Flandre, trois «parcs paysagers». Il y avait treize candidatures au départ, qu’un jury a examinées, pour retenir sept dossiers, parmi lesquels celui du «pays des bocages sans frontières». Chacun des sept candidats a reçu un subside de 100000 euros pour peaufiner son dossier.

C’est la «Société régionale du paysage de Hesbaye et de Fourons» qui s’est chargée de l’élaboration de ce masterplan, a poursuivi Joris Gaens. Le document devait être approuvé pour pouvoir être transmis à l’autorité flamande compétente avant le 31 mai prochain.

La dénomination de «pays des bocages sans frontières» correspond à une réalité, a poursuivi Joris Gaens: avec Fourons, on y retrouve les communes wallonnes d’Aubel, de Plombières et de Dalhem, ainsi que les communes néerlandaises limitrophes d’Eijsden-Margraten et de Valkenburg.

Un paysage commun de bocages par-delà la frontière belgo-néerlandaise et… la frontière linguistique

Entre ces communes, il y a un milieu naturel partagé, a-t-il poursuivi, «notamment avec les cours d’eau et les rivières qui les traversent». L’agriculture y a le même visage. «Et puis il y a des liens sociaux forts» a ajouté, un brin enthousiaste, le bourgmestre de Fourons. Et la réussite du projet peut avoir de nombreuses retombées positives «pour le patrimoine, mais aussi pour les habitants de la région». Mais aussi pour la lutte contre le réchauffement climatique, ou pour une agriculture durable.

L’opposition francophone a apporté son soutien au projet «qui prouve que la commune de Fourons fait bien partie du pays de Herve et non de la Hesbaye» a taquiné l’échevin Jean Levaux. Sans susciter de réaction dans la majorité… mais bien celle de la directrice générale, qui lui a rappelé que la société régionale du paysage «est de Hesbaye ET de Fourons».

Un collège d’experts tranchera entre les sept dossiers qui lui seront soumis et remettra son choix, en principe en fin d’année, à la ministre flamande de l’Environnement, Zuhal Demir (N-VA). Le Zwyn, à la côte,semble déjà super-favori. Le caractère transfrontalier, y compris linguistique, jouera-t-il en faveur ou défaveur du projet de « pays des bocages sans frontières »? On espère, pour le cadre paysager, que le premier volet de l’alternative l’emportera..

L’ajout a effectivement été adopté par cette société régionale, pour effacer l’absurdité géographique qui avait, en son temps, présidé au détachement de la commune fouronnaise pour l’arrimer à une société paysagère centrée sur un milieu naturel totalement différent.

  • Inondations Unanimité aussi pour approuver les mesure suggérées par la Société flamande de l’Environnement en matière de lutte contre les inondations. Parmi ces mesures, il y a une incitation pour les Fouronnais(e)s dont l’habitation est susceptible d’inondations à prendre des mesures de prévention. Ces mesures pourront bénéficier de subsides.
  • Fabrique d’église de Fouron-le-Comte L’opposition francophone, sauf Grégory Happart, qui n’a modifié sa position que sur le document du conseil de fabrique de Remersdael, a approuvé les comptes 2022 des divers conseils de fabrique. Elle s’est toutefois opposées à l’approbation, donnée par la majorité, du compte de la fabrique d’église de Fouron-le-Comte, «en raison de la mauvaise gestion de la salle paroissiale (devenue communale)» a expliqué l’échevin francophone Jean Levaux.
  • Essai transformé pour la dernière arrivée au conseil communal, Chantal Lebeau, qui proposait la création d’une «zone d’ombre» pour se protéger du soleil, à la piste de moutain-bike. «Pergola ou plantation d’arbres» suggérait-elle. «Nous y avons déjà planté un platane qui pousse bien. On va examiner comment suivre votre suggestion» a commenté Joris Gaens. Proposition acceptée à l’unanimité.
  • Absent Le «dissident» flamand Rik Tomsin était absent au conseil communal. Et l’«éminence grise» de la liste alternative n’était pas non plus présente dans le public. Un premier signe d’essoufflement?

Une zone PME (enfin) en vue à Fouron-le-Comte

Le projet, à Fourons, remonte à la conquête de majorité par la liste Voerbelangen en… l’an 2000. Il va maintenant voir le jour: le conseil communal a, ce jeudi, approuvé à l’unanimité le projet de création d’une zone PME à Fouron-le-Comte, route de Warsage.

Le bourgmestre, Joris Gaens, en a détaillé le plan, micro à la main. La zone se développera sur un peu plus de deux hectares, et elle sera divisée en trois lots. Sur un de ces lots, la Commune construira un bâtiment, qui pourra être utile à l’un ou l’autre indépendant, en quête d’un «hébergement» provisoire.

Joris Gaens a détaillé le plan de la future zone PME de Fouron-le-Comte

Une information détaillée sera donnée aux futurs riverains de la zone, qui en seront isolés par une ceinture arborée, a ajouté le mayeur fouronnais. A priori, on ne s’attend pas à une augmentation notable du trafic routier, «avec des personnes qui arriveront le matin pour prendre leur travail et repartiront le soir pour rentrer chez eux».

