Le Pley devient public à Fouron-le-Comte: et alors?

Le point, purement administratif, a été approuvé à l’unanimité par le conseil communal de Fourons, ce dernier mercredi. le «Pley», entendez l’espace devant l’église saint Lambert à Fouron-le-Comte, est entrée dans le domaine public.

Le Pley appartient désormais à la commune de Fourons. Mais cela n’y changera rien

«Au fond, cela ne changera pas grand chose» a commenté au passage le bourgmestre Voerbelangen, Joris Gaens.

La seule différence, en fait, est que l’entretien de cet espace, où des véhicules peuvent stationner -mais le pourront-ils nécessairement en cas de cérémonie religieuse?- doit désormais être entretenu par la Commune, et non plus par le conseil de fabrique de Fouron-le-Comte.

Ce qui est particulier aussi, c’est que des ossements anciens se trouvent peut-être sous les pavés de la place. C’est que jadis, les cimetières entouraient les églises, et il n’est donc pas impossible, donc qu’une partie du cimetière originel de Fouron-le-Comte, subsiste ainsi sous les véhicules.

Le passage de cet espace dans le domaine public, pour peu spectaculaire qu’il soit, ne s’en inscrit pas moins dans le montage très compliqué mis en place, il y a quelques années, pour trouver une issue au problème soulevé par l’utilisation, par le conseil de fabrique de l’époque, de crédits accordés pour la rénovation de l’église, à la rénovation de la… salle paroissiale, attenante à l’édifice religieux.

Ce n’est que quand des honoraires dus à l’architecte auteur de projet n’ont pu être payés que le pot-aux-roses a été découvert. Après bien des palabres, on s’en souvient, la commune a accordé il y a un peu plus de cinq ans un crédit-pont d’1,7 million à la fabrique d’église et en contrepartie, la salle paroissiale est passée dans le giron communal, malgré l’opposition francophone; et le Pley devait tomber dans le domaine public. L’évêché, dans le cadre d’un accord tripartite, devait aider la fabrique d’église à rembourser ce crédit-pont. Et la rénovation de l’église a été suspendue.

Tout n’a pourtant pas marché sur des roulettes: le compte 2021 du conseil de fabrique de Fouron-le-Comte, avait été renvoyé à l’expéditeur, parce que des codes et l’intitulé de comptes y étaient erronés. Et puis parce que le montant de la dette à l’égard de la commune inscrit dans le document faisait état d’une dette de 100000 euros au lieu d’un million d’euros!

Finalement, le document est revenu corrigé. Et en même temps que d’autres comptes de fabrique d’église, ils ont été approuvés. Mais pas par l’opposition francophone qui, sur les autres comptes, les a approuvés, à l’exception de Grégory Happart.

La taxe sur les gîtes va plus que tripler en deux ans

Fait rarissime au conseil communal de Fourons ce jeudi: des Flamands et des Francophones ont partagé la même indignation, devant l’augmentation de la taxe sur les nuitées en gîte: il faut dire que la vingtaine de spectateurs présents étaient tous propriétaires de gîtes. Et que la majorité Voerbelangen envisageait au départ rien moins que de… quadrupler la taxe, la faisant passer de 30 à 120 euros d’un seul coup.

La pilule, apparemment, était trop amère : la taxe, approuvée majorité flamande contre opposition francophone, passera de 30 à 80 euros par lit… d’une personne (un lit pour deux personnes sera donc doublement taxé) l’an prochain, puis à 100 euros pour 2024 et 2025. Ce qui signifie néanmoins qu’elle fera plus que tripler en deux ans! En attendant peut-être encore plus après 2025?

Le débat n’est pas uniquement en cours à Fourons. Dans l’arrondissement de Verviers, la réflexion s’est ouverte en conseil communal à Theux, cette semaine, sous l’impulsion de l’ancien bourgmestre, Philippe Boury. Spa y réfléchit également, et Plombières, la commune voisine de Fourons, a mis en place une taxation particulière des gîtes, il y a quelques années déjà.

Un des axes de la réflexion, dans toutes ces communes, est la difficulté pour les jeunes de trouver un logement à un prix raisonnable, alors que de plus en plus d’habitations se muent en gîtes touristiques.

À Fourons, le bourgmestre, Joris Gaens (Voerbelangen) a évoqué lui aussi le risque de voir les prix des habitations, moins disponibles, devenir hors de portée des jeunes Fouronnais(es). Mais c’est déjà le cas depuis de très nombreuses années, avec «l’invasion hollandaise» qui a entraîné une surenchère immobilière. Et c’est surtout d’équilibre entre le tourisme et la vie quotidienne des habitants qu’il a été question ce jeudi: en 2012, on y avait dénombré 95000 nuitées dans la commune; en 2020, elles se chiffraient à 186000.

