Même si la prochaine échéance électorale est celle du 9 juin, avec les élections européennes, ouvertes aux jeunes de 16 et 17 ans; et les scrutins fédéral, et régional, l’échéance du 13 octobre, date de l’élection du conseil communal et du CPAS de Fourons se prépare elle aussi. Et, côté francophone, les deux têtes de liste sont désormais connues.
Jean Levaux en lice pour un cinquième mandat
À la commune, l’échevin francophone sortant, Jean Levaux, repartira pour un cinquième tour.
Entré au conseil communal après les élections communales d’octobre 2000, Jean Levaux a été reconduit en 2006, 2012, et 2018, où sa première place sur la liste lui a valu d’entrer au collège échevinal, en tant qu’échevin de l’opposition. Grégory Happart et lui avaient, à cette occasion, recueilli exactement le même nombre de votes personnels (509).
Freddy Cleenen candidat à la présidence du CPAS
Au CPAS, par contre, c’est un néophyte qui succédera à la tête de la liste à l’ancien bourgmestre et ancien président de l’instance, Nico Droeven: Freddy Cleenen est néanmoins loin d’être un inconnu à Fourons, où il a notamment exercé la fonction de commissaire d’arrondissement-adjoint à la suite du regretté Armel Wynants, après la mise à la retraite de ce dernier en 2011.
Arrivé à l’âge de la retraite en 2017, Freddy Cleenen a d’office été mis à la retraite, tandis que le poste de commissaire d’arrondissement… disparaissait! Un intérimaire a été nommé pour le suppléer: Yves Jacobs, un fonctionnaire provincial limbourgeois, est toujours en place à l’heure présente.
Il ne fallait pas être en retard, ce jeudi, au conseil communal de Fourons, réuni en l’absence de Lizzy Buijsen (Voerbelangen), excusée: en moins d’une demi-heure, la plupart des points, essentiellement administratifs, ont été expédiés, pour la plupart à l’unanimité. Un brin de lutte communautaire est tout de même brièvement apparu, lorsqu’il s’est agi d’attribuer la représentation de la commune à l’assemblée générale de «Wonen in Limburg»: à la proposition, un peu insolite, de la majorité Voerbelangen de désigner Hilde Broers, présidente du CPAS, qui ne fait pas partie du conseil communal, l’échevin francophone, Jean Levaux, a proposé de lui adjoindre un conseiller: Grégory Happart.
Si la proposition a été acceptée unanimement, la fracture communautaire s’est reformée ensuite: la candidature de Grégory Happart a été rejetée par cinq voix contre neuf (Voerbelangen plus le conseiller indépendant Rik Tomsin, on présume…). Et celle de Hilde Broers a été acceptée sur un score inverse.
Le nom de Happart est-il toujours inacceptable dans le camp flamand? Ou la manie de Grégory Happart de ponctuer tous ses votes en français porte-t-elle à ce point sur les nerfs?
Pour le reste, le remplacement du kit de biométrologie, disponible au service de la population, doit être remplacé: il en contrera 11.384,96 euros (TVA comprise) plus 103,12 euros par mois pour son entretien.
Des véhicules seront remplacés: à la commune, le Ford Transit 350M Jumbo, qui date de 2008, cédera la place à un véhicule de deuxième main, pour un maximum de 35965 euros (TVA comprise). Pour la zone de police, c’est un véhicule hybride Volvo qui sera acquis pour la somme de 79377,13 euros.
Les habitants de Teuven peuvent souffler: les travaux d’égouttage sont terminés. Au tour de ceux de Driesch maintenant…
Les travaux d’égouttage et d’enfouissement des câbles électriques à Driesch, approuvés le 15 janvier dernier à 289.316,70 euros doivent être réévalués: 330.000 euros sont désormais prévus au budget, dont un peu plus de 40.000 euros doivent couvrir des «circonstances imprévisibles», a signalé l’échevine Yolanda Daems (Voerbelangen).
Divers échanges ou ventes de petites parcelles publiques ont été approuvées dans ce cadre, ainsi qu’à Altenbroeck et à Fouron-Saint-Martin, où le parking du restaurant nouvellement étoilé sera quelque peu agrandi.
En matière d’égouttage, par contre, le «calvaire» des habitants de Teuven est enfin terminé: la réouverture de la rue principale a eu lieu ce vendredi… à 5 heures du matin. Il ne devait pas y avoir beaucoup de monde en route à ce moment-là!
Lors du dernier conseil communal de Fourons, la majorité Voerbelangen a, contre l’opposition francophone et celle du conseiller indépendant (issu de ses propres rangs), Rik Tomsin, décidé d’engager 10000 euros au bénéfice d’un bureau d’avocats, afin de saisir le tribunal de première instance en vue d’accorder aux citoyens européens (entendez: néerlandais) le droit de vote pour l’élection des membres du CPAS.
C’était la suite logique, a plaidé le bourgmestre, Joris Gaens, du vote, le 28 septembre dernier, toujours majorité contre opposition francophone, d’une motion proposée par Voerbelangen sur le même objet. Motion défendue, avec beaucoup de conviction, par l’élue de majorité Alexandra van Gestel, qui avait beaucoup parlé de «logique démocratique» à cette occasion, non sans talent d’ailleurs.
La conseillère Voerbelangen avait dit «ne pas comprendre» l’origine de cette «anomalie».