Néanmoins, a annoncé Joris Gaens, la rue de l’Arbre et la rue de Berneau seront réaménagées en 2027, avec des dispositifs de sécurité renforcés.

Le but de cette zone, a insisté le bourgmestre Voerbelangen, est d’accueillir des PME fouronnaises. Et pas question d’y accepter des entreprises dangereuses, type «entreprise chimique».

L’échevin francophone, Jean Levaux, a salué l’initiative. «Mais n’y avait-il pas d’autres localisations possibles, par exemple à Mouland, dans le prolongement du zoning de Visé, avec accès facile à l’autoroute?» a-t-il interrogé. «Nous sommes tenus par le plan de secteur, et, à Mouland, la zone évoquée est inondable» lui a répondu Joris Gaens.

Autre inquiétude exprimée par l’échevin francophone: les coûts d’aménagement de la zone (NDLR: un million d’euros?), «ce qui risque de mettre les terrains à des prix hors de portée des PME fouronnaises».

L’aménagement bénéficie de l’expertise du POM, l’agence économique qui soutient les projets en province de Limbourg, a expliqué Joris Gaens. Et on peut compter sur des subsides. «Évidemment, au plus nous aurons de subsides, au moins les parcelles coûteront; et au moins nous en aurons, au plus les prix iront à la hausse», a-t-il concédé.

D’autres aspects du projet devront sans doute encore être étudiés au cas par cas, notamment celui de l’accès de poids lourds à la zone à construire. Mais il fallait commencer par le premier point, le feu vert du conseil communal, décernés à l’unanimité, même si, comme à l’habitude, le vote (positif) de Grégory Happart a été annulé, parce que ponctué d’une déclaration en français.

À LA «MITRAILLEUSE» CONTRE LE DISSIDENT
Après une minute de silence à la mémoire de Denise Hanssen, une employée communale que la maladie a emportée quelques mois à peine après sa mise à la retraite, le conseil s'est ouvert par une question de l'ancien président de l'assemblée, Rik Tomsin, à propos des travaux envisagés à Mouland. Ces travaux suscitent des réticences, a noté l'ancien élu Voerbelangen, et «êtes-vous prêt à rencontrer les personnes mécontentes pour en parler avec elles?» a-t-il demandé.
Le bourgmestre, Joris Gaens, a longuement répondu en rappelant les réunions d'information tenues à Mouland, où l'information nécessaire a été donnée aux habitants, «qui est toujours disponible sur le site Web de la commune». L'agence flamande de l'Environnement a également tenu des séances informatives à Mouland, a-t-il rappelé. Le point d'achoppement principal porte sur le déplacement du pont sur la Berwinne, qui sera d'un seul tenant, a-t-il concédé, mais la manœuvre est indispensable dans le cadre de la lutte contre les inondations. Puis son ton s'est fait cassant pour dénoncer le caractère «populiste» de la question de l'élu, qui, quand il faisait partie de la majorité, a été tenu au courant de l'ensemble du dossier. De plus, a ajouté un Joris Gaens, qu'on a vu beaucoup plus prévenant avec l'opposition francophone, «vous avez approuvé ce point en janvier, au conseil communal, où énormément d'informations ont été données à l'assemblée». Il n'empêche, un mécontentement existe à Mouland, et notre petit doigt nous dit que, d'ici peu, une brochure communale détaillée et illustrée y répondra à la plupart des objections...

L’Alternative fouronnaise n’est plus que hollando-flamande

Michael Henen a jeté l’éponge: il quitte déjà l’Alternative fouronnaise pour laquelle il ne sera pas candidat le 13 octobre 2024

Est-ce déjà le chant du cygne pour l’Alternative fouronnaise, cette hypothétique troisième liste désireuse de se présenter aux suffrages des électeurs, le 13 octobre 2024, en proposant «des Fourons idéaux», dont les habitants pourraient «à la fois individuellement et collectivement mener une réflexion et participer aux décisions»? Cette liste disait vouloir sortir du débat communautaire, tout en affirmant sa volonté de respecter la législation linguistique, mais elle ne comptait qu’un seul francophone parmi ses membres fondateurs. Depuis ce mercredi, les six fondateurs de cette liste alternative ne sont plus que cinq: Michael Henen, l’ancien élu R@L (Respects Avenir Liberté) au conseil communal et au CPAS, qui avait, comme nous l’avons relaté sur ce blog, préalablement démissionné de ses mandats et de la vice-présidence de l’Action fouronnaise, vient de quitter le bateau. L’Alternative fouronnaise est donc désormais une initiative exclusivement hollando-flamande.

L’annonce de son retrait, ainsi que de son retrait de la potentielle liste de candidat(e)s de l’Alternative fouronnaise au scrutin communal d’octobre 2024, a été faite par un communiqué des fondateurs du groupe. Le Belang van Limburg de ce samedi y a donné une grande importance: au point d’y consacrer une page entière de journal, ce qui est beaucoup pour une commune dont le quotidien limbourgeois… ne parle pratiquement jamais.

L’Alternative fouronnaise salue en Michael Henen une «personne intègre et dotée de bonnes et de vraies intentions, qui s’est investi totalement ces derniers temps afin de stimuler (son) démarrage».

Pourquoi, dès lors, ce départ, deux mois à peine après le lancement de l’initiative?

