La pandémie frappe aussi à Fourons

Conseil communal express, ce jeudi, à Fourons, puisque l’ordre du jour a été expédié en 23 minutes! Les points qui y étaient inscrits étaient, il est vrai, d’ordre essentiellement administratifs, tels la régularisation du plan d’aménagement de la zone artisanale de Schophem, afin de permettre l’organisation fonctionnelle et l’extension de l’entreprise «Hobbyshop Debougnoux». L’administration flamande et l’administration provinciale ont dû être consultées et n’ont émis aucune objection. L’échevin francophone, Jean Levaux, s’est réjoui que ce dossier soit enfin clôturé, et a remercié les fonctionnaires communaux qui y avaient travaillé.

Le même échevin, Jean Levaux, a, en fin de séance publique, relayé une question du conseiller Grégory Happart sur l’évolution de la pandémie dans la commune.

Une campagne de vaccination a eu lieu le 15 janvier à Fourons

Le bourgmestre Voerbelangen, Joris Gaens, a ainsi précisé que 134 Fouronnais(e)s ont été infecté(e)s par le virus Omikron, mais que le caractère moins agressif de ce variant, et le fait aussi que de nombreux Fouronnais soient vaccinés, a fait qu’aucun d’entre elles et d’entre eux n’a dû être hospitalisé.

Le 15 janvier, a rappelé le mayeur fouonnais, la commune avait organisé une campagne de vaccination, afin de permettre aux habitants qui ne l’avaient pas encore reçue de se faire injecter une troisième dose de vaccin.

Une cinquantaine d’enfants vaccinés

Faudra-t-il reprendre une initiative identique afin d’administrer une quatrième dose aux personnes vulnérables? On fera le point en fonction des décisions prises à l’échelle nationale, a précisé Joris Gaens.

Par contre, la vaccination des enfants de 5 à 12 ans a débuté sur le territoire communal, et une cinquantaine d’enfants ont reçu une première injection. La deuxième est programmée pour le 12 février. Cette vaccination se fait sur base volontaire, a conclu le bourgmestre.

La politique de la chaise vide chez Enodia: question linguistique?

Le conseil communal de Fourons a terminé l’année en roue libre, ce dernier jeudi, avec même un point insolite, relatif à l’assemblée générale d’Enodia, qui avait eu lieu la veille, et où le collège échevinal avait décidé de n’envoyer personne.

Une nouvelle fois, la majorité a pratiqué la politique de la chaise vide chez Enodia, a dénoncé Michael Henen. Parce que le siège de l’intercommunale se trouve à Liège?

L’assemblée était invitée à ratifier cette décision, qui a interpellé l’élu de l’opposition francophone, Michael Henen, qui a regretté que « les membres de la majorité aient cette fois encore voté en faveur de la politique de la chaise vide, malgré le fait que cette Assemblée générale ordinaire du 22 décembre dernier pouvait se dérouler en vidéoconférence».

Cette assemblée générale se déroulant après la confirmation de la vente du l’opérateur Voo au réseau Orange était aussi, peut-être, l’occasion de poser des questions sur l’utilisation de ce produit de la vente: réinvestissement, ou versement total ou partiel aux communes de l’intercommunale, qui n’ont plus touché de dividende de plusieurs années? Mais peut-être Fourons est-elle à ce point riche qu’elle se soucie de ce «détail» comme un poisson d’une pomme…

«J’ai personnellement vécu trois campagnes électorales, pendant lesquelles le leitmotiv de
nos adversaires politiques était la bonne gestion, soi-disant a contrario de la méthodologie
utilisée par la majorité du siècle précédent. D’où mon interrogation concernant la définition de « bonne gestion »… je pensais réellement que quelqu’un qui accepte un mandat, allait tout faire pour l’exercer au mieux : à la lumière de la situation, je n’ai visiblement pas la bonne vision du terme»
a persiflé Michael Henen.

À moins que, a-t-il poursuivi, la majorité fouronnaise ait décidé de se faire porter pâle à cette assemblée générale «parce qu’on n’y parlerait que de chiffres»? Ou alors parce que «le siège social de cette intercommunale se situe dans une région bien définie. Et je suis
en droit de le penser lorsque l’on constate que toutes les autres structures auxquelles notre commune est affiliée, ont la chance de croiser des mandataires fouronnais.
Évidemment, celles-ci ne se situent pas en Région wallonne…»
.

