Parmi les modifications budgétaires de 2021 et les budgets 2022 soumis à la prise de connaissance ou au vote du conseil communal de Fourons, le dossier de la paroisse Saint Lambert de Fouron-le-Comte suscitait, comme d’habitude, l’attention des conseillers francophones, privés de Grégory Happart, participant à une rude épreuve sportive à La Réunion.
L’accord tripartite conclu pour «couvrir» la rénovation de la salle paroissiale de Fouron-le-Comte n’a toujours pas été finalisé: il reviendra, modifié, devant le conseil communal
Pour rappel, en 2017, il est apparu que le conseil de fabrique de Fouron-le-Comte avait utilisé des crédits destinés à la rénovation de l’église pour rénover la salle paroissiale attenante. Et quand les crédits supposés aider à la rénovation de l’édifice religieux ont été épuisés, la commune a dû intervenir sous forme de crédit-pont d’1,7 million d’euros. L’opération passait par un accord tripartite entre l’évêché de Hasselt, prié d’intervenir lui aussi; la commune de Fourons; et le conseil de fabrique de Fouron-le-Comte, censé rembourser de crédit-pont notamment par la vente de terrains, et par les recettes d’exploitation de la salle paroissiale.
C’est précisément l’absence de recettes de location qui a interpellé la conseillère R@L (Retour aux Libertés) Clotilde Mailleu, tout comme, notamment, une dépense de 2300 euros prévue pour des… télécommunications.
«Aux termes de l’accord tripartite, la commune doit devenir propriétaire de la salle paroissiale» a commencé par répondre le bourgmestre, Joris Gaens (Voerbelangen), avant d’avouer que cet accord tripartite, annoncé par son prédécesseur, Huub Broers, en octobre 2017, n’est «toujours pas conclu»; qu’il a été «modifié» et qu’il sera soumis pour accord «à un prochain conseil communal».
L’imbroglio dénoncé alors par les élus francophones se prolonge donc. Mais reste la question: pourquoi les recettes de la location de la salle paroissiale ne figurent-elles pas dans les épures budgétaires du conseil de fabrique de Fouron-le-Comte? Joris Gaens a évoqué la pandémie qui font que ces recettes («300 euros la location») «n’ont pas atteint le niveau de 2018».
Les élus francophones n’obtiendront pas plus de précision. Mais se souvenant qu’en juillet 2018, le conseil de fabrique s’était déjà annoncé incapable de rembourser le crédit-pont, ils ont refusé et la modification budgétaire 2021 et le budget 2022 de Fouron-le-Comte. La majorité Voerbelangen, elle, les a approuvés les yeux fermés.
Clotide Mailleu a cité Federico Fellini à l’appui de son appel à l’ouverture
Se référer au cinéaste italien Federico Fellini dans une intervention politique est une démarche rare. Mais Clotilde Mailleu, jeune conseillère communale francophone… et parfaite bilingue, voulait sortir du traditionnel affrontement fouronnais en interpellant le bourgmestre, Joris Gaens (Voerbelangen) pour en appeler à une «ouverture d’esprit… à une autre vision afin d’impliquer tout le monde dans un « vivre ensemble » à Fourons».
Sa référence à Fellini? Une citation –«Une langue différente est une vision différente de la vie»– rappelée par l’élue R@L (Retour aux Liberté). Le contexte? Un appel de la Croix-Rouge aux donneurs de sang et une action de prévention du cancer du sein chez les femmes annoncés uniquement en néerlandais.
«Pourquoi un appel de la Croix-Rouge n’est-il écrit qu’en néerlandais ? Ne serait-il pas utile que les francophones se sentent également concernés ? On entend partout qu’il y a une pénurie de sang, cela ne pourrait-il pas déjà faire partie de la solution ?» a interrogé Clotilde Mailleu. «Bien sûr, vous pouvez comprendre l’essence d’une telle action. Mais jusqu’où pourrions-nous amener les gens s’ils se sentent toujours concernés. Un message, un appel à l’aide dans votre langue maternelle» a-t-elle ajouté, à propos de la prévention du cancer du sein.