Le Belang van Limburg signale avoir tenté en vain de joindre Michael Henen, tandis que Rik Tomsin, l’ex-président du conseil communal, s’est refusé à tout commentaire.

Le porte-parole de l’Alternative, Fred Banens, a lui aussi pratiqué le silenzio stampa, et a renvoyé au communiqué publié sur le site Web de l’Alternative fouronnaise. Preuve de l’embarras que ce départ a suscité?

À en croire ce texte, c’est «l’opposition au sein de la population fouronnaise et même bien au-delà envers lui, au vu de son passé politique et de sa nouvelle orientation tout comme l’impact personnel que lui et nous avons pu subir» qui ont précipité la décision de l’ancien élu francophone.

L’explication est assez alambiquée. En lisant entre les lignes, on peut comprendre, sans trop de surprise, que la volte-face de Michael Henen, jusqu’à ce dernier membre de Défi, le parti francophonissime bruxellois qui tente de s’étendre à toute la Wallonie, lui a sans doute valu des réactions négatives de la part de ses anciens colistiers, et peut-être de ses électeurs d’octobre 2018.

Ces reproches ont-ils débordé du plan politique vers le plan personnel, ce qui serait en soi assez regrettable?

Mais l’élément décisif, pour Michael Henen, n’a-t-il en fin de compte pas été son isolement, en tant que francophone, dans le projet d’Alternative, qui n’a pu, jusqu’à présent, faire part d’aucun ralliement de citoyen, voire d’ancien(ne)s candidat(e)s sur la liste R@L aux élections précédentes?

C’est peut-être ce qu’indique la référence à «son passé politique». Faute d’autres candidats francophones crédibles, le 13 octobre 2024, Michael Henen, sur la liste de l’Alternative fouronnaise, courait le risque d’un échec électoral complet. Il pourrait en avoir déjà tiré les conclusions…

Pour l’Alternative fouronnaise, ce départ pourrait retentir comme un chant du cygne. Car faute de recrues francophones de poids, cette liste potentielle ne pourra tenter de récupérer que des votes actuellement dirigés vers la liste Voerbelangen majoritaire. Notamment en soulignant la majoration sensible de la taxe sur les nuitées, votée il y a quelques mois par les élus flamands en conseil communal. Mais lors du combat linguistiquement fratricide qui risquerait ainsi de s’engager, il ne manquerait pas de voix pour rappeler à Fred Banens son soutien au précédent bourgmestre, Huub Broers, lors de son premier mandat mayoral, entre 2000 et 2006, lorsque, soutenu par le camp Voerbelangen, il avait réussi à forcer la délocalisation de l’atelier de menuiserie de son voisin francophone…

Une présidente pour le conseil communal

Après la démission de Rik Tomsin, qui a pris ses distances avec le groupe Voerbelangen pour rejoindre la future (?) liste alternative, en cours de formation pour l’élection du 13 octobre 2023; après l’intérim de l’échevin William Nijssen, le mois dernier, il était temps pour le conseil communal de Fourons, de remettre les choses en place. C’est chose faite depuis ce jeudi, avec l’élection de Shanti Peerboom-Huynen à la présidence de l’assemblée, réunie sans Rik Tomsin, et Lizzy Buijsen-Ballien (Voerbelangen), tous deux excusés.

Shanti Peerboom-Huynen est la deuxième femme à occuper la présidence du conseil communal de Fourons

Petite-cousine de l’ancien bourgmestre, Huub Broers, Shanti Peerboom-Huynen, 43 ans, est la deuxième femme à exercer la fonction à Fourons: Annemie Casiers-Palmans l’a précédée dans la fonction, lors de la mandature 2006-2012. Première suppléante de la liste Voerbelangen, après le scrutin de 2009, la nouvelle présidente de l’assemblée a fait son entrée au conseil communal en avril 2009, en remplacement du conseiller Erik Aussems, envoyé en Chine par son employeur.

Même scénario après les élections de 2012, où elle était à nouveau première suppléante, et où elle a relayé en cours de mandature l’ancien échevin Jean Duijsens, alors président du conseil communal.

En octobre 2018, elle a par contre été la dixième et dernière des élues de la liste majoritaire, avec 326 suffrages.

La réunion s’annonçait plutôt de routine, avec l’élection de nouveaux représentants de la commune dans diverses assemblées, où Rik Tomsin siégeait au nom de la majorité. Comme deux de ces élections concernaient Fluvius, le distributeur d’électricité. Grégory Happart (R@L) a posé une question en français sur la procédure. Déclenchant une réaction de la directrice générale, Kimberly Peeters, de la nouvelle présidente de l’assemblée, puis une… suspension de séance.

Les élus Voerbelangen ont alors quitté la salle de réunion, puis, après avoir invité l’échevin francophone, Jean Levaux, à les rejoindre, sont rentrés en séance en priant Grégory Happart de ne plus… perturber les ébats en s’exprimant en français. Mais ils ont donné réponse à l’objection de l’élu francophone… qui avait donc été fort bien comprise.

Il n’y a pas eu d’autre incident, Gregory Happart continuant à ponctuer tous des votes d’un commentaire («Pour», «Contre», «Abstention») d’un commentaire dans la langue de Voltaire, ce qui entraîne d’office la nullité de ses votes.

