David Stans est le nouveau permanent du Centre sportif et culturel fouronnais

David Stans va prendre sa fonction de permanent du Centre culturel et sportif de Fouron-Saint-Martin dès ce prochain lundi

Changement, ce prochain lundi, au Centre culturel et sportif de Fouron-Saint-Martin: David Stans, 39 ans, va prendre sa fonction de nouveau permanent.
«J’arrive dans un contexte qui n’est pas évident», explique-t-il. Les élections européennes, fédérales, communautaires et régionales se dérouleront le 9 juin prochain, puis l’élection communale du 13 octobre.
«Il faudra voir combien de temps il faudra pour constituer des gouvernements, dont on ne connaît évidemment pas encore la constitution. On recevra bien sûr des tranches de subsides dans l’intervalle, mais il est difficile de bâtir des perspectives à long terme».
Et des projets à long terme, David Stans en a déjà: «il nous faut d’abord stabiliser ce qui existe, et notamment relancer la Fête du Peuple fouronnais sous une forme à définir. Dynamiser l’école, en profitant par exemple des opportunités que peut nous offrir la ferme pédagogique voisine. Et pourquoi pas, en y introduisant des cours de néerlandais plus poussés. Manière de montrer aux responsables politiques flamands, locaux en particulier, que le Centre culturel francophone ne veut pas la confrontation, mais la cohabitation… pour autant qu’ils pratiquent un principe d’équité, et que les droits des Fouronnais francophones soient respectés et les mêmes que les Fouronnais flamands. Ce qui n’est pas acquis d’avance».

Mais comment cet habitant de Mortroux, originaire d’Aubin-Neufchâteau («J’ai toujours grandi à côté des Fourons, avec un papa enseignant, attaché à la défense de la Culture française», sourit-il) s’est-il retrouvé dans la peau de permanent de l’Action fouronnaise?
«Cela remonte loin», narre-t-il. «Quand j’étais en dernière année d’humanités, mon travail de fin d’études secondaire en néerlandais portait… sur les Fourons. Je suis allé me renseigner à l’université auprès de Pierre Verjans. Dans la foulée, je me suis inscrit en sciences politiques, où j’ai notamment eu aussi des cours de linguistique prodigués par Armel Wynants. Une fois mon diplôme acquis, j’ai entamé un doctorat, dont la thèse portait sur… le contrôle des Services de renseignement».
L’entrée dans la vie professionnelle passe par un poste d’assistant à l’université de Liège, puis il part dans la Sécurité privée, où dans un centre de formation des futurs agents, il peaufine l’aspect pédagogique de sa fonction.
Il «bascule» ensuite à la présidence du Sénat, alors exercée par Christine Defraigne, «au moment où cette assemblée se transformait en assemblée des Régions».
Un (court) retour à l’université lui permet de réfléchir à ce qu’il faisait: «j’en avais un peu assez de théoriser les choses: j’avais besoin de plus de concret».

Il passe alors à la présidence du MR et en même temps à la Chambre des représentants, «au niveau des commissions».
S’il ne cache pas ses attaches libérales, David Stans précise qu’il «a toujours maintenu une frontière entre (ses) matières universitaires et (sa) profession».
«J’ai notamment éclairé André Flahaut (PS) pour un projet de loi; je me suis intéressé à des initiatives de Georges Dallemagne (Les Engagés) en matière de sécurité; ou j’ai essayé de collaborer à Etopia», le think tank namurois qui rassemble des militants écologistes, des chercheurs-associés et chercheuses-associées, des formateur·trices et des acteur·trices du changement «même s’il n’en est pas sorti grand chose», explique-t-il.
Mais l’essentiel, dans cette période, ce sont peut-être les rencontres qu’il a faites, les contacts qu’il a noués.

Les circonstances de la vie – un divorce; une petite fille, aujourd’hui âgée de 7 ans, en garde alternée; des parents qui prennent de l’âge – lui rendent à l’époque pesants les déplacements quotidiens à Bruxelles. Il effectue alors, il y a presque quatre ans, son «retour à Liège», à la province, dont deux années au service du député provincial André Denis, avec un focus sur l’agriculture, la ruralité et le laboratoire provincial.
«Cela m’a permis plus de contacts avec les citoyens, car à la Chambre, on peut travailler des heures et des heures sur un sujet, sans jamais en voir la réalisation concrète» relate-t-il.
Puis il prend connaissance de l’avis de recrutement du Centre culturel et sportif fouronnais, «et je me suis dit qu’avec mon expérience en politique, avec mon expérience en pédagogie et en ressources humaines, mon action pourrait avoir un impact direct pour les citoyens, et notamment pour la région où je vis, et pour laquelle j’avais toujours travaillé de loin ou en marge, par exemple comme chef scout, vice-président de la jeunesse aubinoise ou, après mes études, comme stagiaire à l’Awex (Agence wallonne à l’exportation).».
Les initiatives concrètes ne lui manqueront pas à Fourons, «de l’aide au remplissage à des déclarations fiscales au montage à un projet de subsides; de la dynamisation de l’école et de la bibliothèque à la sauvegarde d’emplois APE (NDLR: emplois du secteur non-marchand soutenus par des subsides)».

»Une base remarquable: les trente ans qu’y a passés Bernard Liégeois»


«Je dois encore découvrir la fonction, mais il y a une base remarquable avec les trente ans qu’y a passés Bernard Liégeois», explique-t-il. «C’est sur cette base qu’il faut redynamiser l’ensemble, avec le sport, qui est une école de vie, et avec la culture. Je dois dire que j’ai été soufflé par le nombre et le succès des activités culturelles qui se déroulent à Fourons!».
Et puis il y a des défis auxquels faire face, «en premier lieu l’explosion des coûts: coûts des rénovations à effectuer, coûts énergétiques, coûts du personnel».