On aurait pu expliquer à Alexandra van Gestel la différence entre une loi spéciale belge et le Traité de Maastricht
Elle a une excuse: elle n’habitait sans doute pas à Fourons dans les années 1980. Mais elle aurait pu se renseigner avant de parler. Elle aurait ainsi appris que les dispositions sur l’élection des membres du conseil communal et celle des membres du CPAS remontent à 1988.
Pour mettre fin au «carrousel fouronnais», fatal à un gouvernement Martens, qui voyait, à chaque invalidation par la tutelle de la présentation de José Happart au poste de bourgmestre, tous les échevins démissionner, manière de lui permettre d’être réélu premier échevin, bourgmestre faisant fonction, une loi spéciale dite de pacification communautaire a été votée le 9 août 1988.
Cette loi s’adresse aux communes à statut linguistique spécial: Fourons, et Comines-Warneton qui lui est absurdement liée depuis la fixation de la frontière linguistique en 1962, et six communes de la périphérie bruxelloise: Drogenbos, Kraainem, Linkebeek, Rhode-Saint-Genèse, Wemmel, et Wezembeek-Oppem.
Dans toutes ces communes, non seulement les membres du conseil communal et du CPAS sont élu(e)s séparément, mais les échevins sont eux aussi élus directement. L’opposition se voit en outre offrir un mandat d’échevin, et la règle du consensus est instituée pour le fonctionnement du collège communal. En cas de non-consensus, le dossier revient devant le conseil communal, comme cela a été le cas ce jeudi, en raison de la position prise par l’échevin francophone, Jean Levaux. De 1988 à 2000, Huub Broers, futur bourgmestre Voerbelangen, a occupé ce poste. José Smeets (R@L), dernier bourgmestre francophone de Fourons à l’heure présente, en a hérité ensuite jusqu’à l’élection communale de 2018.
De plus, rien que pour Fourons et Comines-Warneton, un collège des gouverneurs a été institué, dont le mode de fonctionnement a été précisé.
Les électeurs de ces deux communes se sont vu enfin offrir de participer aux élections régionales, fédérales et européennes dans le canton d’Aubel, pour les électrices et les électeurs fouronnais(e)s, et d’Ypres-Heuvelland pour les électrices et électeurs cominois(e)s. Ceci explique pourquoi à chaque élection de ce type, le taux de participation dans le canton d’Aubel dépasse les 100%.
Cette même loi spéciale du 9 août 1988, couplée à une révision d’articles de la Constitution, a élargi considérablement des Communautés et des Régions.
Tout cela, les «anciens» de Voerbelangen auraient pu l’expliquer à Alexandra van Gestel… et aussi sans doute aux juristes qui ont transmis aux membres du collège communal un avis portant sur la participation des électeurs… non-européens à l’élection des membres du CPAS.
L’élargissement aux citoyens européens (c’est-à-dire essentiellement néerlandais) à Fourons, résulte, elle, du Traité de Maastricht qui, en 1992, a consacré «la citoyenneté européenne» et a accordé aux personnes possédant la nationalité d’un des États-membres de l’Union mais résidant dans un autre, le droit de participer aux élections municipales et européenne. C’est l’apport des électrices et électeurs néerlandais(e)s de Fourons qui a ainsi permis, en octobre 2000, à Voerbelangen, de renverser la majorité francophone au conseil communal…
Ce droit général est limité à ces scrutins. Les citoyen(ne)s européen(ne)s de Fourons ne peuvent donc participer aux élections régionales, alors que les compétences flamandes à Fourons sont très larges, et encore moins à des élections particulières, comme celle des membres du CPAS. Et curieusement, Voerbelangen ne réclame pas pour les citoyens européens (essentiellement néerlandais) de Fourons, le droit de participer aux élections régionales…
Le propos (actuel) de la majorité Voerbelangen est de revoir un élément de la loi de pacification communautaire du 9 août 1988.
Toute personne qui pratique le tricot sait que, quand on défait une maille, l’ensemble se détricote. Si cette disposition particulière, propre à Fourons et à Comines-Warneton, et aux six communes de la périphérie bruxelloise, est remise en cause, pourquoi, dès lors, pourquoi le détricotage des décisions erronées ou réputées telles du passé se limiterait-il à cela? Et ne remonterait-il pas jusqu’à l’erreur de base, commise en 1962?
Il ne faut pas oublier non plus que réviser cette loi spéciale requiert une majorité qualifiée de deux-tiers de votants, et d’une majorité dans chacun des groupes linguistiques de la Chambre fédérale.
On comprend mieux, dans ce cadre, pourquoi l’opposition francophone a refusé de donner un «chèque en blanc» à la majorité dans ce dossier. Si tant est que Voerbelangen veuille poursuivre l’initiative après le scrutin communal du 13 octobre, si sa majorité est confirmée?
Car la conversion de la majorité flamande de Fourons à l’égalité entre citoyen(ne)s belges et citoyen(ne)s serait plus crédible si elle ne se manifestait pas… depuis la défection de Rik Tomsin et la perspective de création d’une liste Alternative fouronnaise, dont les promoteurs sont principalement… néerlandais.
Si cet événement est sans incidence au conseil communal, hormis les empoignades verbales entre le bourgmestre et son ancien président d’assemblée, il en va tout autrement au CPAS: Voerbelangen y a perdu sa courte majorité (5-4). Et, en l’absence du conseiller indépendant, l’opposition francophone peut bloquer une série de décisions… comme l’adoption de la motion en faveur du droit des citoyen(ne)s européen(ne)s pour le CPAS, qui leur était aussi proposée le 28 septembre dernier.