L’incident l’amènera-t-il à s’abstenir à l’aventure? Pas sûr, car peut-être son attitude lui rapportera-t-elle des voix, lors de l’élection du 13 octobre 2024…

  • Nouveau micros et système d’enregistrement. Même si l’installation n’est pas spécialement vieille, les micros de la salle de réunion ne fonctionnent pas bien, et le système d’enregistrement des débats a des défaillances. Ce matériel sera remplacé. Il en coûtera tout de même plus de 30000 euros, TVA comprise
  • Du nouveau dans les appels d’offre Assez rare pour être souligné, trois des neuf garages sollicités pour l’entretien des véhicules communaux, et trois des six qui seront contactés pour l’entretien des petits camions sont des garages de la région, situés de ce côté-ci de la frontière linguistique. Pour l’entretien des machines, deux firmes néerlandaises voisines seront aussi approchées. Les offres doivent être rentrées à la commune pour la dernière semaine de mars.
  • Durabilité et efficacité énergétique Une étude sur la durabilité et notamment l’efficacité énergétique des bâtiments communaux va être commandée. D’un coût de 20000 euros, elle devrait permettre de mieux guider les choix d’investissement, a expliqué le bourgmestre, Joris Gaens (Voerbelangen). À l’échevin francophone, Jean Levaux, qui s’est étonné de ce montant, Joris Gaens a émis l’espoir qu’il permette des économies bien plus importantes. «Dans certains cas, cela nous permettra de savoir s’il vaut mieux rénover et mieux isoler, voire en installant des panneaux solaires, que relocaliser certains services», a-t-il expliqué. Précisant, pour répondre à une autre objection de Jean Levaux que «oui, il peut y avoir un regroupement à Fouron-le-Comte, à la fois parce que nous y disposons de terrains, et parce que, comme dans d’autres communes, nous pensons gagner en efficacité en rapprochant divers services». Jean Levaux a conclu en redoutant que, si des bâtiments communaux sont jugés trop onéreux à rénover, il sera difficile, voire impossible, de les mettre en vente…

Une nouvelle conseillère… et pas de président au conseil communal

Chantal Lebeau a prêté serment devant le président… faisant fonction de séance, William Nijssen

Le nombreux public présent, ce jeudi soir, à Fourons, attendait-il des débats houleux. Ou s’agissait-il de sympathisants de Voerbelangen, venus manifester leur soutien à la liste majoritaire après une semaine fort agitée, ou plutôt de partisans de la liste francophone R@L (Respect, Avenir, Libertés), venus assister à la prestation de serment de Chantal Lebeau, suppléante de Michael Henen, démissionnaire, remplacé par ailleurs par Maryline Muitjens au CPAS, qui siégeait avant le conseil communal ? Les deux camps étaient d’évidence représentés, tout comme l’Alternative fouronnaise, la future (?) liste qui entend se mêler au débat le 13 octobre 2024.

Un nouveau visage souriant au CPAS, celui de Maryline Muitjens

La séance était dirigée par le premier échevin, William Nijssen, «faisant fonction de président», a-t-il précisé.

Rik Tomsin, qui occupait la fonction depuis l’installation de l’assemblée, au début 2019, fait partie des initiateurs de l’Alternative fouronnaise, et il avait envoyé sa démission de la présidence la veille de la réunion. Mais au contraire de Michael Henen, associé à l’initiative, qui s’est retiré à la fois du conseil communal, du CPAS, et de l’Action fouronnaise, l’élu flamand, exclu de la N-VA, conserve son siège de conseiller communal. Il se présente désormais comme indépendant. Cela ne l’a pas empêché de voter tous les points comme ses anciens colistiers. Par vieux réflexe ?

Rik Tomsin reste par ailleurs membre, toujours en indépendant, du CPAS, où il pourrait jouer un rôle-clé, puisque Voerbelangen et R@L s’y retrouvent désormais à égalité, avec chacun quatre élu(e)s

Son serment prêté, Chantal Lebeau a été applaudie par toute l’assemblée. Cette jeune grand-mère de cinq petits-enfants, employée au Centre sportif et culturel de Fouron-Saint-Martin, a été ensuite été félicitée par William Nijssen et par le bourgmestre, Joris Gaens, « en français », a-t-elle relevé. Elle-même se dit modestement « pas aussi bilingue » que sa colistière Clotilde Mailleu, mais pratiquant le « platt’ », le patois local, elle peut suivre les échanges au conseil communal.

Siégeant désormais en indépendant, Rik Tomsin a pris place du côté de l’opposition francophone, mais il a continué à voter avec la majorité flamande

Dans le camp d’en face, Lizzy Buijens (future présidente du conseil?) s’est dite « triste du départ d’un Flamand convaincu » qui a apporté beaucoup à Voerbelangen. Mais la ligne de la liste majoritaire ne changera pas, a-t-elle assuré et « comme par le passé, Voerbelangen continuera à travailler pour l’ensemble des Fouronnais(e)s ».