«Faisons des actions qui concernent le bien-être de nos habitants dans les deux langues» a-t-elle conclu. «Comment cela pourrait-il être possible? En publiant un bel article dans le bulletin d’information de la commune, sur le site internet, etc.»
Interpellé, le mayeur fouronnais a montré qu’il connaissait le cinéma de Federico Fellini «où la frontière entre les souvenirs et l’imaginaire est souvent difficile à tracer».
Attaché au «patois fouronnais» parlé à une large échelle, Joris Gaen a expliqué que «les frais de traduction coûtent énormément à notre commune» (NB: le prix à payer pour le transfert au Limbourg, en 1962, contre l’avis des populations locales) et ne pas vouloir imposer ce prix à des associations «privées, qui doivent faire beaucoup d’efforts pour rassembler les moyens» de leurs actions.
«Fourons n’est pas une commune bilingue» a insisté Joris Gaens
Quant à des articles dans les deux langues dans le bulletin communal, «je vous rappelle que Fourons n’est pas une commune bilingue mais une commune unilingue flamande avec facilités pour les francophones» a-t-il opposé. Et de conclure qu’en tant que bourgmestre «je ne peux transgresser une loi qui résulte d’un accord politique entre Flamands et Francophones». Le tout sous le regard approbateur de son prédécesseur, Huub Broers, installé dans la tribune réservée au public, et qui n’aurait pas renié un iota de la réponse.
«Je regrette que vous n’opposiez que la loi au rêve de Fourons qui pourrait être un exemple de communes où les deux communautés pourraient vivre ensemble», a déploré Clotilde Mailleu.
Plus avant dans l’ordre du jour, à propos d’un règlement relatif au prêt de jouets de plein air, incluant un terrain de football panna, compresseur compris, l’élue R@L est revenue à la charge en demandant si des formulaires en français seraient disponibles pour les amateurs.
«Je regrette, mais selon la loi linguistique, les formulaires ne doivent pas être traduits» a répondu Joris Gaens. Selon la version flamande, non coordonnée de la loi, pour être tout à fait précis.
«Je retiens que vous aviez dit que vous regrettiez» a conclu, fine mouche, Clotilde Mailleu.
C’était une promesse électorale de Voerbelangen lors de la campagne électorale de 2000, celle qui lui a permis, avec l’appoint des électeurs néerlandais, de renverser la majorité francophone à Fourons: une zone PME allait être aménagée, afin de permettre aux Petites et Moyennes Entreprises (PME) fouronnaises de se développer sur place.
La zone PME sera installé entre les routes de Berneau (photo) et de Warsage. En 2023 au plus tôt, soit 23 ans après la promesse électorale de l’an 2000….
Cette promesse va enfin se concrétiser. Ou du moins, elle se concrétisera en… 2023, si tout se passe au mieux. Car la commune de Fourons n’est propriétaire que de deux des trois parcelles agricoles sur lesquelles doit être aménagée cette zone PME d’une superficie totale de 2,6 hectares, entre les routes de Berneau et de Warsage.
Il reste donc une négociation à mener à bien avec un propriétaire, lequel se retrouve en position de force. De quoi faire éventuellement durer la négociation. Car l’ancien bourgmestre de Fourons, Huub Broers, en réponse à un commentaire sur la page Facebook de son successeur, qui annonçait triomphalement la nouvelle, explique la lenteur (c’est un euphémisme!) du dossier par «un différend juridique autour d’une parcelle dont la commune n’a pas pu se rendre acquéreuse. Il n’y a donc pas eu de laxisme dans son chef.»
«En réalisant cette zone réservée aux PME, nous voulons éviter une certaine dispersion environnementale, en concentrant l’activité économique à un seul endroit» a expliqué le bourgmestre de Fourons, Joris Gaens, à nos confrères du Belang van Limburg. Il est question de l’établissement d’une dizaine de PME, qui porteraient une cinquantaine d’emplois.