«Le tourisme prend une place de plus en plus importante» dans notre économie, explique Joris Gaens, «mais la qualité de la vie dans le cœur de nos villages doit être maintenue pour les habitants».

La majorité flamande à Fourons entend préserver un équilibre entre la qualité de vie des habitants et l’intérêt des touristes pour la région. Mais aussi sans doute capter un pactole intéressant…

Pour motiver sa décision, la majorité flamande s’est appuyée sur une enquête menée dans la commune sous la direction de Toerisme Vlaanderen. Et elle entend traduire cette enquête dans une «nouvelle vision», qui vise à maîtriser le flux touristique, mais aussi, au passage, à assurer un pactole intéressant pour les finances communales.

Pour l’an prochain, le mayeur fouronnais annonce ainsi une campagne de sensibilisation des touristes «à la qualité et à la vulnérabilité» du paysage fouronnais. Et il en espère une «compréhension réciproque entre les habitants de la commune et leurs visiteurs».

Ce discours en forme de vœu pieux n’a pas vraiment réussi à convaincre les propriétaires de gîtes. Ni l’opposition francophone.

«Depuis des années, vous avez puissamment promu le tourisme dans le paysage fouronnais, et maintenant vous faites volte-face d’un seul coup», a réagi le conseiller R@L Michael Henen. Surtout, l’élu francophone a accusé la majorité flamande de préparer une «sélection naturelle», car de nombreux propriétaires qui exploitent un petit gîte en activité complémentaire, n’auront «d’autre choix que de mettre la clé sous le paillasson», avec l’augmentation drastique des taxes qui vont les frapper.

La majorité, en réplique, a brandi les exceptions prévues pour les agriculteurs en activité, à qui l’exploitation d’un gîte permet de soutenir la viabilité de leur entreprise.

Le bourgmestre, Joris Gaens, toujours dans le cadre de cette «nouvelle vision» du tourisme à Fourons a annoncé un futur «plan communal de stationnement».

La conseillère R@L, Clotilde Mailleu, elle, est revenue sur les dangers constitués dès à présent par les divers rétrécissements de chaussée destinés à ralentir le trafic, mais où aucune priorité de passage n’est définie.

Déjà interpellée une première fois à ce propos, la majorité a répété que le propos est d’inciter tout le monde à lever le pied. Ce que réussissent efficacement à faire des zones de rétrécissement successives aux priorités alternées. Et où, en cas de collision, la responsabilité des usagers n’est pas partagée.

L’élue francophone s’inquiétait également des plaques d’avertissement sous des panneaux de limitation de vitesse rédigées uniquement en néerlandais: le bourgmestre a convenu qu’il y avait là un manquement… dont la Commune n’est pas responsable, puisque ce n’est pas elle qui a installé ces panneaux.

Michael Henen n’a pas été plus heureux en réclamant sur les pistes cyclables des panneaux incitant les cyclistes à adopter des règles de comportement conviviales, et obligeant chaque vélo à être équipé d’une sonnette d’avertissement.

La majorité les lui a refusés en invoquant le risque de… pollution sonore des cyclistes. En supposant que ces derniers s’amuseraient, sans doute, à carillonner tout au long de leur parcours? Il suffirait pourtant de les sensibiliser, tout comme les futurs touristes qui viendront se répandre dans le paysage fouronnais…

Les associations caritatives ont perdu la collecte de vêtements

Le retrait s’est fait de manière discrète, mais depuis quelques semaines, les conteneurs de l’asbl flamande Weredl Missie Hulp, et de l’asbl francophone Terre ont disparu du paysage fouronnais.

Terre n’était déjà plus qu’en sursis: l’association fondée en région liégeoise par William Wauters avait été priée de plier bagage dès 2005. En conseil communal, un élu flamand, Victor Walpot, avait été jusqu’à déclarer que «Terre n’a plus le droit de venir ici. Un point c’est tout». Et le bourgmestre Voerbelangen de l’époque, Huub Broers, avait précisé la diatribe de son colistier flamingant en expliquant que l’asbl liégeoise bénéficiait bien d’une autorisation nationale dans le cadre d’un arrêté royal sur les associations de bienfaisance, mais qu’elle devait en plus se soumette au décret flamand sur l’enlèvement… des déchets. Et que faute de rapport d’activités (en néerlandais, of course); de statistiques de ramassage, et de collaboration avec un utilisateur final «reconnu» par la Vlaamse Overheid (l’autorité flamande), elle ne pourrait poursuivre ses collectes de vêtements dans les six villages de la vallée de la Voer.