Et, en face, des politiques qui disent «travailler avec des enveloppes fermées» et «des élections qui arrivent». Après lesquelles, conclut David Stans «il faudra communiquer, quel qu’en soit le résultat».
Et peut-être, après le scrutin communal, «aller vers la commune, soit pour avoir de bonnes nouvelles, soit pour démontrer que les Fouronnais francophones ne sont pas dans la véhémence, comme des Fouronnais flamands aiment à le dire. J’aimerais faire comprendre aux Fouronnais flamands que défendre la Culture française, ce n’est pas s’attaquer à eux, mais demander à ce que les droits de chacun soient respectés».

Une séance au pas de charge!

Quinze minutes, montre en main, pour «expédier» un ordre du jour qui ne comptait que neuf points, ou plutôt huit, puisque aucun(e) élu(e) n’avait transmis de questions à aborder en ouverture de séance: les élu(e)s fouronnais(e)s n’ont pas traîné ce jeudi pour prendre leurs décisions, essentiellement administratives.

À l’unanimité (même si le vote de Grégory Happart (R@L) est, conformément à une «tradition» ancrée depuis le début de la mandature, toujours considéré comme nul), l’achat de deux nouveaux serveurs pour l’Administration communale a ainsi été décidé.

Un nouvel accord de collaboration avec l’association paysagère régionale Hesbaye-Fourons a également été approuvé. Comme l’a rappelé le bourgmestre, Joris Gaens (Voerbelangen), un premier accord avec cette association avait été conclu, avant le dépôt de la candidature du parc paysager «Bocage sans frontières», qui a été reconnu par la Région flamande, subside de 30000 euros à la clé. Un autre subside de 30000 euros doit suivre, qui doit couvrir la période s’étendant de la reconnaissance à l’entrée en service effective du projet. Ce qui suppose apporter des précisions sur la mise en œuvre du Parc paysager régional, qui englobe des communes wallonnes et néerlandaises, voisines de Fourons, et nécessite «des traductions» a poursuivi Joris Gaens. D’où ce nouvel accord. Un nouveau subside viendra plus tard, pour financer un poste de coordinateur, a conclu le bourgmestre fouronnais.

Les subsides futurs, par exemple pour des travaux d’égouttage, dépendront d’une plate-forme de gestion de l’eau de pluie et de la sécheresse

Toujours unanimement, l’adhésion à une plate-forme numérique, qui permettra d’accélérer la fournitures d’informations à toute personne intéressée par la vente ou l’achat de parcelles de terrain a reçu également le feu vert de l’assemblée fouronnaise. Comme l’élaboration par un service de Fluvius, d’un plan relatif à la gestion tant de l’eau de pluie que de la sécheresse. Ce plan participatif «qui a impliqué plusieurs associations concernées et notamment le Conseil consultatif de l’Environnement» a signalé l’échevine Yolanda Daems (Voerbelangen), s’inscrit dans une initiative de la Région flamande, qui veut gérer les deux problèmes. Tout futur subside relatif à des questions relatives à l’eau, notamment en matière d’égouttage, passera par ce canal, a relevé l’échevin.

Il a enfin été question de la zone PME en cours d’aménagement route de Warsage: il sera possible d’y acquérir soit des terrains, soit de petites infrastructure destinées aux TPE (Toute petite entreprise) fouronnaises.

Donner la parole aux Fouronnais(e)s mais après 2024 surtout?

Les Fouronnaises et les Fouronnais pourront dorénavant formuler des propositions visant à améliorer l’habitabilité de leur village: c’est le sens du feu vert donné par le dernier conseil communal de l’année, auquel Steven Heusschen (Voerbelangen) et Benoît Houbiers (R@L) n’ont pu participer, au règlement relatif au «budget citoyen».

Ce règlement prévoit la mise à disposition d’une somme de 15000 euros. L’échevin francophone, Jean Levaux, s’est inquiété de la possibilité pour des francophones d’y accéder dans leur langue. «Comme d’habitude, nous nous adressons aux citoyens dans leur langue» a précisé le bourgmestre, Joris Gaens (Voerbelangen).

La proposition a été adoptée par la majorité Voerbelangen et l’opposition francophone R@L. Le conseiller flamand indépendant, Rik Tomsin, s’y est, lui, opposé, même s’il avait plaidé précédemment l’introduction d’un tel mécanisme.

L’ex-président du conseil communal a tenté en vain de faire reporter l’examen de ce point, avec l’appui des francophones après une suspension de séance qu’ils avaient sollicitée. Parmi une multitude de considérants, il soulignait l’absence de plate-forme numérique permettant aux Fouronnaises et aux Fouronnais de voter eux-mêmes sur ce budget citoyen; l’impossibilité de proposer des projets qui dépasseraient les limites villageoises; ou la «politisation» des commissions consultatives communales, impliquées dans le processus.

«Ce règlement n’est pas tombé du ciel: il s’inspire de règlements en vigueur dans une série de communes qui ont déjà enclenché pareil mécanisme» lui a répliqué Joris Gaens. Pour ce qui est des commissions consultatives, la présence d’élu(e)s permet de fournir des informations utiles à la réflexion, a ajouté le bourgmestre. «Je ne vous ai jamais vu à une seule de ces réunions» a-t-il poursuivi, «vous vous seriez rendu compte qu’il n’y avait pas d’influence politique. Et si nous nous abstenions d’être présents, vous critiqueriez sans doute cette absence.»