Il s’agit aussi, et surtout, pour le mayeur fouronnais, d’enrayer l’exode vers les zonings artisanaux des communes (wallonnes) les plus proches des petites et moyennes entreprises fouronnaises. Il faut dire que, depuis vingt ans, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts de la Voer (ou du Foron) et de la Berwinne: des PME sont apparues et d’autres ont disparu; et un certain nombre d’entre elles ont eu le temps de changer deux ou trois fois de propriétaires. Il en est aussi qui ont émigré, parfois sous la contrainte, parce que langue de l’entrepreneur menuisier n’était pas celle de la majorité communale…
Le projet est soutenu par la province de Limbourg, qui, a précisé le député provincial CD&V Tom Vandeput, prendra en charge les travaux d’étude et fournira les avis juridiques nécessaires, «ce qui est impossible pour une petite commune comme Fourons» a-t-il commenté de manière peut-être un peu condescendante pour son partenaire.
En Flandre, et notamment en province de Limbourg, la tendance générale pousse à la fusion des communes, afin de donner aux pouvoirs locaux les moyens de leur politique. Mais à part avec la minuscule commune de Herstappe, qui a comme elle un statut linguistique particulier, Fourons ne peut fusionner avec aucune entité flamande. Elle devra donc toujours compter sur un soutien provincial qui ne lui a, il est vrai, jamais été mesuré.
Sur le plan local, la nouvelle ne semble pas faire que des heureux dans le voisinage de la future zone PME.
Sur le page Facebook du bourgmestre, certains commentaires évoquent déjà l’augmentation du trafic et du bruit qui découleront de l’aménagement de cette zone.
Joris Gaens temporise: «c’est une réaction compréhensible» a-t-il répondu. « On ne peut pas installer des entreprises à n’importe quel endroit, et celui-là était disponible. Mais nous aménagerons des écrans verts pour amortir le bruit et dissimuler la zone aux regards».
Si rien ne vient encore freiner le projet, les premières entreprises ne viendront s’installer dans cette zone qu’au cours de l’année 2023. Il restera aux Fouronnais(e)s et notamment aux riverains proches un an pour estimer si c’est une bonne… ou une moins bonne nouvelle.
Même si le « temps des gourdins» évoqué dans l’ouvrage «Génération Fourons» (Pierre Ubac (nom collectif; De Boeck Université, 1993) est désormais lointain dans les villages fouronnais, arrachés à la Wallonie et à la province de Liège en 1962, le dossier fouronnais continue à susciter la curiosité.
La preuve par le premier dossier de «L’Histoire continue», l’excellente émission de Bertrand Henne et Hélène Maquet, le samedi matin, sur La Première, qui était consacré aux affrontements violents du début des années 1980 dans la vallée de la Voer (ou du Foron), et du long chemin vers une sortie de crise qui s’est conclue par… la création de la Région bruxelloise, en 1988. Le 9 mars 2020, c’est la VRT qui, en radio, était revenue sur l’épisode qui avait vu un pisciculteur fouronnais, Joseph Snoeck, faire feu sur des manifestants flamingants qui dévastaient la maison sur laquelle il avait eu l’audace d’afficher le drapeau des Fouronnais francophones. Et voici qu’un nouvel ouvrage revient sur ce passé tumultueux: «Fourons, le symbole sacrifié», par Jean-Louis Xhonneux.
Secrétaire général de l’Action fouronnaise, Jean-Louis Xhonneux revient sur la saga qui a agité la vie politique belge dans les année 1980
L’homme est un acteur important de la saga fouronnaise: il est toujours le secrétaire général de l’Action fouronnaise, et un des correspondants les plus fidèles de la Commission permanente de contrôle linguistique… dont la majorité flamande à Fourons se soucie des avis comme un poisson d’une pomme, surtout lors de la fin de «règne» de Huub Broers (Voerbelangen) à l’Administration communale de Fourons. Et nous ne serions pas surpris si, à terme, d’autres auteurs revenaient sur le dossier, mais n’anticipons pas…
Les racines de l’ouvrage de Jean-Louis Xhonneux plongent loin dans l’Histoire, puisque dans une première partie, d’une lecture un peu plus ardue, il évoque l’époque lointaine du comté de Dalhem, rattaché au duché de Brabant à l’époque médiévale, et du duché de Limbourg, qui n’avait rien à voir avec les provinces belge et néerlandaise actuelles du Limbourg. Cette «usurpation d’identité» territoriale est le fait, on l’a bien oublié aujourd’hui, du roi des Provinces-Unies reconstituées après la chute de l’empire napoléonien: Guillaume Ier des Pays-Bas voulait s’afficher en héritier des princes et aristocrates d’Ancien Régime, et le nom du duché disparu de Limbourg, dont le village historique vaut toujours le détour sur les hauteurs de Dolhain, a été ainsi «transféré» à une province dont le chef-lieu était Maastricht, et qui s’est dédoublée après la Révolution belge de 1830.