À Fourons, les conteneurs de «Wereld Missie Hupl», sur le domaine public, étaient doublés par ceux de l’asbl liégeoise «Terre» sur des terrains privés

Les responsables de l’asbl Terre avaient reçu le message et s’en étaient émus, dans la mesure où ils disposaient notamment d’une autorisation de collecte aux… Pays-Bas, et donc notamment à un jet de pierre de Fourons. Mais une solution pragmatique avait été trouvée: ses conteneurs avaient été déposés sur des terrains privés, tandis que l’asbl flamande Wereldmissie Hulp déposait les siens à divers endroits de la commune, avec le fiat de la majorité flamande.

Désormais, tous ces conteneurs ont disparu.

«C’est une décision communale», confirme le bourgmestre actuel, Joris Gaens. La raison? «Les conteneurs étaient vidés de manière beaucoup trop tardive. Résultat: souvent, des sacs de vêtements étaient abandonnés à leur pied; ce qui entraînait des dépôts d’immondices. Nous avons reçu beaucoup de plaintes à ce propos, et nous l’avons constaté nous-mêmes». D’où cette décision radicale, «car cette situation n’était évidemment pas favorable au domaine public. Et puis, il y avait une alternative valable».

Cette alternative, ce sont des sacs précisément prévus pour l’enlèvement de vêtements à donner, «au prix d’un euro pour un rouleau de vingt sacs de cinquante litres, soit 5 centimes au sac», précise Joris Gaens. Ces sacs sont enlevés par le système de ramassage Optimo de l’intercommunale limbourgeoise de récolte des… déchets, Limburg.net. «Mais il reste des conteneurs au parc environnemental communal, où on peut toujours déposer gratuitement des textiles», ajoute le mayeur fouronnais. Des conteneurs… de Limburg.net.

«Depuis le 1er janvier de cette année, Limburg.net récolte effectivement du textile de deux manières», explique la porte-parole de l’intercommunale limbourgeoise, Ilse Luypaerts. «D’une part, il y a des conteneurs blancs, placés et vidés dans le cadre d’un contrat public. D’autre part les sacs orange, récoltés en porte-à-porte par nos services»

«En qualité d’intercommunale des déchets limbourgeoise», Limburg.net estime qu’il est «important de retraiter au niveau local la plus grande partie des textiles que nous récoltons dans la province et à Diest» poursuit Ilse Luypaert. C’est pourquoi «nous avons choisi volontairement que 40% de l’emploi dans nos points de collecte soient réservés à des emplois sociaux, et à des entreprises qui prennent en charge l’intégration de personnes handicapées ou qui ont peu de chances de trouver du travail. Ainsi, nous sommes certains d’assurer de l’emploi local et durable, pour des personnes parfois fort éloignées du marché du travail».

Le textile récolté dans les conteneurs est prix en charge par un sous-traitant. «Le textile réutilisable est réutilisé dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. Il est pris en charge par des magasins de seconde main, des CPAS, ou des organisations de lutte contre la pauvreté. Le textile non-réutilisable, lui, est recyclé» ajoute la porte-parole. «Nous pouvons ainsi garantir que tout le textile récolté trouve une destination, et que sa plus grande part reçoit une deuxième vie».

Pour les asbl évincées, c’est plutôt la soupe à la grimace.

Le monde associatif soit ses objectifs et ses moyens phagocytés par le secteur commercial, dont les adjudications publiques sont imbattables

Du côté de Terre, on fera sans doute contre mauvaise fortune bon cœur, en se disant qu’entre 2005 et 2022, grâce à des privés, l’asbl francophone a échappé à une expulsion programmée par l’autorité flamande. Et espérant que les Fouronnais(e)s continueront à aller déposer des vêtements dans les dix conteneurs que l’asbl liégeoise a installés à parts égales à Warsage et à Aubel.

Le monde associatif, qui affiche sa volonté de «créer des emplois durables pour des personnes en situation d’insertion», de «préserver l’environnement en réduisant les déchets et encourageant une attitude responsable»; de «développer une activité économique selon les principes de l’économie sociale et solidaire»; et qui, dans cette perspective déploie «des filières de réutilisation et de recyclage de textile usagé en circuits courts»; propose «des vêtements à bas prix principalement au travers de nos magasins de seconde main»; et crée «des partenariats à l’échelle locale, nationale et internationale majoritairement avec les acteurs de l’économie sociale solidaire» doit néanmoins voir d’un mauvais œil une puissante intercommunale, soutenue par l’autorité flamande, phagocyter ainsi ses objectifs et ses activités.