Il y avait une certaine urgence, afin de permettre aux habitants de Mouland de formuler des propositions dans l’aménagement de leur village, a poursuivi Joris Gaens, qui a néanmoins convenu que ce règlement ne sortira vraiment ses pleins effets qu’après les élections communales du 13 octobre 2024

Dans un ordre du jour assez chargé, on retiendra que les travaux d’égouttage à Teuven, estimés au départ en 2021 à 350000 euros, puis passés à 385000 euros en 2023, vont sans doute requérir… 170000 euros supplémentaires.

La facture des travaux d’égouttage ne cesse de croître à Teuven… mais le bureau d’étude chargé du projet a commis des erreurs. De quoi récupérer une partie de l’augmentation?

Comment l’expliquer? L’échevin responsable, Yolanda Daems (Voerbelangen) évoque un revêtement de sol plus dégradé de prévu par la pose des conduites; l’humidité extrême qui règne depuis des mois; un sous-sol qui a révélé de (mauvaises) surprises et… des erreurs du bureau d’études en charge du dossier.

Clotilde Mailleu (R@L) s’est interrogée: une compensation financière ne peut-elle être exigée du bureau d’études? «On l’espère, avec le soutien d’Aquafin (l’intercommunale flamande de gestion des eaux)», a répondu l’échevine qui, réinterrogée par l’élue francophone a précisé que ce bureau d’études n’intervenait pas dans d’autres chantiers.

Le petit pont par lequel les voitures stationnées au pied du viaduc ferroviaire à Fouron-Saint-Martin supportera-t-il le trafic automobile? s’est interrogé l’échevin Jean Levaux (cf. ci-dessous)

L’assemblée a aussi approuvé à l’unanimité l’achat d’un nouvel épandeur de sel. 25000 euros sont programmés pour cet achat, dont l’intérêt est double: l’autre épandeur, acheté récemment, fonctionne parfaitement; et cette deuxième acquisition permettra de se passer d’un engin plus ancien et moins efficace.

La route Middelhof-Bounder a besoin d’une réparation urgente, sur laquelle le conseil communal a marqué son accord. Il en coûtera plus de 440000 euros, TVA comprise. Des ralentisseurs y seront installés, afin de ramener la vitesse maximale de 70 à 50kms/h.

Toutes ces opérations ont donné lieu à une nouvelle modification du plan financier pluriannuel, qui ne laissera plus en 2024 qu’un résultat positif de 239785 euros, avec une marge d’autofinancement de 411961 euros. L’opposition francophone s’est opposée à cette modification d’un plan «qui ne reflète pas nos options» a expliqué l’échevin Jean Levaux.

Parking de Fouron-Saint-Martin: objections francophones
Un point technique relatif au futur parking de Fouron-Saint-Martin, qui accueillera 35 voitures au pied du viaduc ferroviaire a permis à l'échevin Jean Levaux de lever plusieurs objections de fond au projet. «Ce parking sera créé sur un terrain qui n'appartient pas à la commune, sous un viaduc construit pendant la Première Guerre mondiale» a-t-il rappelé, en soulignant les risques de chutes de pierre sur les véhicules. La zone est inondable a-t-il poursuivi, et l'aménagement d'un parking pourrait susciter des coulées de boue.
Autres points d'attention soulevés par l'échevin: l'état du petit pont par lequel les véhicules sortiront; l'augmentation du trafic rue Sous-le-Viaduc; et au bout de la rue «où des accidents se sont déjà produits». Sans oublier l'absence d'éclairage et d'installations sanitaires. Alors que des alternatives sont possibles à proximité du cimetière et plus loin, mais pas loin du centre du village, à Veurs, où des bus circulent et peuvent emmener les touristes.
Sur le premier point, le bourgmestre, Joris Gaens (Voerbelangen) a insisté sur l'accord au long cours entre la commune et Infrabel, propriétaire du terrain. Plus avant, sur le risque d'inondations ou l'état du petit pont «installé pour des engins agricoles», des études seront menées. Des sanitaires ou de l'éclairage? On peut y penser plus avant dans la suite du dossier. Et l'hypothèse du parking près du cimetière peut toujours s'envisager. Au vote, l'opposition francophone n'a pas suffi face à la majorité Voerbelangen, rejointe par le conseiller indépendant, Rik Tomsin.

Parking de Fouron-Saint-Martin: c’est reparti!

En l’absence de l’échevin francophone, Jean Levaux, hospitalisé et à qui nous souhaitons un prompt rétablissement, l’opposition francophone n’a pas posé de questions mais a voté contre la proposition d’accord avec Infrabel, qui met à la disposition de la commune, à partir du 1er août 2024, la portion de terrain sur laquelle est prévu un parking, au pied du viaduc du chemin de fer, à Fouron-Saint-Martin.

La commune se voit offrir «l’occupation précaire» de ce terrain, il lui en coûtera simplement 50 euros de frais de dossier.

C’est une première étape. Il faudra ensuite recommencer l’enquête publique, qui n’avait pas été menée à terme, en juillet dernier, faute de quorum au conseil communal. À la différence près, cette fois, que l’accord avec l’exploitant du réseau ferroviaire belge aura été conclu au préalable. Le dossier reviendra sans doute plusieurs fois devant l’assemblée.

Dans cette séance menée au pas de charge, on retiendra l’exposé succinct, fait par l’échevine Yolanda Daems (Voerbelangen) de l’assemblée générale de Fluvius, à laquelle elle a assisté.

Des cabines électriques modernes remplaceront des installations vieillissantes: ce ne sera pas du luxe!

Des cabines électriques modernes seront installées dans la commune, a-t-elle signalé, tandis que les travaux d’égouttage se poursuivront. Ils seront abordés par les élu(e)s fouronnais(e)s le 21 décembre prochain.

Mais déjà ce jeudi, la poursuite de l’égouttage à Driesch a été approuvée: il en coûtera 468866,07 euros, TVA comprise. L’enfouissement éventuel des câbles électriques n’est pas compris dans ce montant, a précisé l’échevine Daems, en ajoutant qu’il sera veillé aux places de parking ainsi qu’au «verdissement» des rues.