Le but de l’auteur est de tordre le cou à une légende: il n’y a jamais eu «d’échange» entre les villages fouronnais, à l’extrême-est de la Wallonie, et Mouscron-Comines, transférés de Flandre Occidentale à la province de Hainaut, à l’opposé, le long de la frontière française.
Il rappelle que ce tour de passe-passe a été obtenu par le vote, à une majorité (flamande) simple face à la minorité wallonne, tant à la Chambre qu’au Sénat, alors que, pour renverser cette décision à laquelle la population locale s’est opposée durant quatre décennies dans les urnes, il faudrait désormais une loi à majorité qualifiée, qui recueille notamment la majorité des voix dans chacun des groupes linguistiques de la Chambre. Et voilà comment des votes répétés en 1964, en 1976, en 1982, en 1988, en 1994, et, pour l’élection directe du CPAS, en 2000, en faveur du retour de ces six villages à la province de Liège ont toujours été sciemment ignorés. À l’heure, aujourd’hui, la démocratie est en crise, et où les solutions les plus variées sont proposées pour actionner une «participation citoyenne», il y aurait là matière à large réflexion.
L’ouvrage de Jean-Louis Xhonneux ne va pas au-delà du changement de siècle, qui a vu la majorité francophone renversée par l’opposition flamande, avec le concours des électeurs néerlandais établis à Fourons. Des électeurs dont la participation, rappelle l’auteur, a pulvérisé les records au niveau national!
Il se prolonge simplement par l’affichage des résultats électoraux de 2006,2012, et 2018, qui ont vu la majorité flamande prendre le contrôle aussi du CPAS.
«Huub Broers avait toujours assuré qu’à terme, la solution démographique jouerait en faveur des Flamands» rappelait le journaliste politique de la VRT, Ivan De Vadder, lors de l’émission sus-dite de La Première. Du côté francophone, de façon provocatrice, le terme d’«épuration ethnique» a été plusieurs fois brandi, lors des situations de tensions notamment. La comparaison avec les drames qu’a connus l’ex-Yougoslavie se révèle très discutable.
Nourri de ses propres souvenirs, mais aussi d’une abondante littérature, et de sources de presse, l’ouvrage de Jean-Louis Xhonneux permet à tout lecteur et toute lectrice peu au fait de cet épisode mouvementé de la vie politique belge de la fin du XXe siècle d’en apprendre beaucoup, sous le prisme francophone. C’est notamment l’occasion de vérifier que la «tache d’huile» si fréquemment évoquée par les milieux flamingants pour dénoncer la francisation progressive de la périphérie bruxelloise a été le fait, à Fourons, de fonctionnaires et militants flamands «transférés» dans ces villages à flamandiser à tout prix (cf. les investissements considérables de la Flandre sur place). Et par l’installation de nombreux seconds résidents néerlandais, habilement mobilisés en vue du scrutin communal de 2000.
Les personnes bien au fait du dossier se souviendront de la tempête déclenchée en Flandre par la rencontre impromptue entre le défunt roi Baudouin et un jeune agitateurs appelé José Happart, le 22 mai 1979, à hauteur de la sortie d’autoroute d’Ensival, en région verviétoise. Mais elles seront peut-être étonnées d’apprendre, comme l’auteur de ce blog, que le 27 janvier 1978, des Fouronnais francophones et flamands s’étaient accordés pour créer un «Comité écologique fouronnais» parfaitement bilingue.