Le bourgmestre, Joris Gaens, a beau avoir signalé que la note juridique du bureau d’avocats permet d’envisager diverses initiatives «après l’élection communale», il ne surprendrait guère que Voerbelangen mette, après ce rendez-vous, la pédale douce sur ce dossier, pour autant, bien sûr, que sa majorité soit reconduite au conseil communal.
«Le» point qui retenait l’attention, ce jeudi à un conseil communal de Fourons, où la plupart des autres décisions étaient techniques, c’était celui par lequel la majorité Voerbelangen demandait l’accord du conseil communal, où Clotilde Mailleu (R@L) était excusée, pour désigner un avocat, afin d’engager une procédure judiciaire afin d’accorder le droit de vote aux citoyens européens pour le CPAS.
Dossier politique sensible s’il en est: si l’assemblée était invitée à en débattre, c’est parce que l’échevin francophone, Jean Levaux, n’avait pas marqué son accord en collège communal: en cas de non-consensus, c’est donc le conseil qui devait prendre position..
Le bourgmestre, Joris Gaens a dit en avoir «marre d’attendre le pouvoir fédéral». Ses colistières n’en paraissent pas très convaincues…
Cette proposition est une suite de la motion votée par la majorité flamande du conseil le 28 septembre dernier, sur le même objet, a rappelé le bourgmestre, Joris Gaens.
«Nous avons depuis lors demandé un avis juridique à un bureau d’avocats, qui nous a indiqué plusieurs possibilités d’action» a-t-il poursuivi. Dans un premier temps, «nous allons engager une action au niveau du tribunal de première instance, afin d’exercer une pression sur le pouvoir politique fédéral. D’autres options pourront être actionnées après les élections communales».
D’où la proposition de prévoir 10000 euros de provision, pour le-dit bureau d’avocats, afin d’engager la procédure, à laquelle «pourraient» se joindre deux communes de la périphérie bruxelloise: Linkebeek et Wezembeek-Oppem.
Un premier problème est que cet avis juridique évoque… «les citoyens non-Européens» qui n’ont donc le droit de vote ni pour le conseil communal, ni pour le CPAS, a objecté Jean Levaux.
L’initiative communale, a-t-il poursuivi, vise «les lois de pacification communautaire de 1988» a-t-il poursuivi, et cela requiert «une majorité spéciale au Parlement fédéral», soit une majorité des deux-tiers et une majorité dans chaque groupe linguistique du «Parlement fédéral».
Voulant que la Commune soit gérée «en bon père de famille», et qu’elle ne soit pas noyée «dans une série de procédure dont on n’est pas du tout sûrs qu’elles soient gagnantes», le groupe R@L (Respect Avenir Libertés), refusera donc «un chèque en blanc» à majorité, a-t-il conclu.
La réaction francophone n’a pas surpris le bourgmestre puisque les francophones avaient déjà refusé leur appui à la motion du 28 septembre. «Mais les avocats contestent qu’il faille réviser la Constitution ou qu’une majorité spéciale soit requise», a-t-il affirmé. «Ce n’est donc pas un chèque en blanc» a-t-il conclu. «Mais je concède que j’en ai marre d’attendre une réaction du pouvoir fédéral, qui ne prend pas ses responsabilité politiques», a-t-il ajouté.
Comme à l’habitude, le ton de Joris Gaens s’est fait beaucoup plus dur à l’égard du conseiller indépendant Rik Tomsin, qui avait confirmé que la note des avocats porte bien sur ces citoyens non-européens et qui se demandait si les 10000 euros demandés n’étaient qu’une.. première avance. L’ancien président du conseil communal s’insurgeait aussi sur le fait que cette note juridique importante, datant du mois de novembre, aurait été ignorée des conseils communaux, si le point avait été adopté en collège…
«Vous trouvez donc normal que 41% des Fouronnais ne puissent voter pour le CPAS?» lui a-t-il lancé, avant de poser que le coût de la consultation et l’avance demandée revenaient à 2, 60 euros par chaque citoyen de Fourons. Et d’affirmer que dans la plupart des communes flamandes, les citoyens européens, en élisant le conseil communal, choisissent aussi la politique sociale du CPAS, absorbé par la commune. (N.D.L.R.: ce qui ne peut être le cas à Fourons, commune à statut spécial).
Le conseiller Steven Heusschen (Voerbelangen) a alors interpellé son ancien colistier, lui demandant s’il trouvait logique « que (son) épouse néerlandaise, et que de nombreux ami(e)s, ne puissent voter pour le CPAS. N’avez-vous pas des ami(e)s dans le même cas?».
Gregory Happart (R@L) a embrayé, en affirmant qu’il pouvait «entendre» les arguments de la majorité, mais pas les partager alors que sa compagne, française, pourrait alors voter elle aussi pour le CPAS. Mais s’extrayant de ces considérations personnelles, il a interrogé le bourgmestre en lui demandant si, dans la foulée, Voerbelangen ne pourrait pas demander une consultation juridique sur… la Convention du Conseil de l’Europe sur la protection des minorités, que la Belgique ne peut ratifier depuis des années, en raison du blocage de la Flandre. Ce qui bénéficierait «à l’ensemble des Fouronnais(e)s» a-t-il insisté.
Ignorant, ou feignant d’ignorer la référence du conseiller francophone, Joris Gaens a affirmé que les «francophones de Fourons bénéficient de tous leurs droits, bien plus que dans n’importe quelle commune flamande ou… wallonne (N.D.L.R.: ???)».