Des Fouronnais(e)s dont l’Alternative fouronnaise entend être à l’écoute, à en croire un court communiqué distribué par un autre de ses initiateurs, le Néerlandais Fred Banens, après la clôture de la réunion, tandis que Rik Tomsin éludait les questions de confrères flamands, qui, pour une fois, avaient retrouvé le chemin de Fourons. La course pour octobre 2024 est déjà lancée…

  • Préséance Avec la démission de Michael Henen, et l’entrée au conseil de Chantal Lebeau, l’ordre de préséance des élu(e)s a été modifié. William Nijssen l’a détaillé avec une délectation évidente… puisqu’il y figure désormais en tête.
  • La friterie de Mouland condamnée Interpellé par Clotilde Mailleu à propos du pont de Mouland, Joris Gaens s’est longuement expliqué sur les travaux à venir, avec l’égouttage qui va débuter en février, et l’élargissement du lit de la Berwinne qui sera réalisé, pour être porté à 18 mètres au lieu de 10, à hauteur de l’actuelle friterie. Celle-ci est condamnée, et la concession arrivait de toute manière à échéance le 31 décembre 2023. «Les exploitants en ont été avisés en avril de l’an dernier» a-t-il été précisé. Après avis juridique, la décision a été prise d’affecter le terrain au domaine public. Et l’élargissement du lit de la Berwinne doit permettre de lutter plus efficacement contre les risques d’inondation. Le pont doit être achevé en juin. Enfin, deux parcelles seront achetées pour 14.990 euros hors frais de notaire, pour aménager un sentier de promenade le long de la rivière.
  • Formulieren alléén in het Nederlands. Une contribution sera demandée aux associations qui utilisent de l’électricité et de l’eau potable provenant des réseaux publics. Une contribution minimale de 25 euros leur sera demandée, et leur consommation sera dûment établie. Les associations fouronnaises disposent néanmoins d’un forfait gratuit. L’échevin francophone, Jean Levaux, a demandé que le formulaire ad hoc doive être retiré pendant les heures d’ouverture de l’administration communale. Il a aussi requis que ce formulaire soit traduit en français pour les utilisateurs francophones, «qui ne devront pas ainsi signer un document auquel ils n’entendent rien». Sa première requête a été approuvée à l’unanimité; la deuxième a été rejetée par la majorité flamande, «puisque les formulaires ne doivent pas être traduits», a rappelé le bourgmestre, Joris Gaens.

Une liste Alternative sur rails pour 2024

La démission-surprise de Michael Henen du conseil communal, et du CPAS, dont il sera pris acte ce prochain jeudi 26 janvier, et de l’Action fouronnaise, dont il était le vice-président, n’était pas seulement motivée par les critiques émises à son endroit pour la direction du groupe des cuivres de la société flamande de tir de Fouron-Saint-Martin, ou à l’encontre de Défi, le parti dont il fait toujours partie. Sur un site Web ( hetvoerensalternatief.be ), il se présente comme l’un des six formateurs d’une potentielle troisième liste électorale en vue des élections communales du 13 octobre 2024! Et cette initiative risque de créer de (gros) remous au sein de la majorité Voerbelangen également: un autre de ses fondateurs n’est rien moins que Rik Tomsin, actuel président de l’assemblée communale, et conseiller du CPAS.

«Depuis mal mal de temps, je me suis heurté aux limites de (mon) ambition de contribuer de manière optimale à améliorer les Fourons» déclare Rik Tomsin

Volontaire au sein du corps des pompiers fouronnais, responsable des technologies de l’information et de la communication, de la sécurité et de la gestion des bâtiments au sein des Écoles provinciales des Fourons, ce dernier affirme avoir «voulu, pendant de nombreuses années, contribuer de manière optimale à améliorer les Fourons. Cependant, depuis pas mal de temps, je me suis heurté aux limites de cette ambition». La réflexion reflète peut-être des tensions au sein du groupe majoritaire, nées de la manière dont Huub Broers a transmis l’écharpe mayorale au successeur qu’il s’est choisi, Joris Gaens, en janvier 2020.

«La gouvernance se doit d’être autrement et mieux menée : il ne peut plus y avoir de barrière entre les citoyens et les décisions politiques», pose-t-il. Va-t-il dès lors suivre l’exemple de Michael Henen, et démissionnera-t-il, de son plein gré ou contraint et forcé, à la fois du conseil communal, du CPAS et de Voerbelangen? S’il devait rester en place, la gestion du CPAS, où la liste flamande ne dispose que d’un siège de plus que la liste francophone, risquerait de devenir plus délicate…

En tout cas, Rik Tomsin et Guy Born ne sont déjà plus membres de la N-VA: le parti nationaliste flamand les a tous deux exclus, dès que la nouvelle de leur initiative commune de créer (ou de tenter de créer) une liste alternative à celle de Voerbelangen a été rendue publique.

Michael Henen est le seul francophone parmi les fondateurs de l’Alternative fouronnaise

Le désormais ex-conseiller R@L (Respect Avenir Libertés) est le seul francophone parmi les six fondateurs de l’Alternative fouronnaise.