Le constat est encore plus cruel pour Wereld Missie Hulp, qui confirme le retrait de ses conteneurs à Fourons, mais conteste la raison invoquée à l’appui de cette décision.

«Il n’y a jamais eu de surcharge au pied de nos conteneurs, que nous avons vidés de manière régulière. Et nous en avons eu confirmation en vérifiant les quantités prélevées», explique Koen Verbraeken, responsable de la logistique de l’asbl.

«Ces deux dernières années, nous avons dû retirer énormément de conteneurs dans certaines communes flamandes,» ajoute notre interlocuteur.

Le mécanisme est passé par «des adjudications lancées par des intercommunales, évidemment remportées par des sociétés commerciales, qui ont déposé des offres financières beaucoup plus importantes, auxquelles le secteur des entreprises du secteur associatif ne pouvaient répliquer».

Résultat des courses, «la situation devient de plus en plus difficile pour nous. Car chaque conteneur enlevé représente moins de textile récolté. Et donc moins d’argent que nous pouvons consacrer à nos projets caritatifs».

Sur son site, Wereld Missie Hulp affiche notamment les projets qu’elle mène en Tanzanie, au Népal, en République Démocratique du Congo, en Éthiopie, au Burkina Faso, au Cameroun, au Kenya, au Cambodge, en Thaïlande, au Pérou, en Ouganda, au Togo, en Bolivie, aux Philippines, en Haïti, au Népal, au Sénégal, au Myanmar, au Mali, en Inde, en Équateur, au Brésil, etc…

«Pour tous ces projets, c’est la récolte de vêtements qui nous fournit les moyens de les financer», commente l’asbl sur son site Web. «Hélas, pour l’instant, nous traversons des temps difficiles, en raison de la pression commerciale croissante sur le commerce du textile. L’impact de ce phénomène sur la poursuite de nos projets est grand»….

La mobilité douce en promotion

Entre la rue de Mouland et la rue de Berneau, le charroi agricole côtoiera le trafic cycliste…

Les grands travaux d’égouttage en cours à Fourons depuis de nombreux mois ont permis la réorganisation de la circulation, avec un accent tout particulier sur la mobilité douce. D’autres travaux ont été ou sont en cours de réalisation, qui étendent le réseau cyclable de la commune, et ces travaux, entamés à la fin de l’année dernière, sont achevés ou en voie d’achèvement, signale l’administration communale.

Il en va ainsi de la piste cyclable qui va de la rue de Berneau à la rue de Mouland, à Fouron-le-Comte, dont la fondation a été refaite et qui a été pourvue d’un revêtement en béton. «La piste cyclable pourra ainsi être utilisée longtemps tant pour le trafic cycliste en direction de l’école (N.D.L.R.: provinciale flamande) que pour le charroi agricole», commente la commune. Les usagers s’en réjouiront, mais le voisinage de lourds engins agricoles avec des vélos ne se révélera-t-il pas dangereux en certaines périodes de l’année?

Pour desservir l’école provinciale

Dans la foulée de ces travaux, un passage en toute sécurité a aussi été prévu pour les cyclistes, à partir de Mennekesput et via Kattengraaf, vers la bibliothèque et… l’école provinciale, poursuit le communiqué de la commune.
Et dans une phase ultérieure, quand les travaux d’égouttage de la rue de l’Arbre seront achevés, cette rue sera reconstruite, et des aménagements supplémentaires seront réalisés «afin d’aménager un trafic sécurisé en direction de l’école» (N.D.L.R.: provinciale), ajoute l’administration communale.

Du béton «vert»

À Kattenroth, pour la réfection de la route, un béton lavé fait à partir de gravier de Meuse a été choisi

La route Kattenroth a aussi été rénovée en grande partie, toujours avec une nouvelle fondation et un revêtement en béton. Là aussi, l’accent est mis sur l’écologie: pour «réduire l’impact sur l’environnement», le choix s’est porté, signale-t-on, «sur un béton lavé», fabriqué «avec du gravier de Meuse».

La suite est annoncée encore pour cette année, avec une liaison cycliste vers Warsage, qui s’arrêtera à la frontière linguistique, à hauteur du pont du chemin de vert de «Plate Voye» (la «route plate», pour qui n’entendrait pas le wallon liégeois). Et la majorité flamande de Fourons de reconnaître avec beaucoup d’objectivité que «côté wallon, la liaison est déjà achevée en grande partie»

Tous ces travaux ont bénéficié de subsides, du Fonds cycliste de la province de Limbourg (Hoeneveldje), et avec l’appui d’un projet européen Interreg XB-MOB-cycling Connects, pour les travaux d’études et la réalisation de Kattenroth. Sans oublier le sempiternel soutien de la Région flamande (N.D.L.R.: qui a déjà tant investi à Fourons).