Au vote, la proposition a été approuvée par 9 voix (Voerbelangen) contre 5 (R@L plus le conseiller indépendant Rik Tomsin).
L’initiative judiciaire annoncée par le bourgmestre ne risque sans doute pas d’aboutir avant le 13 octobre, date de l’élection communale. Et au-delà, si Voerbelangen récupère au CPAS la majorité que lui a fait perdre la défection de Rik Tomsin, il n’est pas sûr que les actions évoquées par Joris Gaens seront poursuivies…
David Stans va prendre sa fonction de permanent du Centre culturel et sportif de Fouron-Saint-Martin dès ce prochain lundi
Changement, ce prochain lundi, au Centre culturel et sportif de Fouron-Saint-Martin: David Stans, 39 ans, va prendre sa fonction de nouveau permanent. «J’arrive dans un contexte qui n’est pas évident», explique-t-il. Les élections européennes, fédérales, communautaires et régionales se dérouleront le 9 juin prochain, puis l’élection communale du 13 octobre. «Il faudra voir combien de temps il faudra pour constituer des gouvernements, dont on ne connaît évidemment pas encore la constitution. On recevra bien sûr des tranches de subsides dans l’intervalle, mais il est difficile de bâtir des perspectives à long terme». Et des projets à long terme, David Stans en a déjà: «il nous faut d’abord stabiliser ce qui existe, et notamment relancer la Fête du Peuple fouronnais sous une forme à définir. Dynamiser l’école, en profitant par exemple des opportunités que peut nous offrir la ferme pédagogique voisine. Et pourquoi pas, en y introduisant des cours de néerlandais plus poussés. Manière de montrer aux responsables politiques flamands, locaux en particulier, que le Centre culturel francophone ne veut pas la confrontation, mais la cohabitation… pour autant qu’ils pratiquent un principe d’équité, et que les droits des Fouronnais francophones soient respectés et les mêmes que les Fouronnais flamands. Ce qui n’est pas acquis d’avance».
Mais comment cet habitant de Mortroux, originaire d’Aubin-Neufchâteau («J’ai toujours grandi à côté des Fourons, avec un papa enseignant, attaché à la défense de la Culture française», sourit-il) s’est-il retrouvé dans la peau de permanent de l’Action fouronnaise? «Cela remonte loin», narre-t-il. «Quand j’étais en dernière année d’humanités, mon travail de fin d’études secondaire en néerlandais portait… sur les Fourons. Je suis allé me renseigner à l’université auprès de Pierre Verjans. Dans la foulée, je me suis inscrit en sciences politiques, où j’ai notamment eu aussi des cours de linguistique prodigués par Armel Wynants. Une fois mon diplôme acquis, j’ai entamé un doctorat, dont la thèse portait sur… le contrôle des Services de renseignement». L’entrée dans la vie professionnelle passe par un poste d’assistant à l’université de Liège, puis il part dans la Sécurité privée, où dans un centre de formation des futurs agents, il peaufine l’aspect pédagogique de sa fonction. Il «bascule» ensuite à la présidence du Sénat, alors exercée par Christine Defraigne, «au moment où cette assemblée se transformait en assemblée des Régions». Un (court) retour à l’université lui permet de réfléchir à ce qu’il faisait: «j’en avais un peu assez de théoriser les choses: j’avais besoin de plus de concret».
Il passe alors à la présidence du MR et en même temps à la Chambre des représentants, «au niveau des commissions». S’il ne cache pas ses attaches libérales, David Stans précise qu’il «a toujours maintenu une frontière entre (ses) matières universitaires et (sa) profession». «J’ai notamment éclairé André Flahaut (PS) pour un projet de loi; je me suis intéressé à des initiatives de Georges Dallemagne (Les Engagés) en matière de sécurité; ou j’ai essayé de collaborer à Etopia», le think tank namurois qui rassemble des militants écologistes, des chercheurs-associés et chercheuses-associées, des formateur·trices et des acteur·trices du changement «même s’il n’en est pas sorti grand chose», explique-t-il. Mais l’essentiel, dans cette période, ce sont peut-être les rencontres qu’il a faites, les contacts qu’il a noués.
Les circonstances de la vie – un divorce; une petite fille, aujourd’hui âgée de 7 ans, en garde alternée; des parents qui prennent de l’âge – lui rendent à l’époque pesants les déplacements quotidiens à Bruxelles. Il effectue alors, il y a presque quatre ans, son «retour à Liège», à la province, dont deux années au service du député provincial André Denis, avec un focus sur l’agriculture, la ruralité et le laboratoire provincial. «Cela m’a permis plus de contacts avec les citoyens, car à la Chambre, on peut travailler des heures et des heures sur un sujet, sans jamais en voir la réalisation concrète» relate-t-il. Puis il prend connaissance de l’avis de recrutement du Centre culturel et sportif fouronnais, «et je me suis dit qu’avec mon expérience en politique, avec mon expérience en pédagogie et en ressources humaines, mon action pourrait avoir un impact direct pour les citoyens, et notamment pour la région où je vis, et pour laquelle j’avais toujours travaillé de loin ou en marge, par exemple comme chef scout, vice-président de la jeunesse aubinoise ou, après mes études, comme stagiaire à l’Awex (Agence wallonne à l’exportation).». Les initiatives concrètes ne lui manqueront pas à Fourons, «de l’aide au remplissage à des déclarations fiscales au montage à un projet de subsides; de la dynamisation de l’école et de la bibliothèque à la sauvegarde d’emplois APE (NDLR: emplois du secteur non-marchand soutenus par des subsides)».