Toujours à Driesch, l’achat d’une parcelle, et l’échange d’une parcelle publique contre une parcelle privée, moyennant une soulte de 11000 euros ont été approuvés: ces opérations s’inscrivent toutes deux dans le cadre de l’aménagement d’une promenade le long de la Berwinne.

Égouttage encore: celui de la future zone PME de la rue de Warsage: dont coût de 21927 euros.

Insolite: le règlement sur les mariages qui datait de 2015, a été adapté. Le choix musical des époux leur sera plus largement laissé, et ils auront aussi la possibilité de personnaliser la cérémonie, qui durera au maximum une demi-heure. Par contre, on demandera qu’il ne soit plus… jeté de riz à la sortie de la Maison communale: par temps de pluie, cela peut être glissant, a-t-on entendu.

Reporté le mois précédent à la suite d’une intervention du conseiller indépendant Rik Tomsin, l’achat d’une caméra a cette fois été approuvé. Le coût est resté identique (18513,96 euros TVA comprise) et l’entretien annuel sera toujours facturé à 2235,44 euros TVA comprise. La seule différence par rapport au mois dernier, est qu’un subside de 7500 euros soutiendra l’achat. Rik Tomsin est resté muet, cette fois, pendant toute la séance. Mais il a été le seul à s’opposer à l’opération.

Le budget de la zone de police unicommunale fouronnaise a été approuvé. L’intervention communale y est de 269000 euros. Un inspecteur sera détaché de la zone au 1er janvier, a annoncé le bourgmestre, Joris Gaens (Voerbelangen), mais il n’y aura pas d’engagement compensatoire. Par contre, un véhicule d’intervention sera acquis. Grégory Happart et Chantal Lebeau (R@L) ont refusé leur approbation à ce budget.

Les rues seront à nouveau éclairées la nuit

L’annonce en avait été faite lors de la précédente réunion du conseil communal de Fourons, la décision a été approuvée à l’unanimité des membres présents ce jeudi (seule, Alexandra van Gestel (Voerbelangen) était absente et excusée): l’éclairage nocturne sera rétabli dans les rues des six villages… dès que possible.

La demande en sera faite à Fluvius, le distributeur d’électricité, à charge pour lui de vérifier la possibilité technique de procéder à l’opération. On se souvient en effet que, lorsque la décision avait été prise, le 26 octobre 2022, sur proposition de Grégory Happart (R@L) d’éteindre les luminaires la nuit, il fallait coordonner l’action avec la commune voisine d’Aubel. Cette nécessité existe-t-elle toujours aujourd’hui? On le verra à l’expérience. Cette extinction nocturne a néanmoins permis à la Commune d’épargner 32396 euros sur sa facture d’électricité. Mais il semble qu’un certain sentiment d’insécurité régnait désormais, d’où la décision en sens inverse.

La nuit, non seulement les bâtiments remarquables, mais les rues des villages fouronnais seront éclairés

L’échevin francophone Jean Levaux en a profité pour demander combien de luminaires étaient désormais équipés de LEDS, nettement moins énergivores. «Il y en a 30%» a expliqué l’échevine Yolanda Daems (Voerbelangen), « et la couverture totale est prévue pour 2028». Pour répondre à une autre question de son collègue du collège communal, elle a encore précisé que les remplacements de luminaires suivaient les travaux d’égouttage en cours dans les villages fouronnais.

Classiquement, la séance s’était ouverte par une question du conseiller indépendant Rik Tomsin au bourgmestre, tournant une nouvelle fois sur la participation. Mais c’est surtout sur le point relatif à l’achat d’une caméra que l’ancien président Voerbelangen du conseil communal a marqué un point.

C’est qu’il semble particulièrement bien connaître ce dossier: sur une de ses questions techniques, le bourgmestre, Joris Gaens (Voerbelangen) a avoué ne pouvoir donner une réponse immédiate.

Rik Tomsin a aussi relevé qu’une seule firme avait pu rentrer une offre, et que la caméra coûte fort cher: 18153,96 euros TVA comprise. Plus un montant annuel de 2235,44 euros TVA comprise pour son entretien.

Joris Gaens a souligné que l’achat se faisait en coordination avec la zone de police, mais que les associations fouronnaises pourraient utiliser la caméra. Mais quand Rik Tomsin a proposé de reporter le point à la réunion du 24 novembre, le bourgmestre ne s’y est pas opposé. Et le conseil unanime a suivi la proposition du dissident.

La séance a permis aussi aux conseillères et conseillers de prendre acte des budgets 2024 des fabriques d’église ou de voter sur les budgets à propos desquelles des remarques avaient été formulées. Les interventions communales se chiffrent à 15.551,53 euros pour Teuven; 25010,25 euros pour Mouland; 13157,64 euros à l’ordinaire et 15104 euros pour les investissements à Remersdael; 29404,12 euros à Fouron-le-Comte; 3733,31 euros à Fouron-Saint-Martin; et 31476,10 euros à Fouron-Saint-Pierre. Soit un total de 108426,7 euros.

Gros sous encore pour la zone de secours (pompiers) du Limbourg-Est, à laquelle Fourons est affiliée: sa part dans le budget n’est que de 1,24%, mais elle subit une hausse de 2% due à l’inflation: il lui en coûtera en 2024 172763,06 euros. Les additions… s’additionnent!

Les francophones se souviennent et rappellent leurs revendications

Il y a trois ans que l’événement n’avait plus eu lieu, pour cause de pandémie: la 45eme Fête du Peuple fouronnais s’est déroulée ce samedi dans un Centre sportif et culturel de Fouron-Saint-Martin archi-comble.