Tous ces investissements, conclut le communiqué de la commune, ont à la fois une visée fonctionnelle et touristico-récréative.

Une soixantaine de réfugiés ukrainiens accueillis à Fourons

Une soixantaine de réfugiés ukrainiens sont actuellement accueillis à Fourons: le chiffre en a été donné ce jeudi soir par le bourgmestre fouronnais Joris Gaens (Voerbelangen), en réponse à une question d’actualité de l’échevin francophone, Jean Levaux (R@L), posée en fin d’une courte séance, essentiellement consacrée à des points administratifs.

Les réfugiés ukrainiens hébergés à Fourons sont d’abord passés par le centre Fedasil à Bruxelles

«J’aurais préféré une question écrite», a commencé par dire le mayeur, qui a pourtant été d’autant moins pris au dépourvu que le CPAS de Fourons avait traité du dossier, juste avant la réunion du conseil communal.

Cette arrivée de réfugiés, qui ont transité par Fedasil, l’administration en charge du traitement des demandes d’asile à Bruxelles, résulte d’un «élan de solidarité» de la population fouronnaise «qui m’a surpris», a avoué Joris Gaens: «une cinquantaine de familles se sont en effet manifestées pour dire qu’elles étaient prêtes à héberger des réfugiés».

Jean Levaux a salué cette solidarité, mais s’est quand même inquiété: proportionnellement à la population fouronnaise (un peu plus de 4000 habitants), cet effort n’est-il pas disproportionné? Peut-on le comparer à l’effort fourni par d’autres communes, a-t-il interrogé.

«Le nombre de réfugiés qui est envoyé répond plus ou moins à l’offre d’hébergement», a répondu Joris Gaens. Et la Région flamande va accorder aux communes une aide financière pour faire face à cette arrivée, a-t-il complété.

Car effectivement, il ne faut pas exclure que cet hébergement dure un certain temps, ce qui implique un surcroît de travail pour le personnel du CPAS, proportionnel à la taille de la commune, a encore expliqué Joris Gaens.

Une première réunion a déjà été organisée «à la salle paroissiale» (Ndlr: qui devrait pourtant être une salle communale, en vertu de l’accord tripartite entre la Commune, l’évêché de Hasselt, et le conseil de fabrique local qui avait utilisé une part des subsides destinés à la rénovation de l’église pour rafraîchir la salle…) de Fouron-le-Comte, afin d’informer les réfugiés ukrainiens des possibilités qui s’offrent à eux, a poursuivi le bourgmestre. La scolarisation des enfants peut notamment être envisagée.

«N’y a-t-il pas un problème de langue?» a encore interrogé Jean Levaux, qui, cette fois, ne faisait pas allusion… au contentieux linguistique propre à la commune.

«Trois personnes ukrainiennes parlent anglais, et nous avions un interprète venu de Riemst, qui parle néerlandais et ukrainien», a expliqué Joris Gaens. Mais le problème est plus que local, et, a conclu le bourgmestre, «la Région flamande tente de créer un pool d’interprètes, qui pourrait venir à l’aide des communes en la matière».

Les éoliennes de Dalhem démangent la majorité fouronaise

Une question d’un(e) élu(e) de la majorité, en début de séance: c’est le procédé «téléphoné» habituel pour permettre à un bourgmestre de dérouler une argumentation ou de partager son humeur.

Cela a été le cas, ce jeudi avec l’intervention de l’élue Voerbelangen Alexandra Van Gestel, relative à la position de la commune à l’égard du projet d’implantation de six éoliennes à la limite de Dalhem et de Fouron-le-Comte.

Des éoliennes? «Pas dans mon jardin (fouronnais)»

Les avis négatifs se sont multipliés sur ce sujet, a rappelé Joris Gaens: Fourons, l’université de Liège, ou la commune néerlandaise d’Eijsden-Margraten, notamment, se sont exprimées négativement à ce sujet. Pire, a-t-il dénoncé, il n’y a pas eu concertation entre le gouvernement wallon et les ministres flamands Zuhal Demir (N-VA), charge de la Justice, de l’Énergie, du Tourisme, et aussi de l’Environnement, et Matthias Diependaele, tout autant N-VA, responsable, lui, du Patrimoine, mais surtout des Finances et du Budget.

«Ce n’est pas une manifestation de bon voisinage», a commenté le mayeur fouronnais, oubliant par exemple, le veto opposé par Zuhal Demir à la construction d’une centrale au gaz à Vilvorde, qui compromet les plans de sortie du nucléaire approuvés au fédéral.