»Une base remarquable: les trente ans qu’y a passés Bernard Liégeois»
«Je dois encore découvrir la fonction, mais il y a une base remarquable avec les trente ans qu’y a passés Bernard Liégeois», explique-t-il. «C’est sur cette base qu’il faut redynamiser l’ensemble, avec le sport, qui est une école de vie, et avec la culture. Je dois dire que j’ai été soufflé par le nombre et le succès des activités culturelles qui se déroulent à Fourons!». Et puis il y a des défis auxquels faire face, «en premier lieu l’explosion des coûts: coûts des rénovations à effectuer, coûts énergétiques, coûts du personnel».
Et, en face, des politiques qui disent «travailler avec des enveloppes fermées» et «des élections qui arrivent». Après lesquelles, conclut David Stans «il faudra communiquer, quel qu’en soit le résultat». Et peut-être, après le scrutin communal, «aller vers la commune, soit pour avoir de bonnes nouvelles, soit pour démontrer que les Fouronnais francophones ne sont pas dans la véhémence, comme des Fouronnais flamands aiment à le dire. J’aimerais faire comprendre aux Fouronnais flamands que défendre la Culture française, ce n’est pas s’attaquer à eux, mais demander à ce que les droits de chacun soient respectés».
Quinze minutes, montre en main, pour «expédier» un ordre du jour qui ne comptait que neuf points, ou plutôt huit, puisque aucun(e) élu(e) n’avait transmis de questions à aborder en ouverture de séance: les élu(e)s fouronnais(e)s n’ont pas traîné ce jeudi pour prendre leurs décisions, essentiellement administratives.
À l’unanimité (même si le vote de Grégory Happart (R@L) est, conformément à une «tradition» ancrée depuis le début de la mandature, toujours considéré comme nul), l’achat de deux nouveaux serveurs pour l’Administration communale a ainsi été décidé.
Un nouvel accord de collaboration avec l’association paysagère régionale Hesbaye-Fourons a également été approuvé. Comme l’a rappelé le bourgmestre, Joris Gaens (Voerbelangen), un premier accord avec cette association avait été conclu, avant le dépôt de la candidature du parc paysager «Bocage sans frontières», qui a été reconnu par la Région flamande, subside de 30000 euros à la clé. Un autre subside de 30000 euros doit suivre, qui doit couvrir la période s’étendant de la reconnaissance à l’entrée en service effective du projet. Ce qui suppose apporter des précisions sur la mise en œuvre du Parc paysager régional, qui englobe des communes wallonnes et néerlandaises, voisines de Fourons, et nécessite «des traductions» a poursuivi Joris Gaens. D’où ce nouvel accord. Un nouveau subside viendra plus tard, pour financer un poste de coordinateur, a conclu le bourgmestre fouronnais.
Les subsides futurs, par exemple pour des travaux d’égouttage, dépendront d’une plate-forme de gestion de l’eau de pluie et de la sécheresse
Toujours unanimement, l’adhésion à une plate-forme numérique, qui permettra d’accélérer la fournitures d’informations à toute personne intéressée par la vente ou l’achat de parcelles de terrain a reçu également le feu vert de l’assemblée fouronnaise. Comme l’élaboration par un service de Fluvius, d’un plan relatif à la gestion tant de l’eau de pluie que de la sécheresse. Ce plan participatif «qui a impliqué plusieurs associations concernées et notamment le Conseil consultatif de l’Environnement» a signalé l’échevine Yolanda Daems (Voerbelangen), s’inscrit dans une initiative de la Région flamande, qui veut gérer les deux problèmes. Tout futur subside relatif à des questions relatives à l’eau, notamment en matière d’égouttage, passera par ce canal, a relevé l’échevin.
Il a enfin été question de la zone PME en cours d’aménagement route de Warsage: il sera possible d’y acquérir soit des terrains, soit de petites infrastructure destinées aux TPE (Toute petite entreprise) fouronnaises.
Les Fouronnaises et les Fouronnais pourront dorénavant formuler des propositions visant à améliorer l’habitabilité de leur village: c’est le sens du feu vert donné par le dernier conseil communal de l’année, auquel Steven Heusschen (Voerbelangen) et Benoît Houbiers (R@L) n’ont pu participer, au règlement relatif au «budget citoyen».
Ce règlement prévoit la mise à disposition d’une somme de 15000 euros. L’échevin francophone, Jean Levaux, s’est inquiété de la possibilité pour des francophones d’y accéder dans leur langue. «Comme d’habitude, nous nous adressons aux citoyens dans leur langue» a précisé le bourgmestre, Joris Gaens (Voerbelangen).
La proposition a été adoptée par la majorité Voerbelangen et l’opposition francophone R@L. Le conseiller flamand indépendant, Rik Tomsin, s’y est, lui, opposé, même s’il avait plaidé précédemment l’introduction d’un tel mécanisme.
L’ex-président du conseil communal a tenté en vain de faire reporter l’examen de ce point, avec l’appui des francophones après une suspension de séance qu’ils avaient sollicitée. Parmi une multitude de considérants, il soulignait l’absence de plate-forme numérique permettant aux Fouronnaises et aux Fouronnais de voter eux-mêmes sur ce budget citoyen; l’impossibilité de proposer des projets qui dépasseraient les limites villageoises; ou la «politisation» des commissions consultatives communales, impliquées dans le processus.