Deux jours plus tard, l’initiateur flamand de cette réunion, un enseignant, était convoqué à Hasselt, chef-lieu de la province du Limbourg, et se voyait affirmer, contre toute logique, qu’il n’y avait… pas de francophones à Fourons et que donc un comité bilingue n’avait aucune raison d’être. Rappel de son statut professionnel à la clé, on lui intimait donc l’ordre de saborder l’initiative. Quelques mois plus tard, les «promeneurs» fachos du Taal Aktie Komitee et du Vlaams Militanten Orde, une milice illégale ensuite tardivement interdite, déferlaient sur les Fourons. Sans le moindre souci écologique, on s’en doute…
Émargeant à la fois au plateau de Herve et au Mergelland néerlandais, les paysages touristique fouronnais comptent parmi les plus beaux de Flandre, et, par ricochet des Pays-Bas.
Les touristes sont d’ailleurs très nombreux à visiter les villages de l’entité fouronnaise qui, a-t-on appris au détour d’une réponse du bourgmestre Voerbelangen, Joris Gaens, à une question «sur mesure» d’une des nouvelles élues de son propre parti, Alexandra van Gestel, a révélé que l’offre en hébergement touristique, rapportée à la population autochtone, atteint 53,48% à Fourons, contre 4,27% à Borgloon (Looz); ou 2,19% à Saint-Trond, et 4,65% pour l’ensemble de la province de Limbourg.
La crise sanitaire n’a pas eu d’effet négatif sur le nombre de visiteurs, au contraire: les restrictions aux voyages à l’étranger ont plutôt «boosté» les excursions «surtout d’un jour» en terre fouronnaise.
Tout ceci ne risque-t-il pas de faire des Fourons une espèce de «réserve naturelle», où la population locale devra se plier aux désirs des visiteuses et des visiteurs?
L’Office du tourisme (flamand) de Fourons connaît du succès
«Il faut trouver un équilibre entre le développement touristique et la vie quotidienne dans la commune» a posé Joris Gaens. C’est dans cet esprit qu’un projet de « parc paysager» incluant les six villages de la commune est en gestation: il s’agirait d’y concilier «le tourisme, la récréation, la nature, et l’agriculture». On notera tout de même que parmi les objectifs, seule, l’agriculture vise une (partie de l’)activité quotidienne des Fouronnaises et des Fouronnais.
Bon public, Alexandra van Gestel s’est réjouie de la réponse. On attendra néanmoins de juger sur pièces.
À Schophem, ce n’est pas le passage récent de deux policiers, venus expliquer aux habitants du hameau que les véhicules ne peuvent être stationnés sur les trottoirs mais doivent l’être sur l’étroite chaussée qui a provoqué l’émoi.
Interrogé par Michael Henen, Joris Gaens a précisé que cette visite n’avait pas été ordonnée par le chef (ff) de la zone de police, mais visait à rappeler que «les trottoirs sont réservés aux piétons». Les dispositions à Schophem valent pour toutes les rues rénovées récemment dans le cadre des travaux d’égouttage à Fouron-le-Comte, a précisé le bourgmestre.
De la signalisation ou des marquages «ad hoc», réclamée par le conseiller francophone, pour prévenir les usagers de passage, et notamment les touristes, de la difficulté à se croiser à certains endroits, il n’a pas été question.
Reste à croiser les doigts pour que la tôle froissée ne s’accumule ni à Schophem, ni ailleurs dans l’entité fouronnaise!
Clotilde Mahieu (R@L) avait elle aussi une question pour la majorité fouronnaise: que fait-elle pour lutter contre la prolifération de chats errants, spécialement dans certains villages. La province de Limbourg ne dispose-t-elle pas d’un service spécialisé, demandait-elle, et si oui, peut-on en aviser la population fouronnaise, dans les deux langues bien entendu?
La commune travaille avec la SPRA (Société Royale Protectrice des Animaux) qui se charge de la capture des chats errants, de leur stérilisation, et qui les ramène ensuite sur place, a expliqué le bourgmestre, Joris Gaens. Tout cela pour 1500 euros par an, le coût de l’affiliation de la commune à la SPRA.