Les arguments contre l’implantation des éoliennes, soulevés par Joris Gaens, sont classiques: ils vont du dommage paysager au risque qu’elles créeraient pour certains oiseaux, sans oublier le classique reproche sur le bruit (?) généré par des éoliennes.

«Nous attendons le résultat de toutes les plaintes qui ont été déposées» a-t-il assuré, en prévenant que sont déjà prêtes «toutes voies de recours», si ces plaintes sont rejetées. Au risque de freiner la transition énergétique?

Mouland aura son passage pour piétons irisé contre l’homophobie

Cela n’arrive pratiquement jamais à Fourons, ni ailleurs d’ailleurs: une proposition d’un élu de l’opposition francophone, Michael Henen, a été approuvé quasiment telle quelle à l’unanimité. Celle de créer un passage pour piétons aux couleurs de l’arc-en-ciel, sur la route régionale 753 à Mouland.

Michael Henen avait bien ficelé sa proposition, puisqu’il s’appuyait notamment sur l’espoir exprimé par… la ministre libérale flamande de la Mobilité et des Travaux publics. Lydia Peeters, a rappelé le conseiller R@L «a émis le vœu que chaque commune flamande installe un passage pour piétons aux couleurs de l’arc-en-ciel», et c’est l’occasion pour Fourons, a-t-il plaidé, l’occasion de s’inscrire dans ce mouvement. Car, a rappelé Michael Henen, car «la haine contre des personnes en raison de leur sexe ou de leur orientation sexuelle» est un phénomène toujours présent, «même au XXIe siècle».

Un tel passage pour piétons est donc un plaidoyer «pour la diversité», a-t-il poursuivi. «Notre groupe promeut la diversité et la tolérance, et je ne doute pas qu’il en est ainsi de même pour la majorité».

Un passage pour piétons qui sera en même temps un «plaidoyer pour la diversité et la tolérance»

Difficile de ne pas s’inscrire dans le mouvement: l’échevine Yolanda Daems a revendiqué une antériorité («Nous y avions pensé en novembre 2021, mais il n’y avait aucune possibilité à ce moment-là»), et sous réserve d’un amendement, réclamant l’avis de la Direction flamande des routes, la proposition a été admise à l’unanimité.

Ce passage pour piétons «irisé» sera implanté à Mouland, «où il existe déjà deux passages pour piétons assez proches l’un de l’autre, et où il faut en tout cas conserver celui qui est implanté sur la rue de Visé» a commenté l’échevine.

La pandémie frappe aussi à Fourons

Conseil communal express, ce jeudi, à Fourons, puisque l’ordre du jour a été expédié en 23 minutes! Les points qui y étaient inscrits étaient, il est vrai, d’ordre essentiellement administratifs, tels la régularisation du plan d’aménagement de la zone artisanale de Schophem, afin de permettre l’organisation fonctionnelle et l’extension de l’entreprise «Hobbyshop Debougnoux». L’administration flamande et l’administration provinciale ont dû être consultées et n’ont émis aucune objection. L’échevin francophone, Jean Levaux, s’est réjoui que ce dossier soit enfin clôturé, et a remercié les fonctionnaires communaux qui y avaient travaillé.

Le même échevin, Jean Levaux, a, en fin de séance publique, relayé une question du conseiller Grégory Happart sur l’évolution de la pandémie dans la commune.

Une campagne de vaccination a eu lieu le 15 janvier à Fourons

Le bourgmestre Voerbelangen, Joris Gaens, a ainsi précisé que 134 Fouronnais(e)s ont été infecté(e)s par le virus Omikron, mais que le caractère moins agressif de ce variant, et le fait aussi que de nombreux Fouronnais soient vaccinés, a fait qu’aucun d’entre elles et d’entre eux n’a dû être hospitalisé.

Le 15 janvier, a rappelé le mayeur fouonnais, la commune avait organisé une campagne de vaccination, afin de permettre aux habitants qui ne l’avaient pas encore reçue de se faire injecter une troisième dose de vaccin.

Une cinquantaine d’enfants vaccinés

Faudra-t-il reprendre une initiative identique afin d’administrer une quatrième dose aux personnes vulnérables? On fera le point en fonction des décisions prises à l’échelle nationale, a précisé Joris Gaens.

Par contre, la vaccination des enfants de 5 à 12 ans a débuté sur le territoire communal, et une cinquantaine d’enfants ont reçu une première injection. La deuxième est programmée pour le 12 février. Cette vaccination se fait sur base volontaire, a conclu le bourgmestre.