«Ce règlement n’est pas tombé du ciel: il s’inspire de règlements en vigueur dans une série de communes qui ont déjà enclenché pareil mécanisme» lui a répliqué Joris Gaens. Pour ce qui est des commissions consultatives, la présence d’élu(e)s permet de fournir des informations utiles à la réflexion, a ajouté le bourgmestre. «Je ne vous ai jamais vu à une seule de ces réunions» a-t-il poursuivi, «vous vous seriez rendu compte qu’il n’y avait pas d’influence politique. Et si nous nous abstenions d’être présents, vous critiqueriez sans doute cette absence.»
Il y avait une certaine urgence, afin de permettre aux habitants de Mouland de formuler des propositions dans l’aménagement de leur village, a poursuivi Joris Gaens, qui a néanmoins convenu que ce règlement ne sortira vraiment ses pleins effets qu’après les élections communales du 13 octobre 2024
Dans un ordre du jour assez chargé, on retiendra que les travaux d’égouttage à Teuven, estimés au départ en 2021 à 350000 euros, puis passés à 385000 euros en 2023, vont sans doute requérir… 170000 euros supplémentaires.
La facture des travaux d’égouttage ne cesse de croître à Teuven… mais le bureau d’étude chargé du projet a commis des erreurs. De quoi récupérer une partie de l’augmentation?
Comment l’expliquer? L’échevin responsable, Yolanda Daems (Voerbelangen) évoque un revêtement de sol plus dégradé de prévu par la pose des conduites; l’humidité extrême qui règne depuis des mois; un sous-sol qui a révélé de (mauvaises) surprises et… des erreurs du bureau d’études en charge du dossier.
Clotilde Mailleu (R@L) s’est interrogée: une compensation financière ne peut-elle être exigée du bureau d’études? «On l’espère, avec le soutien d’Aquafin (l’intercommunale flamande de gestion des eaux)», a répondu l’échevine qui, réinterrogée par l’élue francophone a précisé que ce bureau d’études n’intervenait pas dans d’autres chantiers.
Le petit pont par lequel les voitures stationnées au pied du viaduc ferroviaire à Fouron-Saint-Martin supportera-t-il le trafic automobile? s’est interrogé l’échevin Jean Levaux (cf. ci-dessous)
L’assemblée a aussi approuvé à l’unanimité l’achat d’un nouvel épandeur de sel. 25000 euros sont programmés pour cet achat, dont l’intérêt est double: l’autre épandeur, acheté récemment, fonctionne parfaitement; et cette deuxième acquisition permettra de se passer d’un engin plus ancien et moins efficace.
La route Middelhof-Bounder a besoin d’une réparation urgente, sur laquelle le conseil communal a marqué son accord. Il en coûtera plus de 440000 euros, TVA comprise. Des ralentisseurs y seront installés, afin de ramener la vitesse maximale de 70 à 50kms/h.
Toutes ces opérations ont donné lieu à une nouvelle modification du plan financier pluriannuel, qui ne laissera plus en 2024 qu’un résultat positif de 239785 euros, avec une marge d’autofinancement de 411961 euros. L’opposition francophone s’est opposée à cette modification d’un plan «qui ne reflète pas nos options» a expliqué l’échevin Jean Levaux.
Parking de Fouron-Saint-Martin: objections francophones Un point technique relatif au futur parking de Fouron-Saint-Martin, qui accueillera 35 voitures au pied du viaduc ferroviaire a permis à l'échevin Jean Levaux de lever plusieurs objections de fond au projet. «Ce parking sera créé sur un terrain qui n'appartient pas à la commune, sous un viaduc construit pendant la Première Guerre mondiale» a-t-il rappelé, en soulignant les risques de chutes de pierre sur les véhicules. La zone est inondable a-t-il poursuivi, et l'aménagement d'un parking pourrait susciter des coulées de boue. Autres points d'attention soulevés par l'échevin: l'état du petit pont par lequel les véhicules sortiront; l'augmentation du trafic rue Sous-le-Viaduc; et au bout de la rue «où des accidents se sont déjà produits». Sans oublier l'absence d'éclairage et d'installations sanitaires. Alors que des alternatives sont possibles à proximité du cimetière et plus loin, mais pas loin du centre du village, à Veurs, où des bus circulent et peuvent emmener les touristes. Sur le premier point, le bourgmestre, Joris Gaens (Voerbelangen) a insisté sur l'accord au long cours entre la commune et Infrabel, propriétaire du terrain. Plus avant, sur le risque d'inondations ou l'état du petit pont «installé pour des engins agricoles», des études seront menées. Des sanitaires ou de l'éclairage? On peut y penser plus avant dans la suite du dossier. Et l'hypothèse du parking près du cimetière peut toujours s'envisager. Au vote, l'opposition francophone n'a pas suffi face à la majorité Voerbelangen, rejointe par le conseiller indépendant, Rik Tomsin.
En l’absence de l’échevin francophone, Jean Levaux, hospitalisé et à qui nous souhaitons un prompt rétablissement, l’opposition francophone n’a pas posé de questions mais a voté contre la proposition d’accord avec Infrabel, qui met à la disposition de la commune, à partir du 1er août 2024, la portion de terrain sur laquelle est prévu un parking, au pied du viaduc du chemin de fer, à Fouron-Saint-Martin.
La commune se voit offrir «l’occupation précaire» de ce terrain, il lui en coûtera simplement 50 euros de frais de dossier.