«Les personnes incommodées peuvent avertir le service Environnement de la commune» a-t-il conclu, en annonçant que la procédure sera rappelée dans un prochain bulletin communal, «entièrement traduit, comme vous le savez».
Depuis la réalisation de grands travaux à Fouron-le-Comte, le passage est difficile dans la partie rétrécie de Pley, a soulevé le conseiller francophone Michael Henen. «Les automobilistes hésitent parfois sur l’attitude à adopter, et comme parfois le croisement est difficile, certains roulent sur les trottoirs» a-t-il observé. La difficulté se complique encore quand l’un des usagers est au volant d’un autobus, d’un camion, ou d’un tracteur…
Des mesures ont déjà été prises sur place, avec le placement de panneaux, «et une limitation de la vitesse à 30 à l’heure» a expliqué le bourgmestre, Joris Gaens.
«Le but d’un rétrécissement de la chaussée est d’ailleurs d’abaisser la vitesse» a-t-il ajouté, en relevant que les Fouronnais(es) ou les usagers de passage ont le pied lourd: «en moyenne, lorsqu’on flashe, on relève 20% d’infractions, contre 10% dans les autres communes».
La circulation sur les trottoirs est interdite, a-t-il rappelé, concédant toutefois que le passage est difficile pour les conducteurs d’autobus, de camions ou de tracteurs, «de plus en plus grands». Mais avant de penser à d’autres mesures, comme le placement de piquets le long des trottoirs, il veut laisser passer un temps d’adaptation, et compte sur la civilité «et la jovialité» des usagers.
La réponse rencontre l’agrément de l’intervenant… mais aussi un relatif pessimisme quand à la civilité des usagers «dont j’ai vu certains emprunter les trottoirs». Pour ce qui est du placement éventuel de piquets Clotlide Mahieu (R@L) en verrait bien «à proximité du night-shop», dont des clients se garent souvent» sur ces trottoirs
En verve, l’opposition francophone a interpellé abondamment la majorité flamande, en début de conseil communal ce jeudi.
L’élu Michael Henen s’est inquiété notamment de l’absence d’intérêt –«dix personnes branchées au maximum» – pour les réunions en visioconférence du conseil communal. Tout est-il fait pour susciter cet intérêt? a-t-il demandé. Ne pourrait-on le stimuler, par exemple en publiant plus tôt le lien vers la diffusion du conseil communal? Et en utilisant la page Facebook de la commune pour lui donner un maximum de publicité?
Pourquoi pas utiliser la page Facebook de la commune pour susciter de l’intérêt pour le conseil communal, a demandé Michael Henen
«Comme toutes les communes du pays, Fourons a dû s’adapter de manière flexible à la pandémie de Covid-19» a répondu le bourgmestre Voerbelangen, Joris Gaens.
Les conseils communaux se déroulent donc en visioconférence, «mais nous espérons pouvoir nous réunir à nouveau physiquement en août» a-t-il ajouté, se référant à une réponse à une autre question de l’opposition, posée par Grégory Happart: pour l’heure, 1440 Fouronnais(es) ont reçu leur première dose de vaccin, essentiellement de l’Astra Zeneca, soit 41,93% de la population, et 242 (7,05%) sont complètement vacciné(e)s. Mais 89,03% des 65-84 ans sont déjà vaccinés et même… 107,41% des plus de 85 ans! La planification prévoit une accélération d’ici à la mi-juillet, et à la fin août, tou(te)s les Fouronnais(es) qui le souhaitent auront été vacciné(e)s.