La politique de la chaise vide chez Enodia: question linguistique?

Le conseil communal de Fourons a terminé l’année en roue libre, ce dernier jeudi, avec même un point insolite, relatif à l’assemblée générale d’Enodia, qui avait eu lieu la veille, et où le collège échevinal avait décidé de n’envoyer personne.

Une nouvelle fois, la majorité a pratiqué la politique de la chaise vide chez Enodia, a dénoncé Michael Henen. Parce que le siège de l’intercommunale se trouve à Liège?

L’assemblée était invitée à ratifier cette décision, qui a interpellé l’élu de l’opposition francophone, Michael Henen, qui a regretté que « les membres de la majorité aient cette fois encore voté en faveur de la politique de la chaise vide, malgré le fait que cette Assemblée générale ordinaire du 22 décembre dernier pouvait se dérouler en vidéoconférence».

Cette assemblée générale se déroulant après la confirmation de la vente du l’opérateur Voo au réseau Orange était aussi, peut-être, l’occasion de poser des questions sur l’utilisation de ce produit de la vente: réinvestissement, ou versement total ou partiel aux communes de l’intercommunale, qui n’ont plus touché de dividende de plusieurs années? Mais peut-être Fourons est-elle à ce point riche qu’elle se soucie de ce «détail» comme un poisson d’une pomme…

«J’ai personnellement vécu trois campagnes électorales, pendant lesquelles le leitmotiv de
nos adversaires politiques était la bonne gestion, soi-disant a contrario de la méthodologie
utilisée par la majorité du siècle précédent. D’où mon interrogation concernant la définition de « bonne gestion »… je pensais réellement que quelqu’un qui accepte un mandat, allait tout faire pour l’exercer au mieux : à la lumière de la situation, je n’ai visiblement pas la bonne vision du terme»
a persiflé Michael Henen.

À moins que, a-t-il poursuivi, la majorité fouronnaise ait décidé de se faire porter pâle à cette assemblée générale «parce qu’on n’y parlerait que de chiffres»? Ou alors parce que «le siège social de cette intercommunale se situe dans une région bien définie. Et je suis
en droit de le penser lorsque l’on constate que toutes les autres structures auxquelles notre commune est affiliée, ont la chance de croiser des mandataires fouronnais.
Évidemment, celles-ci ne se situent pas en Région wallonne…»
.

Piqué au vif, le bourgmestre, Joris Gaens a répliqué que «se référer à la bonne gouvernance en disant que cela implique pour élu la volonté de tout faire pour exercer son mandat au mieux est un peu étrange de la part d’un élu dont un colistier (N.D.L.R.: Benoît Houbiers) est systématiquement absent lors de nos réunions de conseil communal en distanciel».

C’est sur un ton moins polémique, mais tout aussi ferme, que l’échevin francophone Jean Levaux, a demandé si les modes d’emploi seraient disponibles dans les deux langues, pour la valisette de sécurité qui pourra être prêtée à des associations fouronnaise, voire à des particuliers, lors d’organisations diverses: si on y trouve des chasubles fluorescentes, il y a aussi des boîtes de premiers secours, un sonomètre ou encore un appareil de mesure du C02, avait détaillé longuement le premier échevin, William Nijssen.

«Il sera possible de la demander via le site Web de la commune qui est bilingue» a répondu ce dernier, qui n’avait manifestement pas compris le sens de la question de Jean Levaux. Mais qui, imperturbable, après une précision de son collègue francophone, a assuré que «tout se trouvera bien dans les deux langues sur le site de la commune». Il sera peut-être prudent de vérifier quand même…

Une police chère et plus forcément bilingue

De par sa situation géographique et son statut particulier, la zone de police de Fourons est une zone unicommunale. Le conseil communal, réuni en distanciel ce jeudi, s’est notamment penché sur son budget 2022 qui accuse un bonus de 183121,94 euros au service ordinaire, et de 30881,12 euros au service extraordinaire.

«Ce budget a été établi en collaboration avec le chef de corps (NDLR: faisant fonction, depuis le départ du titulaire, Ronijn Cox), et tous les investissements qu’il avait réclamés y figurent» a commenté le bourgmestre, Joris Gaens (Voerbelangen). À huis clos, l’engagement d’un inspecteur principal a d’ailleurs été confirmé, ce qui permet de compléter le cadre de la zone, a complété le mayeur.

L’avenir s’annonce toutefois plus sombre, a poursuivi Joris Gaens: la contribution communale devrait doubler en 2022, passant de 60000 à 12000 euros. Dans un premier temps?