C’est une première étape. Il faudra ensuite recommencer l’enquête publique, qui n’avait pas été menée à terme, en juillet dernier, faute de quorum au conseil communal. À la différence près, cette fois, que l’accord avec l’exploitant du réseau ferroviaire belge aura été conclu au préalable. Le dossier reviendra sans doute plusieurs fois devant l’assemblée.
Dans cette séance menée au pas de charge, on retiendra l’exposé succinct, fait par l’échevine Yolanda Daems (Voerbelangen) de l’assemblée générale de Fluvius, à laquelle elle a assisté.
Des cabines électriques modernes remplaceront des installations vieillissantes: ce ne sera pas du luxe!
Des cabines électriques modernes seront installées dans la commune, a-t-elle signalé, tandis que les travaux d’égouttage se poursuivront. Ils seront abordés par les élu(e)s fouronnais(e)s le 21 décembre prochain.
Mais déjà ce jeudi, la poursuite de l’égouttage à Driesch a été approuvée: il en coûtera 468866,07 euros, TVA comprise. L’enfouissement éventuel des câbles électriques n’est pas compris dans ce montant, a précisé l’échevine Daems, en ajoutant qu’il sera veillé aux places de parking ainsi qu’au «verdissement» des rues.
Toujours à Driesch, l’achat d’une parcelle, et l’échange d’une parcelle publique contre une parcelle privée, moyennant une soulte de 11000 euros ont été approuvés: ces opérations s’inscrivent toutes deux dans le cadre de l’aménagement d’une promenade le long de la Berwinne.
Égouttage encore: celui de la future zone PME de la rue de Warsage: dont coût de 21927 euros.
Insolite: le règlement sur les mariages qui datait de 2015, a été adapté. Le choix musical des époux leur sera plus largement laissé, et ils auront aussi la possibilité de personnaliser la cérémonie, qui durera au maximum une demi-heure. Par contre, on demandera qu’il ne soit plus… jeté de riz à la sortie de la Maison communale: par temps de pluie, cela peut être glissant, a-t-on entendu.
Reporté le mois précédent à la suite d’une intervention du conseiller indépendant Rik Tomsin, l’achat d’une caméra a cette fois été approuvé. Le coût est resté identique (18513,96 euros TVA comprise) et l’entretien annuel sera toujours facturé à 2235,44 euros TVA comprise. La seule différence par rapport au mois dernier, est qu’un subside de 7500 euros soutiendra l’achat. Rik Tomsin est resté muet, cette fois, pendant toute la séance. Mais il a été le seul à s’opposer à l’opération.
Le budget de la zone de police unicommunale fouronnaise a été approuvé. L’intervention communale y est de 269000 euros. Un inspecteur sera détaché de la zone au 1er janvier, a annoncé le bourgmestre, Joris Gaens (Voerbelangen), mais il n’y aura pas d’engagement compensatoire. Par contre, un véhicule d’intervention sera acquis. Grégory Happart et Chantal Lebeau (R@L) ont refusé leur approbation à ce budget.
L’annonce en avait été faite lors de la précédente réunion du conseil communal de Fourons, la décision a été approuvée à l’unanimité des membres présents ce jeudi (seule, Alexandra van Gestel (Voerbelangen) était absente et excusée): l’éclairage nocturne sera rétabli dans les rues des six villages… dès que possible.
La demande en sera faite à Fluvius, le distributeur d’électricité, à charge pour lui de vérifier la possibilité technique de procéder à l’opération. On se souvient en effet que, lorsque la décision avait été prise, le 26 octobre 2022, sur proposition de Grégory Happart (R@L) d’éteindre les luminaires la nuit, il fallait coordonner l’action avec la commune voisine d’Aubel. Cette nécessité existe-t-elle toujours aujourd’hui? On le verra à l’expérience. Cette extinction nocturne a néanmoins permis à la Commune d’épargner 32396 euros sur sa facture d’électricité. Mais il semble qu’un certain sentiment d’insécurité régnait désormais, d’où la décision en sens inverse.
La nuit, non seulement les bâtiments remarquables, mais les rues des villages fouronnais seront éclairés
L’échevin francophone Jean Levaux en a profité pour demander combien de luminaires étaient désormais équipés de LEDS, nettement moins énergivores. «Il y en a 30%» a expliqué l’échevine Yolanda Daems (Voerbelangen), « et la couverture totale est prévue pour 2028». Pour répondre à une autre question de son collègue du collège communal, elle a encore précisé que les remplacements de luminaires suivaient les travaux d’égouttage en cours dans les villages fouronnais.
Classiquement, la séance s’était ouverte par une question du conseiller indépendant Rik Tomsin au bourgmestre, tournant une nouvelle fois sur la participation. Mais c’est surtout sur le point relatif à l’achat d’une caméra que l’ancien président Voerbelangen du conseil communal a marqué un point.
C’est qu’il semble particulièrement bien connaître ce dossier: sur une de ses questions techniques, le bourgmestre, Joris Gaens (Voerbelangen) a avoué ne pouvoir donner une réponse immédiate.
Rik Tomsin a aussi relevé qu’une seule firme avait pu rentrer une offre, et que la caméra coûte fort cher: 18153,96 euros TVA comprise. Plus un montant annuel de 2235,44 euros TVA comprise pour son entretien.
Joris Gaens a souligné que l’achat se faisait en coordination avec la zone de police, mais que les associations fouronnaises pourraient utiliser la caméra. Mais quand Rik Tomsin a proposé de reporter le point à la réunion du 24 novembre, le bourgmestre ne s’y est pas opposé. Et le conseil unanime a suivi la proposition du dissident.