C’était l’occasion de rappeler le soixantième anniversaire du transfert forcé des six villages de l’entité fouronnaise de la province de Liège à celle du Limbourg. «Une annexion» a dénoncé José Happart, président de l’Action fouronnaise, dans son discours inaugural, et seule intervention politique de la soirée.

Nico Droeven en «Monsieur Loyal» de la Fête

Car cette Fête a pris un tournant cette année. Plutôt qu’une série de discours politiques, plus ou moins écoutés poliment, la soirée avait pris la forme d’une évocation historique et musicale de ces six décennies, imaginée par Nico Droeven, ancien bourgmestre et ancien président du CPAS de Fourons.

En fait de représentants politiques, soit dit au passage, seul Frédéric Daerden (PS), ministre du Budget de la Fédération Wallonie-Bruxelles, était présent à la soirée. Le ministre-président du même gouvernement, le hervien Pierre-Yves Jeholet (MR), s’était désisté, quelques heures avant le début de la Fête.

Nico Droeven n’a rien omis dans son survol historique, entamé avant même le «clichage» de la frontière linguistique, en 1962. Le Centre Harmel, qui avait préparé l’opération dans les années 1950, avait envisagé pour les six villages fouronnais un statut bilingue, après consultation des autorités locales, a-t-il rappelé. On sait ce qu’il en est advenu.

Puis vient le projet de loi Gilson, fixant la frontière linguistique. Avec un troc entre les villages à majorité socialiste de la vallée du Geer contre les villages fouronnais à majorité sociale-chrétienne, comme l’a dit José Happart dans son discours introductif? La thèse est contestée…

Le ministre Gilson se verra vilipender dans les Fourons, avec une Marseillaise particulière, chantée sur place ce samedi.

Car le récit de Nico Droeven, dénonçant la «défrancisation» continue des Fourons, était entrecoupé de nombreuses interventions musicales, de grande qualité, de quelque soixante musiciens, de l’Harmonie Saint-Martin et des harmonies de Teuven-Remersdael réunies, dirigées alternativement par les deux chefs de musique.

Le message politique, qui a rappelé les manifestations violentes des milices privées flamingantes du début des années 1980, le «carrousel fouronnais» destiné à priver José Happart du mayorat et qui a fait tomber un gouvernement Martens, ou le changement de majorité avec l’aide active des Néerlandais en l’an 2000, n’a ainsi pas versé dans la complainte, avec un survol des succès des années 1960 à aujourdhui. Avec Jacques Brel pour lancer la série, puis notamment Yves Montand, Hervé Vilard, France Gall, ou Serge Lama, et… daft Punk pour terminer. Sans oublier les percussions appréciées des jeunes.

Après les bourgmestres et militants des années 1960; après les «jeunes loups» du début des années 1980, dont les cheveux ont blanchi; une troisième génération prend aujourd’hui le relais.

Les Fouronnais francophones maintiennent la pression

Elle bénéficie des acquis de leurs prédécesseurs: le Centre sportif et culturel; l’école francophone et la ferme modèle de Fouron-Saint-Martin sont des points d’ancrage de la Culture française dans les Fourons, a rappelé Nico Droeven.

Mais il reste des revendications insatisfaites. Comme la ratification de la Convention-cadre du Conseil de l’Europe sur la protection des minorités linguistiques: cette ratification par la Belgique, membre du Conseil de l’Europe, est bloquée par la Flandre, qui refuse de reconnaître les 350000 francophones qui vivent sur son territoire comme une minorité linguistique à protéger.

Le «grignotage» des facilités linguistiques se poursuit, lui, insidieusement. Et la revendication récemment avancée par Voerbelangen, confronté à une dissidence en ses rangs, de donner le droit de vote aux citoyens européens pour l’élection des membres du CPAS, vise à restreindre encore le poids des francophones dans la gestion des affaires.

2024 sera une année électorale cruciale: fédérale, régionale et communale. Avec les «extrêmes» qui risquent de triompher en Flandre, a averti José Happart. Qui craint de voir l’existence de la Région bruxelloise remise en cause. Cette Région qui a vu le jour en 1988, notamment en contrepartie de son renoncement au mayorat de Fourons…

Restait à conclure la Fête. Traditionnellement au son du «Compagnon fouronnais» puis du «Valeureux Liégeois»!

Le droit de vote des citoyens européens divise le CPAS et le conseil communal

Le débat sur la motion réclamant pour les citoyens européens non-belges, le droit de vote pour l’élection du CPAS, ajoutée à l’ordre du jour, d’un conseil communal de Fourons, consacré à des points administratifs, et ouvert par la désormais traditionnelle guérilla verbale entre le groupe Voerbelangen et le conseiller indépendant, Rik Tomsin, clôturait la séance publique, et était le plus «chargé» politiquement.

La motion a été approuvée par la majorité par neuf voix contre deux (R@L) et trois abstentions (deux R@L et celle de Rik Tomsin). Mais avant le conseil communal, le même Rik Tomsin avait voté de la même manière en réunion de CPAS. Et là, le texte de la motion a été rejeté par quatre voix francophones contre quatre voix flamandes. Commune et CPAS divergent donc sur cette question.

Alexandra van Gestel a plaidé la cause des citoyens néerlandais de Fourons… En oubliant les Fouronnais(e)s francophones

Habilement, le groupe Voerbelangen avait laissé à son élue néerlandaise, Alexandra van Gestel, le soin de présenter le texte.

«Il y a quelque chose que je ne comprends pas, et que jamais personne n’est parvenu à m’expliquer: pourquoi les 1764 habitants de Fourons qui ne sont pas Belges, n’ont pas le droit d’élire les membres du CPAS», a-t-elle déclaré d’emblée. On ne saurait trop lui conseiller de lire les nombreux ouvrages, en français et en néerlandais, consacrés au dossier fouronnais: elle saurait ainsi pourquoi cette commune a un statut linguistique spécial.