S’acquitter de toutes les tâches (de plus en plus nombreuses) dévolues à la zone se révèle cependant d’année en année plus ardu. C’est pourquoi, il y a quelques années, une «collaboration informelle» a été établie entre la zone de police fouronnaise et la zone de police pluricommunale de Bilzen-Hoeselt-Riemst. Cette collaboration permet l’appui mutuel de policiers soit lors de missions spéciales ou lors de missions ordinaires, lorsque du personnel manque à l’appel.

La zone de police de Fourons ne peut pas fusionner: elle passe donc un contrat d’association avec la zone de police limbourgeoise de Bilzen-Hoeselt-Riemst. Les justiciables francophones risquent de se retrouver face à des policiers qui ne parlent pas leur langue…

Ce jeudi soir, un pas supplémentaire a été franchi, avec l’approbation d’un contrat d’association entre les deux zones.

Les collaborations entre les zones de police prennent ainsi un tour plus formel, de quoi permettre la réalisation d’économies d’échelle.

«Chacune d’entre elles gardera sa propre direction» a précisé Joris Gaens. «Nous avions en effet le choix entre la fusion, qui aurait placé l’ensemble des policiers sous direction unique, ou l’association. Et c’est cette solution qui a eu notre préférence».

Ce que le mayeur fouronnais n’a pas précisé, c’est qu’une fusion des zones de police est tout aussi impossible qu’une fusion des communes pour Fourons, en raison même de son statut linguistique spécial. Entre fusion et association, il n’y avait en fait pas de choix.

L’échevin francophone, Jean Levaux, s’est inquiété: avec ce contrat d’association, les justiciables fouronnais francophones risquent de se retrouver devant des policiers qui ne pratiquent pas leur langue…

Le bourgmestre «s’attendait» à la question, et se veut ouvert: «tous les policiers en poste à Fourons doivent avoir satisfait un examen linguistique» a-t-il rappelé, et le «souci de sécurité est le même pour tous les habitants de Fourons, quelle que soit leur langue».

Le hic, c’est que dans la zone limbourgeoise… et éloignée, de Bilzen-Hoeselt-Riemst, les agents ne sont pas forcés de passer un examen linguistique, et il n’y a pas de bilingue fonctionnel parmi eux, «sauf si certains ont été en poste dans une région bilingue comme Bruxelles ou à Fourons».

Tôt ou tard, des policiers néerlandophones risquent donc de s’adresser à des Fouronnais dans une langue qui n’est pas leur, ce qui serait regrettable. En principe, quand des policiers de la zone Bi,zen-Hoeselt-Riemst seront en intervention à Fourons, ils seront toujours accompagnés d’un inspecteur local, a nuancé le mayeur. En principe seulement, et au prix d’une prestation superfétatoire. «Mais si des Fouronnais (néerlandophones) s’adressent au 112 à Liège, ils n’auront pas non plus forcément au bout du fil un agent bilingue» a ajouté Joris Gaens, dans une réflexion dont son prédécesseur, Huub Broers, était familier.

Le contrat d’association a été approuvé majorité flamande contre opposition francophone, sauf l’abstention de l’échevin Jean Levaux.

Dans un souci d’efficacité, des collaborations pourraient aussi être établies entre la zone de police fouronnaise et les zones de police voisines du plateau de Herve ou de Visé. Car la géographie est têtue. Mais on imagine que la majorité Voerbelangen n’en a pas la moindre envie…

En attendant, Fourons paiera de plus en plus cher le privilège d’avoir une zone de police unicommunale limbourgeoise et flamande. Et mère Flandre, qui a déjà tant investi dans la commune, risque fort de la laisser se dépatouiller elle-même…

Accord tripartite bis

Le conseil s’est aussi vu invité à approuver la deuxième version de l’accord tripartite entre la commune, l’évêché de Hasselt, et le conseil de fabrique de Fouron-le-Comte, au bénéfice duquel l’évêché a accordé un prêt sans intérêt, et la commune un crédit-pont de 1,7 millions d’euros. Ces opération financières permettaient de «couvrir» l’usage par le conseil de fabrique de crédits destinés à la rénovation de l’église pour rénover la salle paroissiale.

Pourquoi une nouvelle version? Officiellement, parce que le cabinet d’avocats chargé de formaliser cet accord tripartite a commis des erreurs. «Purement techniques, mais il fallait aussi apporter quelques éclaircissements» selon la majorité.

Comme toujours, l’opposition francophone s’est opposée à cet accord tripartite. Le débat a juste permis au premier échevin, William Nijssen, de confirmer que la rénovation de la salle s’était opérée avec l’accord du collège échevinal de l’époque, présidé par Huub Breors.