La séance a permis aussi aux conseillères et conseillers de prendre acte des budgets 2024 des fabriques d’église ou de voter sur les budgets à propos desquelles des remarques avaient été formulées. Les interventions communales se chiffrent à 15.551,53 euros pour Teuven; 25010,25 euros pour Mouland; 13157,64 euros à l’ordinaire et 15104 euros pour les investissements à Remersdael; 29404,12 euros à Fouron-le-Comte; 3733,31 euros à Fouron-Saint-Martin; et 31476,10 euros à Fouron-Saint-Pierre. Soit un total de 108426,7 euros.
Gros sous encore pour la zone de secours (pompiers) du Limbourg-Est, à laquelle Fourons est affiliée: sa part dans le budget n’est que de 1,24%, mais elle subit une hausse de 2% due à l’inflation: il lui en coûtera en 2024 172763,06 euros. Les additions… s’additionnent!
Il y a trois ans que l’événement n’avait plus eu lieu, pour cause de pandémie: la 45eme Fête du Peuple fouronnais s’est déroulée ce samedi dans un Centre sportif et culturel de Fouron-Saint-Martin archi-comble.
C’était l’occasion de rappeler le soixantième anniversaire du transfert forcé des six villages de l’entité fouronnaise de la province de Liège à celle du Limbourg. «Une annexion» a dénoncé José Happart, président de l’Action fouronnaise, dans son discours inaugural, et seule intervention politique de la soirée.
Car cette Fête a pris un tournant cette année. Plutôt qu’une série de discours politiques, plus ou moins écoutés poliment, la soirée avait pris la forme d’une évocation historique et musicale de ces six décennies, imaginée par Nico Droeven, ancien bourgmestre et ancien président du CPAS de Fourons.
En fait de représentants politiques, soit dit au passage, seul Frédéric Daerden (PS), ministre du Budget de la Fédération Wallonie-Bruxelles, était présent à la soirée. Le ministre-président du même gouvernement, le hervien Pierre-Yves Jeholet (MR), s’était désisté, quelques heures avant le début de la Fête.
Nico Droeven n’a rien omis dans son survol historique, entamé avant même le «clichage» de la frontière linguistique, en 1962. Le Centre Harmel, qui avait préparé l’opération dans les années 1950, avait envisagé pour les six villages fouronnais un statut bilingue, après consultation des autorités locales, a-t-il rappelé. On sait ce qu’il en est advenu.
Puis vient le projet de loi Gilson, fixant la frontière linguistique. Avec un troc entre les villages à majorité socialiste de la vallée du Geer contre les villages fouronnais à majorité sociale-chrétienne, comme l’a dit José Happart dans son discours introductif? La thèse est contestée…
Le ministre Gilson se verra vilipender dans les Fourons, avec une Marseillaise particulière, chantée sur place ce samedi.
Car le récit de Nico Droeven, dénonçant la «défrancisation» continue des Fourons, était entrecoupé de nombreuses interventions musicales, de grande qualité, de quelque soixante musiciens, de l’Harmonie Saint-Martin et des harmonies de Teuven-Remersdael réunies, dirigées alternativement par les deux chefs de musique.
Le message politique, qui a rappelé les manifestations violentes des milices privées flamingantes du début des années 1980, le «carrousel fouronnais» destiné à priver José Happart du mayorat et qui a fait tomber un gouvernement Martens, ou le changement de majorité avec l’aide active des Néerlandais en l’an 2000, n’a ainsi pas versé dans la complainte, avec un survol des succès des années 1960 à aujourdhui. Avec Jacques Brel pour lancer la série, puis notamment Yves Montand, Hervé Vilard, France Gall, ou Serge Lama, et… daft Punk pour terminer. Sans oublier les percussions appréciées des jeunes.
Après les bourgmestres et militants des années 1960; après les «jeunes loups» du début des années 1980, dont les cheveux ont blanchi; une troisième génération prend aujourd’hui le relais.
Les Fouronnais francophones maintiennent la pression
Elle bénéficie des acquis de leurs prédécesseurs: le Centre sportif et culturel; l’école francophone et la ferme modèle de Fouron-Saint-Martin sont des points d’ancrage de la Culture française dans les Fourons, a rappelé Nico Droeven.
Mais il reste des revendications insatisfaites. Comme la ratification de la Convention-cadre du Conseil de l’Europe sur la protection des minorités linguistiques: cette ratification par la Belgique, membre du Conseil de l’Europe, est bloquée par la Flandre, qui refuse de reconnaître les 350000 francophones qui vivent sur son territoire comme une minorité linguistique à protéger.
Le «grignotage» des facilités linguistiques se poursuit, lui, insidieusement. Et la revendication récemment avancée par Voerbelangen, confronté à une dissidence en ses rangs, de donner le droit de vote aux citoyens européens pour l’élection des membres du CPAS, vise à restreindre encore le poids des francophones dans la gestion des affaires.
2024 sera une année électorale cruciale: fédérale, régionale et communale. Avec les «extrêmes» qui risquent de triompher en Flandre, a averti José Happart. Qui craint de voir l’existence de la Région bruxelloise remise en cause. Cette Région qui a vu le jour en 1988, notamment en contrepartie de son renoncement au mayorat de Fourons…
Restait à conclure la Fête. Traditionnellement au son du «Compagnon fouronnais» puis du «Valeureux Liégeois»!