Trois d’entre eux représentent le secteur touristique: Paul Princen, qui gère avec son épouse un hôtel-restaurant à Fouron-le-Comte; Guy Born, président depuis 2014 de Toerisme Voerstreek (dont Princen est administrateur) à la tête également d’un hôtel à Fouron-le-Comte; et le Néerlandais Fred Banens, jadis proche de l’ancien bourgmestre, Huub Broers. Exploitant de chambres d’hôtes à Fouron-Saint-Martin, il avait, lors de la première mandature de ce dernier, forcé son voisin et menuisier francophone, Eric Colin, qui avait installé son atelier dans la ferme familiale, à déménager son entreprise. Le dernier participant à l’entreprise, Manoël Hariot, se présente comme consultant indépendant en informatique.

Les protagonistes de cette initiative affichent leur ambition de pratiquer une démarche participative. «Pour impliquer autant que possible les Fouronnais dans l’évolution et l’exercice de la gestion politique dans leur commune», affirment-ils. Et donc «avoir son mot à dire concernant les Fourons mais aussi son propre village».

Seront-ils en lice, le 13 octobre 2024? «Si trop peu de citoyens fouronnais sont prêts à prendre leurs responsabilités pour un  changement dans la gestion communale, nous ne nous présenterons pas en octobre 2024», annoncent-ils.

Si, par contre, ils devaient présenter une liste, elle serait bilingue, «d’abord fouronnais(e), certes dans une commune de Flandre régie par la législation à laquelle nous comptons nous tenir».  Ni wallonne, ni flamande, mais ouverte à «tout citoyen qui souhaite s’impliquer dans notre mode de pensée (qui sera) évidemment le bienvenu et se sentira comme chez lui au sein de notre mouvement». Pareille déclaration s’inscrit-elle bien dans la ligne politique de Défi, dont Michael Henen n’a pas démissionné? Un problème de cohérence risque de se poser sous peu pour lui.

«En soixante ans de scrutins, les Fouronnais n’ont jamais eu d’alternative dans l’isoloir: la tradition veut que les Néerlandophones votent pour un parti néerlandophone et vice-versa pour les Francophones» expliquent-ils encore. L’analyse historique manque de précision: en 1982, une liste «Fourons Progressiste-Progressief Voeren» s’était présentée, mais n’avait pas obtenu d’élu. En 1994, un candidat d’extrême-droite s’était aussi présenté, mais n’avait (heureusement) pas été élu lui non plus.

Michael Henen démissionne et claque la porte de l’Action fouronnaise

L’an neuf débute par un coup de tonnerre pour l’opposition francophone à Fourons: le conseiller Michael Henen a annoncé sa démission tant du conseil communal que du CPAS, où il était élu, mais de son poste d’administrateur de l’Action fouronnaise, dont il était vice-président.

Dans sa lettre de démission, adressée à Jean-Louis Xhonneux, président du groupe Respect Avenir Libertés (R@L) sous la bannière duquel il a été doublement élu en 2018, et à José Happart, président de l’Action fouronnaise, Michael Henen évoque un «malaise latent» qu’il «vit très mal depuis de nombreux mois».

La démission de Michael Henen va faire du bruit

«Le fait que je dirige depuis plusieurs mois une société de musique étiquetée comme « flamande » semble créer une problématique extrêmement dérangeante aux yeux de certains que des attaques formulées à mon encontre sont répercutées jusqu’à l’extérieur des frontières fouronnaises ainsi que dans la presse», explique-t-il.

Nous avons effectivement évoqué les critiques formulées, côté francophone, à l’égard de Michael Henen lorsqu’il a pris la direction des cuivres d’une société de tir flamande, et n’avions pas par ailleurs caché que ces reproches avaient suscité une réaction de soutien en sa faveur, ni que des critiques similaires avaient été clôturées côté flamand, à l’égard de la société de tir, pour avoir confié la direction de ses cuivres à un élu R@L très engagé.

Mais, si l’on en croit la missive de Michael Henen, cet incident semble être la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Car l’élu francophone aborde aussi son engagement politique chez Défi (l’ancien FDF), «un parti qui ne reçoit pas l’assentiment d’une majorité de personnes au sein de nos cénacles, que ce soit à l’Action fouronnaise ou le groupe Respect Avenir Libertés», poursuit-il.

Cet engagement lui a valu, mentionne-t-il «de nombreuses critiques depuis 2012 (parti « de droite », optique bruxello-centrée, posture opportuniste, risque de changement d’attitude des pouvoirs subsidiant nos associations, et j’en passe…».

Puisque «le cumul de mes fonctions actuelles crée une problématique dérangeante aux yeux de certains», conclut-il, et dès lors que «les attaques dont je fais l’objet (…) semblent légitimes aux yeux de la plupart de mes collègues conseillers et des autres administrateurs», Michael Henen a considéré qu’il ne lui paraissait «aucunement opportun de tourner le dos à une activité qui fait appel à mes compétences professionnelles». Et il a donc décidé de se retirer.