«Nous contribuons au développement de Fourons. Nos enfants vont à l’école à Fourons. Et le CPAS nous concerne tout autant que les citoyens belges de Fourons. Dans de nombreuses communes flamandes, le CPAS a fusionné avec le conseil communal: les citoyens européens non-belges peuvent donc élire leurs membres. Cette situation est inéquitable et Voerbelangen veut mettre fin à cette anomalie» a-t-elle poursuivi. Avant de conclure que cette demande «ne porte pas atteinte aux facilité linguistiques, mais que c’est une question de démocratie».

Grégory Happart (R@L) a rappelé le statut linguistique spécial de Fourons

C’est Grégory Happart (R@L) qui a répliqué le premier, en néerlandais, pour lui rappeler le statut spécial de Fourons. «Vous parlez de la discrimination dont sont victimes les citoyens européens non-belges, mais vous oubliez la discrimination dont sont victimes les Fouronnais francophones» a-t-il asséné. Un argument aussi brandi, au CPAS, par le chef de groupe francophone, l’ancien bourgmestre et président de CPAS Nico Droeven, au grand déplaisir de la présidente de l’instance, Hilde Broers (Voerbelangen)

«Votre motion est trompeuse, car vous savez bien qu’il faut une modification de la Constitution, et que cette modification de la Constitution n’est pas possible avant les prochaines élections», a ajouté Grégory Happart, en concluant «pourquoi voulez-vous changer le statut de Fourons, sans vouloir permettre à tous les élus de pouvoir s’exprimer dans leur propre langue?»

«C’est une question de démocratie», a repris Alexandra Van Gestel, en commentant «nous sommes par ailleurs en Flandre et nous respectons la législation linguistique. Notre proposition n’a rien d’électoraliste, car nous savons que nous ne pouvons nous même changer les choses».

«Si nous ne demandons pas nous-mêmes ce changement, qui le fera?» a interrogé dans la foulée le bourgmestre, Joris Gaens (Voerbelangen). Cette demande «a déjà été faite dans le passé» a-t-il affirmé, comme il le répétera en réponse à une question de l’échevin francophone, Jean Levaux: «pourquoi soulever ce problème aujourd’hui, après plus de vingt ans au pouvoir?».

«Il est anormal que 41% des habitants de Fourons soient privés de ce droit de vote» a poursuivi Joris Gaens, toujours dans l’incapacité de comprendre pourquoi l’opposition francophone a bloqué la motion au CPAS: une opposition qui s’oppose joue pourtant aussi le jeu démocratique…

«On parle des citoyens européens non-belges, mais pas des Fouronnais francophones qui ont les mêmes droits qu’eux», a répété Clotilde Mailleu (R@L). Avant d’insister à son tour sur le statut linguistique spécial de Fourons.

Insupportable pour Joris Gaens qui s’égare alors dans un commentaire rappelant «qu’avant 2000, seules les associations francophones bénéficiaient de subsides communaux, mais depuis lors, un règlement clair a remplacé ce système» et de lancer, à l’instar de son prédécesseur, Huub Broers, que «les facilités linguistiques sont respectées à Fourons: la preuve par le site Web bilingue de la commune, ce qui n’est pas le cas à Comines-Warneton».

Preuve, s’il en était, que la motion, approuvée par le conseil communal, a un aspect hautement communautaire, et, le résultat du vote au CPAS le démontre, qu’elle est surtout motivée par la fracture qui s’est produite au sein de la mouvance flamande du conseil communal et de l’instance sociale!

La motion sera transmise au Premier ministre, Alexander De Croo (Open vld), qui ne risque guère de lui donner une suite urgente. Elle atterrira aussi chez la ministre fédérale de l’Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V), empêtrée dans les problèmes de migration. Bart Somers (Open vld), ministre flamand des Affaires intérieures en prendra également connaissance. Et un bureau d’avocats sera consulté pour voir de quelle manière en tirer profit. Moyennant le feu vert très hypothétique des partis francophones…

La majorité flamande de Fourons veut-elle rouvrir la boîte de Pandore des affrontements linguistiques?

Le 28 septembre prochain, la majorité Voerbelangen du conseil communal de Fourons va présenter (et selon toute logique) faire voter une motion pour réclamer le droit de vote aux citoyens européens, qui n’en disposent pas, pour l’élection des membres du CPAS.

«Nous demanderons au Premier ministre d’éliminer ce caractère discriminatoire pour les citoyens européens non-Belges et de soumettre ce point au comité de concertation» a expliqué le bourgmestre fouronnais, Joris Gaens, au Belang van Limburg qui annonce l’initiative. «Nous allons rechercher quelles initiatives juridiques nous pouvons envisager dans ce sens», a-t-il ajouté. Au risque de rallumer un brûlot communautaire?

La défection de Rik Tomsin pose un gros problème aux élu(e)s Voerbelangen au CPAS de Fourons

Derrière le beau principe, il y a surtout, pour la majorité Voerbelangen, un problème pratique: depuis la défection de Rik Tomsin, qui siège désormais comme indépendant, mais est un des promoteurs de la future (?) liste alternative fouronnaise, d’initiative essentiellement néerlandaise, la gestion de l’instance sociale lui est devenue particulièrement problématique.

Si la liste flamande bénéficie toujours d’un avantage substantiel au conseil communal (neuf élus contre cinq francophones et un indépendant), au conseil de l’aide sociale, élu(e)s de la liste R@L (Respect-Avenir-Libertés) et de la liste Voerbelangen sont en effet à égalité (quatre partout). Ce qui place l’ancien président du conseil communal en position d’arbitre. Et quand il est absent (ce qui s’est produit plusieurs fois ces derniers temps), ce qui permet à l’opposition francophone de bloquer les initiatives de la majorité qui lui paraissent incompatible avec ses options politiques.