Des personnes déjà vaccinées sur leur lieu de travail ont même été convoquées, comme l’avait signalé le conseiller d’opposition, «mais on n’est pas toujours informé de cette vaccination. Et mieux vaut que l’administration suive la population de près» a estimé le mayeur fouronnais
Pour en revenir aux suggestions de Michael Hennen, il serait possible de rendre le lien plus rapidement public, «mais quand nous nous réunissons physiquement, il y a rarement dix personnes» a relevé Joris Gaens. Quant à la page Facebook, «nous l’avons utilisée pour inviter toutes les personnes intéressées à la réunion du conseil de l’Environnement, où étaient discutées les mesures de lutte contre le réchauffement, un sujet fort actuel. Seules, trois personnes extérieures à ce conseil se sont jointes à la discussion»…
Pas de quoi se décourager pourtant: depuis que le conseil se réunit par visioconférence, il suscite l’intérêt constant et assez insolite d’une professeure de la Vrije Universiteit Brussel, l’université flamande libre de Bruxelles. De là à prévoir le débarquement d’un car d’étudiant(e)s lors d’un prochain conseil communal à Fourons…
L’accord tripartite conclu le 10 décembre 2019 entre l’évêché de Hasselt, la commune de Fourons, et le conseil de fabrique de Fouron-le-Comte était censé sortir de l’impasse créée par l’utilisation, par ce conseil de fabrique, de subsides destinés à la rénovation de l’église saint Lambert pour remettre à neuf la salle paroissiale attenante. La rénovation de l’église a été interrompue, mais des sommes avaient été engagées que le conseil de fabrique ne pouvait plus honorer. La commune lui a alors accordé un crédit-pont de 1,7 million d’euros, que le conseil de fabrique devait rembourser à raison de traites trimestrielles de 12976,73 euros pendant vingt ans. Un effort financier au-delà de ses possibilités: l’évêché de Hasselt a accordé au conseil de fabrique un prêt sans intérêt de 100000 euros et le conseil de fabrique a fait don de la salle paroissiale à la commune, par l’accord tripartite du 10 décembre 2019: l’opération a été approuvée, majorité flamande contre opposition francophone le 7 mai 2020. Mais tout ne semble pas encore réglé comme sur du papier à musique
On s’en est rendu compte, ce jeudi soir, quand le compte 2020 de la fabrique d’église de Fouron-le-Comte a été soumis au conseil communal de Fourons.
Devenue communale, la salle paroissiale de Fouron-le-Comte reste appelée salle… paroissiale
«Depuis 2020, la salle paroissiale est propriété de la commune… ce qui n’empêche pas qu’elle est toujours dénommée salle paroissiale» a soulevé l’échevin francophone, Jean Levaux, en annonçant le vote négatif de son groupe.
Mais surtout, aucune recette et aucune dépense relative à cette salle paroissiale n’apparaît au compte de 2020, alors que des locations étaient possibles au moins jusqu’à l’instauration du confinement à la fin mars . «Où figurent ces recettes de location?» qui devraient être transférées à la commune, a-t-il interrogé.
Embarrassé, le bourgmestre, Joris Gaens, a renvoyé la patate chaude à l’échevin responsable: William Nijssen est resté silencieux, et c’est la directrice financière de la commune, Hanne Muermans, qui a expliqué à Jean Levaux «qu’aucune recette et aucune dépense relatives à la salle paroissiale ne figurent dans le compte 2020 de la fabrique d’église, et ne figuraient d’ailleurs pas non plus dans son budget 2020», rentré tardivement.
De toute manière, en raison de la pandémie, il n’y a guère eu de locations en 2020, a ajouté la directrice financière. Mais Jean Levaux a rappelé qu’il y en avait eu quelques-unes, et que leur produit n’apparaît nulle part: qui donc en a bénéficié?
Le bourgmestre, Joris Gaens, a promis de transmettre à l’échevin le relevé des locations de la-dite salle en 2020, «qui nous est transmis en toute transparence». Mais globalement, le flou subsiste.
Et ce n’était d’ailleurs pas la soirée de l’échevin Nijssen, qui a voté l’approbation du compte du conseil de fabrique de Fouron-Saint-Martin, dont… il est membre. Se rendant compte qu’on ne peut être contrôleur et contrôlé, le président du conseil, Rik Tomsin, a fait revoter le point en fin de séance publique. Sans l’échevin qui, du coup, a pu couper sa connexion avant tout le monde!