Malaise

La démission-surprise de Michael Henen va ébranler l’opposition francophone, à moins de deux ans du prochain scrutin, tant au niveau du conseil communal qu’au sein du CPAS fouronnais. Non seulement parce que, depuis son élection, à l’instar de la plupart de ses colistiers, il s’est montré un mandataire actif, pour la défense des Fouronnais francophones, mais aussi pour poser des questions pertinentes relatives à la gestion des deux instances. Des deux raisons qu’il invoque pour expliquer son retrait, seule, la seconde était parvenue à nos oreilles. Mais sans que nous mesurions l’ampleur de la polémique rampante qui semble s’être installée à ce propos. Nous y avions perçu, à l’origine, en partie un choc générationnel entre des élus de 2018 et les acteurs de longue date de la saga fouronnaise, et en avions tiré le constat, puisque des critiques similaires avaient été formulées dans le clan flamand, que l’affrontement linguistique reste bien central sur le terrain fouronnais. C’est dans cette perspective, sans doute, que Michael Henen s’était engagé au FDF, devenu Défi depuis lors. Un parti effectivement implanté essentiellement à Bruxelles, mais dont la volonté de s’étendre à la Wallonie s’est manifestée par le dépôt de listes en Région wallonne lors des derniers scrutins. Et si l’origine des tensions communautaires en périphérie bruxelloise n’est pas identique à celle du conflit fouronnais, leurs effets, notamment avec le refus des autorités flamandes de nommer des bourgmestres présentés par la majorité du conseil communal, ont rappelé des souvenirs vivaces à tous les vétérans du combat fouronnais. Officiellement, la solidarité francophone reste le leitmotiv des Fouronnais francophones. Les remous évoqués par Michael Henen à propos de son engagement paraissent donc assez incongrus. Ils sont suffisamment forts pour l’avoir amené à la décision radicale qu’il a prise. Dont les remous risquent de mettre du temps à s’apaiser.

Ne soutenir que des associations érigées en asbl?

Les préoccupations environnementales ont été au cœur d’un conseil communal assez expéditif, ce dernier jeudi, à Fourons, auquel Steven Heusschen (Voerbelangen), Michael Henen (R@L) et Clotilde Maillieu, tous excusés, n’ont pas participé: dix-sept minutes, montre en main, et des points tous adoptés à l’unanimité, du moins à l’unanimité et un vote nul: tous les votes de Gregory Happart (R@L), qu’ils soient positifs, négatifs, ou d’abstention, sont annulés parce qu’il les ponctue à chaque fois en français. Inadmissible pour les auteurs des circulaires discutables qui imposent le néerlandais comme langue véhiculaire des conseils communaux sur le heilige Vlaamse grond!

Préoccupation environnementale, tout d’abord, avec cet octroi d’une prime d’un maximum de 1000 euros pour toute association qui dispose d’un infrastructure immobilière, pour les aider à faire face aux coûts croissants de l’énergie.

Un investissement comme la pose de panneaux photovoltaïques pourrait être largement subsidié pour les associations

La majorité Voerbelangen a proposé aussi un subside aux associations qui investiront dans leur bâtiment, dans le sens d’une efficacité énergétique accrue, et de la durabilité. Un subside important, puisqu’il peut se monter jusqu’à 30000 euros. La proposition s’adresse aux associations érigée sous forme d’association sans but lucratif (ASBL).

«Votre proposition est enthousiasmante» a commenté l’échevin francophone Jean Levaux, «mais pourquoi la limiter aux ASBL? Il y a dans nos villages des associations de fait, qui jouent un rôle actif en organisant des événements publics. Ne seront-elles pas soutenues elles aussi?».

«Faut-il encore qu’elles disposent d’un local» a avancé le président de séance, Rik Tomsin. «C’est le cas» a répliqué Jean Levaux, qui pensait manifestement à l’une ou l’autre association de fait.

«Notre règlement cible les ASBL, en fonction notamment du nombre d’événements qu’elles organisent» a repris l’échevin William Nijssen. «Ces associations de fait disposent d’un comité, avec président(e); secrétaire, et trésorier(e)» a précisé Jean Levaux.

«Je veux attirer l’attention sur les risques que prennent les gestionnaires de ces associations de fait», a poursuivi William Nijssen. «Je ne peux que leur conseiller de passer en ASBL». Ignorant peut-être qu’au-delà des formalités administratives qu’implique pareil changement de statut, les gestionnaires d’ASBL sont… responsables de leur gestion, y compris sur leurs fonds propres!

Le bourgmestre, Joris Gaens, a appuyé la position de son échevin, avec un argument légèrement différent. «Il s’agit ici d’octroyer un subside de 30000 euros pour une période de cinq ans. Imaginez une association qui le reçoit, et qui, pour une raison ou l’autre, cesse ses activités au bout de deux ans…» a-t-il avancé.

Le risque, toutefois, est le même pour une ASBL. Si ce n’est que la structure de l’association apparaît plus solide, et que le risque de dissolution est moindre?