Dans beaucoup de communes flamandes, le CPAS est désormais intégré au conseil communal (avec tous les risques que cela peut comporter pour la nécessaire discrétion de certains dossiers). Mais à Fourons, ce n’est pas possible. «Parce que, pour les communes à facilités, (la Flandre) s’est heurtée à un « non » (N.D.L.R.: en français dans le texte) des partis francophones. Une question communautaire, et donc aussi une question fouronnaise» soupire le quotidien limbourgeois.

Et oui, n’en déplaise à Joris Gaens et aux élu(e)s Voerbelangen, dont plus aucun n’a connu les furieux affrontements linguistiques des années 1980, la loi du 9 avril 1988 sur les communes à statut linguistique spécial, celle qui a mis fin au fameux «carrousel fouronnais», fatal au gouvernement Martens-Gol, le 19 octobre 1987, ne peut être modifiée sans l’assentiment des partis francophones. Et parmi ses dispositions, il y a notamment la création d’un collège des gouverneurs pour Fourons et Comines-Warneton; l’application de la règle du consensus pour les décisions du collège communal (et donc un droit de véto de fait pour l’échevin de l’opposition, Jean Levaux, depuis les dernières élections communales), le droit de vote à Aubel pour les habitants de Fourons, et à Heuvelland pour ceux de Comines-Warneton, pour les élections fédérales et européennes… et l’élection à la proportionnelle des échevins et des membres du CPAS.

L’octroi du droit de vote aux citoyens européens non-belges, en application du traité de Maastricht, n’a pas été étendu à l’élection des membres des CPAS de Fourons et de Comines-Warneton. Il a largement contribué, en 2000, à la victoire de Voerbelangen à l’élection communale, avec un taux de participation des électeurs européens (lisez: hollandais) nettement supérieur (90%!) à la moyenne flamande. Remettre cette disposition en cause revient à remettre en cause le statut même de Fourons: l’heure de remettre sur la table le statut linguistique de la commune?

Le ton monte entre la majorité et l’ex-président du conseil communal

La campagne électorale est désormais bien lancée, à Fourons, mais pas de manière classique entre francophones et néerlandophones: c’est entre la majorité Voerbelangen et le conseiller indépendant Rik Tomsin, ancien président du conseil communal, que le torchon brûle.

Revenu en séance après plusieurs absences, Rik Tomsin a fait feu de tout bois

Désormais porte-parole de la future (?) liste Alternative fouronnaise ou plutôt Het Voerens Alternatief (faute de membres francophones, depuis le départ de Michael Henen, et malgré des approches jusqu’à des représentants de l’opposition R@L, Respect-Avenir-Libertés), Rik Tomsin, absent lors de plusieurs séances précédentes, a interpellé le bourgmestre, Joris Gaens (Voerbelangen) à trois reprises, en début de séance, sous la forme de questions.

La première de ses interventions, apparemment rédigées par l’un des promoteurs de la future (?) liste, revenait sur une proposition qu’il avait antérieurement formulée, d’ouvrir aux citoyens le droit de poser des questions au conseil communal, jusqu’à une demi-heure avant l’ouverture de chaque séance. Dans la foulée, il proposait l’introduction à Fourons d’un «budget participatif», «comme il en existe déjà un à Alken» (NDLR: et dans d’autres communes wallonnes, plus proches de Fourons). La troisième était relative à une décision du collège de demander un conseil juridique à un avocat, et sur lequel l’ancien président du conseil communal réclamait plus de détails.

Des questions pertinentes, selon les points de vue. Mais complétées de remarques populistes, du type «Me prenez-vous, ainsi que tous les Fouronnais pour des abrutis?»; «Je suis choqué de voir votre dégoût pour la participation citoyenne»; ou «Vous payez un avocat avec les impôts des Fouronnais. Les Fouronnais ont donc parfaitement le droit de savoir ce que vous faites avec leur argent» !

Le bourgmestre s’est étonné de la conversion tardive de son ex-colistier à la participation…

Ainsi interpellé, Joris Gaens a répondu en détails (apparemment aussi puisés à bonne source). D’abord pour préciser que le règlement communal en matière de participation allait être modifié en séance (ce qui sera fait) pour consacrer une demi-heure avant chaque réunion du conseil communal aux questions des citoyens. Pourvu que ces questions, d’intérêt général, soient soumises par écrit au moins quatorze jours à l’avance. Ce qui a poussé Rik Tomsin à s’opposer à la modification proposée.

Le bourgmestre s’est fait ensuite plus offensif, notamment en invoquant le droit à la vie privée, pour n’avoir pas donné de détails sur la demande de conseils juridiques à un avocat. «Mais, pour votre question, vous avez puisé dans un courriel que j’avais adressé à la directrice générale, et dont vous avez eu connaissance alors, en tant que président du conseil communal» a poursuivi Joris Gaens. Ce sont de telles pratiques, en violation du code éthique des mandataires, «qui dégoûtent les gens de la politique», a-t-il asséné. Non sans s’étonner, en fin de réponse, que «pendant les dix ans où vous avez fait partie de la majorité, vous n’avez jamais formulé une seule proposition en matière de participation: étrange, non?». Une forme de conversion tardive en quelque sorte?

Anne-Sophie Roijen a vécu une première réunion agitée!

Durant tous ces échanges, l’opposition francophone est restée au balcon. Se disant sans doute que les prochains conseils communaux seront de plus en plus agités?