«Le but de ma proposition est de prévenir plutôt que de sanctionner» avait pourtant prévenu l’élu R@L (Retour aux Libertés) Michael Henen, en proposant au conseil communal de Fourons le vote d’un règlement communal imposant aux cyclistes d’équiper leur vélo d’une sonnette audible à vingt mètres.
Pourquoi cette proposition? «L’affluence de touristes, cyclistes ou piétons, depuis le début de la pandémie» avait argumenté le conseiller francophone d’opposition. Une affluence qui pose parfois des problèmes de «cohabitation». Et puis le souvenir de l’incident largement commenté sur les réseaux sociaux, ce dernier hiver, lorsqu’un cycliste a malencontreusement heurté une fillette du genou et l’a renversée, sans gravité heureusement, dans les Hautes Fagnes.
Pareil incident pourrait se répéter sur les promenades fouronnaises, a-t-il argumenté.
Le mayeur Voerbelangen, Joris Gaens, suivant une technique désormais bien éprouvée, a remercié Michael Henen pour sa proposition «sympathique».
Sympathique, oui, mais inapplicable, a-t-il embrayé tout de suite, en précisant qu’il l’avait soumise au chef de corps (ff) de la zone de police fouronnaise. Et que la conclusion de cette concertation était que pareil règlement communal ne pouvait être imaginé, à la fois parce que «les habitants extérieurs à Fourons ne pourraient pas le connaître» et parce que l’affluence évoquée par le conseiller francophone conduiraient les cyclistes «à sonner tout le temps» en promenade, et qu’on ne saurait donc définir si c’est à bon escient ou non.
Un règlement dont on ne peut vérifier le respect est un règlement inefficace, a-t-il conclu. Et la majorité a embrayé, en rejetant la suggestion qui lui était faite.
On peut admettre le raisonnement du mayeur fouronnais… mais pas sa conclusion, et encore moins celle du chef (ff) de la police.
La proposition de Michael Henen peut sembler superflue: l’article 82.2 de l’arrêté royal du 1er décembre 1975 «portant règlement général sur la police de la circulation routière [et de l’usage de la voie publique]», auquel il se référait , précise déjà que «les cycles doivent être équipés d’un avertisseur sonore constitué par une sonnette pouvant être entendue à une distance de 20 mètres».
Tous les cyclistes, originaires ou non de Fourons, sont censés respecter cet arrêté royal. Et la police fouronnaise pourrait déjà sanctionner le défaut de sonnette sur les vélos des promeneurs, même si, à l’achat, ces bicyclettes en sont normalement dépourvues. L’estompement de la norme ne doit pas effacer la norme elle-même…
Cela posé, la disposition du code de la route ne précise pas qu’il doit être fait usage de cette sonnette: le législateur comptait peut-être sur le bon sens des cyclistes. En proposant ce règlement communal, Michael Henen estimait sans doute que ce qui va sans dire va mieux en le disant.
Trop bien et mal assuré?
Bizarrement, pour le mini-tracteur-tondeuse acquis par la Commune (17500 euros TVA comprise), et qui sera mis à disposition des clubs sportifs, c’est un excès de précaution qui a été pris.
L’engin, a relevé Michael Henen, sera assuré contre le… bris de vitres, alors qu’il en est dépourvu. Ne serait-il dès lors pas possible de revoir le contrat et de faire baisser la prime?
«la clause fait partie des clauses générales des contrats d’assurance de la commune» a éludé le bourgmestre, tandis que le président du conseil, Rik Tomsin, évoquait les projections possibles de pierres par l’engin, qui pourraient casser des carreaux à l’entour… ce que ne couvre pas l’assurance en bris de vitre.
Reste la question de l’assurance des conducteurs de l’engin, délégués par les clubs sportifs, soulevée par l’échevin francophone Jean Levaux.
Et, de manière plus générale, le coup de pouce supplémentaire apporté ainsi aux clubs sportifs, consultés (?) sur le choix de l’engin, alors que les associations socio-culturelles, tout aussi mise sous pression par la pandémie, doivent se contenter du maintien du subside communal à tou(te)s les clubs et associations, a encore relevé l’opposition francophone…