L’octroi du subside a néanmoins été approuvé à l’unanimité (y compris le vote nul de Grégory Happart). Mais la question reviendra peut-être sur le tapis

* Double problème informatique L'ordre du jour peu chargé n'a pas empêché un double problème informatique: l'écran destiné au public n'a rien affiché au cours de la (courte) réunion. Et l'écran que consultaient les conseillers a apparemment sauté le point relatif à la prise d'acte de l'approbation dun plan financier pluriannuel de la commune. Et a affiché l'approbation du plan financier pluriannuel du conseil de fabrique de Remersdael avant la prise d'acte de son budget 2023. Forçant le conseiller R@L Benoît Houbiers, membre de ce conseil de fabrique, à une étrange séance de lever-assis, car il ne pouvait prendre part au vote sur le plan pluriannuel, qui prévoit notamment des travaux de restauration de l'église Saint-Héribert. Ces travaux sont subsidiables à 60% par l'autorité flamande, dans la foulée du rapport de l'administration des monuments, daté du 25 avril 2022. La commune accordera pour le surplus un subside de 15.104 euros.
* Opacité La publicité des débats est un des acquis de la démocratie. Elle est assurée... jusqu'à un certain point à Fourons, depuis la mise en place d'informatiques. Sur de nombreux points, le président de séance, Rik Tomsin (Voerbelangen) évoque les documents mis à la disposition des conseillers sur un site qui leur est réservé. Mais ni les journalistes, ni, a fortiori, le public n'ont connaissance de ces documents. Le mieux informatique est parfois l'ennemi du bien démocratique...

Les villages fouronnais vont virer au bleu

D’ici à 2026, quatre «zones bleues», où l’utilisation du disque horaire est obligatoire, seront instaurées dans les six villages de l’entité fouronnaise. «Comme il en existait une jadis à Fouron-le-Comte, qui a ensuite disparu pour des raisons que je ne connais pas», a expliqué le bourgmestre Joris Gaens (Voerbelangen), ce jeudi soir.

Le parking dans le centre de Fouron-le-Comte est notamment difficile lors de funérailles. Le plan de stationnement «à dix ans» résoudra-t-il ce problème?

Le problème du parking est une des préoccupations majeures des Fouronnais, souvent «noyés» par l’afflux de visiteurs, a rappelé le mayeur fouronnais. La vision «à dix ans» du stationnement à Fourons, élaborée après une enquête de Toerisme Vlaanderen, qu’il a fait approuver par la majorité au conseil communal, se déroulera en trois phases. D’abord, la création de parkings: «il y a déjà celui de la rue de l’Arbre, à Fouron-le-Comte. On va étudier la création d’un autre à Fouron-Saint-Martin». Et un troisième est envisagé à Teuven.

Viendra ensuite la mise en place d’une signalisation pour orienter les visiteurs vers ces parkings, «afin de décourager le stationnement des véhicules dans les centres de nos villages».

La mise en place de zones bleues, en 2026, visera à accroître la rotation des véhicules de touristes: «les Fouronnais, eux, disposeront d’une carte de stationnement».

Fourons est «une des zones touristiques les plus courues de Flandre», a commenté l’échevin francophone, Jean Levaux (R@L). Mais ce tourisme se développe surtout le week-end, a-t-il rappelé, et le problème du parking «se pose également du lundi au vendredi»: les difficultés quotidiennes des Fouronnais(es) ne seront pas forcément résolues par ce plan.

Et de citer l’afflux de véhicules aux abords de l’école de La Planck, à l’arrivée et au départ des écoliers. Les funérailles qui attirent du monde «à Fouron-le-Comte, à Fouron-Saint-Martin, ou à Teuven». Ou les véhicules «qu’on retrouve sur tous les trottoirs de Mouland, quand des manifestations ont lieu à la salle des fêtes».

«Plutôt qu’un plan d’ensemble, c’est une solution individualisée pour chaque village qui serait nécessaire», a conclu Jean Levaux, sans convaincre le bourgmestre pour qui l’application du plan, et les mesures mises en place dans chaque village viendront à bout de la congestion du trafic.

En plus, sans doute, de l’obligation faite aux personnes qui construisent de nouvelles habitations à Fourons de créer deux emplacements privés de parking par maison (au risque d’accentuer la bétonisation des sols?). Et à condition qu’une fois les zones bleues installées, des contrôles fréquents soient instaurés, afin d’assurer la rotation voulue. Sans quoi le plan d’ensemble pourrait prendre des allures de coup d’épée dans l’eau…

Des projets maintenus malgré un avenir financier qui s’assombrit

Les plans financiers pluriannuels de la commune et du CPAS de Fourons ont été modifiés, majorité contre opposition. «Les grands projets sont maintenus, malgré l’indexation de plus de 10% des frais de personnel; des frais de fonctionnement;  et du coût des services publics» a commenté le bourgmestre, Joris Gaens. Plus d’un million d’euros restent ainsi prévus pour les travaux d’aménagement dans le cadre du projet d’égouttage de la Voer 2. L’acquisition d’un terrain le long de la Berwinne, à Mouland, pour la création d’un sentier et l’extension éventuelle de la plaine de jeux, a été approuvée en séance «Et les subsides aux associations, qui n’avaient pas été augmentés depuis 2014, seront eux aussi indexés», a proclamé le mayeur. Il est vrai que les dotations de la Région flamande augmenteront, elles aussi, au fil des années. Il n’empêche: d’ici à 2026, le résultat budgétaire qui était encore de plus de 4,6 millions au compte 2020, se réduira à 1,43 million. Et la marge d’autofinancement se racrapotera de 1,094 million, au compte 2020, à 425.725 euros. «Ne devrez-vous pas envisager une hausse des taxes locales?» a interrogé l’échevin francophone, Jean Levaux. Le bourgmestre a assuré que la perspective n’était pas envisagée, dès lors «qu’à l’inverse d’autres communes, nous restons en mesure de poursuivre nos projets et de lancer les études pour les suivants».