  • Une conseillère intérimaire L’élue Voerbelangen Alicia Dodémont étant sur la touche pour un certain temps, Anne-Sophie Roijen a prêté serment. Elle a été servie pour sa première réunion!
  • Des campeurs bruyants Clotilde Mailleu avait interpellé en début de séance le bourgmestre, Joris Gaens (Voerbelangen) sur les camps de vacances. La police a-t-elle contrôlé certains camps? Le matériel utilisé par les campeurs était-il en ordre? Et puis il y a eu des plaintes relatives au bruit, soulignait la conseillère R@L. Après avoir espéré que tout le monde ait passé «de bonnes vacances», le bourgmestre a souligné la valeur touristique de la commune, visitée par plus de 2250 campeurs cet été. Les camps ont été contrôlés, a-t-il assuré. Il y a eu dix plaintes pour bruit excessif, «dont la plupart provenaient de la même personne». Mais «à une exception près, tous ces camps se sont bien passés», a-t-il conclu.
  • Parking à Fouron-Saint-Martin: on repart de zéro Un géomètre a été désigné qui redessinera les plans du futur parking de Fouron-Saint-Martin. Après la sortie des conseillers francophones, le point n’avait pu être traité, faute de quorum, à la fin juin. Les délais dépassés, toute la procédure doit être reprise, a expliqué le bourgmestre à l’échevin francophone, Jean Levaux. Il y aura donc une nouvelle enquête publique, et le dossier reviendra ensuite au conseil communal. À propos du terrain envisagé, propriété d’Infrabel, Rik Palmans, responsable local (proche de Voerbelangen) de Natuurpunt, l’association environnementale qui louait ce terrain, nous a précisé que «le contrat de location arrivait à échéance cette année. Nous avons constaté que de plus en plus de touristes viennent à Fourons et laissent leur voiture n’importe où. D’où l’initiative de la commune, qui a décidé de louer le terrain pour y implanter un parking. Natuurpunt n’a pas voulu prendre position en faveur ou contre ce parking. C’est vrai qu’il peut constituer une menace pour les muscardins. Mais il restera un tunnel sous le viaduc ferroviaire, par où ils pourront toujours passer. Pour l’écoulement des eaux, un sous-sol de galets sera implanté. Pour nous, le compromis est acceptable».
  • Télescope Le projet de télescope en Limbourg néerlandais, dont la localisation, là-bas ou en Sicile, ne sera fixée par l’Europe qu’en 2028, vaudra à Fourons un examen de tout projet de construction en 2025 et 2026. Si le projet est retenu, la Flandre y investira 13 millions d’euros, et les Pays-Bas 100 millions, a signalé le bourgmestre, Joris Gaens.
  • Promenade à Mouland Diverses opérations d’achats, de ventes, ou d’échanges de parcelles communales et privées ont été approuvées. Plusieurs d’entre elles portaient sur l’aménagement d’une promenade le long de la Berwinne à Mouland, et sur l’extension de la plaine de jeux locale.

Un conseil avorté faute de quorum

Convoqué un mercredi, alors que son jour de réunion usuel est le jeudi, et en juillet, alors que, depuis des années, il ne siège qu’à la fin août lors des mois d’été, le conseil communal de Fourons a connu un déroulement éclair ce mercredi.

La séance à peine ouverte, la présidente du conseil, Shanti Huynen (au centre) n’a pu que constater que le quorum requis d’élu(e)s n’était pas atteint

Le bourgmestre, Joris Gaens, en vacances, et le conseiller Steven Heuschen absents et excusés dans le groupe majoritaire Voerbelangen, et le conseiller indépendant Rik Tomsin, lui aussi à l’étranger, tout aussi excusé, ils se trouvaient à douze en séance au moment où la présidente du conseil, Shanti Huynen, a ouvert les débats.

Le seul point à l’ordre du jour, l’octroi d’un permis environnemental, pour la création d’un parking, à Fouron-Saint-Martin, devait être débattu, puisque, en collège échevinal, le 13 juillet dernier, l’échevin francophone, Jean Levaux, avait brisé le consensus nécessaire. Des riverains ont en effet fait valoir leurs objections, lors de l’enquête publique menée sur ce projet, déjà évoqué sur ce site.

La fille et le beau-fils de la conseillère francophone Chantal Lebeau figurant parmi les contestataires, l’élue n’était censée prendre part ni au débat, ni à la décision sur ce point. Mais, cette précision une fois apportée par la directrice générale, Kimberly Peeters, personne ne lui demandait de quitter la séance.

Un rapide calcul effectué par l’opposition francophone lui permettait en effet de voir que, si les cinq élu(e)s de la liste R@L (Respect Avenir Libertés) quittaient la séance, le quorum requis d’au moins huit membres présents n’était plus atteint. Après une courte suspension de séance, les élu(e)s francophones se retiraient donc, et la séance s’achevait avant même d’avoir pu aborder l’ordre du jour.

Devant le désarroi des représentant(e)s de la majorité Voerbelangen, qui n’avaient apparemment pas prévu l’absence de leur colistier Steven Beuschen, l’ancien bourgmestre, Huub Broers, présent à l’étage dans le public, déboulait alors dans la salle de réunion, dont la porte se refermait pour une concertation interne en urgence.

Comme l’avait signalé la directrice générale, un nouveau conseil communal, avec le même ordre du jour, peut désormais être convoqué par la présidente du conseil communal, et l’assemblée pourra délibérer, quel que soit le nombre de conseillères et de conseillers en présence. L’ordre du jour de ce conseil doit en principe au moins être communiqué au collège communal.

Ce conseil communal doit se réunir impérativement avant le 31 juillet: c’est à cette date que sera échu le délai de trente jours au-delà de l’enquête publique, dans lequel une décision doit être prise sur le permis environnemental. Là, les francophones comptent bien sortir leurs arguments…