Piqué au vif, le bourgmestre, Joris Gaens a répliqué que «se référer à la bonne gouvernance en disant que cela implique pour élu la volonté de tout faire pour exercer son mandat au mieux est un peu étrange de la part d’un élu dont un colistier (N.D.L.R.: Benoît Houbiers) est systématiquement absent lors de nos réunions de conseil communal en distanciel».

C’est sur un ton moins polémique, mais tout aussi ferme, que l’échevin francophone Jean Levaux, a demandé si les modes d’emploi seraient disponibles dans les deux langues, pour la valisette de sécurité qui pourra être prêtée à des associations fouronnaise, voire à des particuliers, lors d’organisations diverses: si on y trouve des chasubles fluorescentes, il y a aussi des boîtes de premiers secours, un sonomètre ou encore un appareil de mesure du C02, avait détaillé longuement le premier échevin, William Nijssen.

«Il sera possible de la demander via le site Web de la commune qui est bilingue» a répondu ce dernier, qui n’avait manifestement pas compris le sens de la question de Jean Levaux. Mais qui, imperturbable, après une précision de son collègue francophone, a assuré que «tout se trouvera bien dans les deux langues sur le site de la commune». Il sera peut-être prudent de vérifier quand même…

Une police chère et plus forcément bilingue

De par sa situation géographique et son statut particulier, la zone de police de Fourons est une zone unicommunale. Le conseil communal, réuni en distanciel ce jeudi, s’est notamment penché sur son budget 2022 qui accuse un bonus de 183121,94 euros au service ordinaire, et de 30881,12 euros au service extraordinaire.

«Ce budget a été établi en collaboration avec le chef de corps (NDLR: faisant fonction, depuis le départ du titulaire, Ronijn Cox), et tous les investissements qu’il avait réclamés y figurent» a commenté le bourgmestre, Joris Gaens (Voerbelangen). À huis clos, l’engagement d’un inspecteur principal a d’ailleurs été confirmé, ce qui permet de compléter le cadre de la zone, a complété le mayeur.

L’avenir s’annonce toutefois plus sombre, a poursuivi Joris Gaens: la contribution communale devrait doubler en 2022, passant de 60000 à 12000 euros. Dans un premier temps?

S’acquitter de toutes les tâches (de plus en plus nombreuses) dévolues à la zone se révèle cependant d’année en année plus ardu. C’est pourquoi, il y a quelques années, une «collaboration informelle» a été établie entre la zone de police fouronnaise et la zone de police pluricommunale de Bilzen-Hoeselt-Riemst. Cette collaboration permet l’appui mutuel de policiers soit lors de missions spéciales ou lors de missions ordinaires, lorsque du personnel manque à l’appel.

La zone de police de Fourons ne peut pas fusionner: elle passe donc un contrat d’association avec la zone de police limbourgeoise de Bilzen-Hoeselt-Riemst. Les justiciables francophones risquent de se retrouver face à des policiers qui ne parlent pas leur langue…

Ce jeudi soir, un pas supplémentaire a été franchi, avec l’approbation d’un contrat d’association entre les deux zones.

Les collaborations entre les zones de police prennent ainsi un tour plus formel, de quoi permettre la réalisation d’économies d’échelle.

«Chacune d’entre elles gardera sa propre direction» a précisé Joris Gaens. «Nous avions en effet le choix entre la fusion, qui aurait placé l’ensemble des policiers sous direction unique, ou l’association. Et c’est cette solution qui a eu notre préférence».

Ce que le mayeur fouronnais n’a pas précisé, c’est qu’une fusion des zones de police est tout aussi impossible qu’une fusion des communes pour Fourons, en raison même de son statut linguistique spécial. Entre fusion et association, il n’y avait en fait pas de choix.

L’échevin francophone, Jean Levaux, s’est inquiété: avec ce contrat d’association, les justiciables fouronnais francophones risquent de se retrouver devant des policiers qui ne pratiquent pas leur langue…

Le bourgmestre «s’attendait» à la question, et se veut ouvert: «tous les policiers en poste à Fourons doivent avoir satisfait un examen linguistique» a-t-il rappelé, et le «souci de sécurité est le même pour tous les habitants de Fourons, quelle que soit leur langue».

Le hic, c’est que dans la zone limbourgeoise… et éloignée, de Bilzen-Hoeselt-Riemst, les agents ne sont pas forcés de passer un examen linguistique, et il n’y a pas de bilingue fonctionnel parmi eux, «sauf si certains ont été en poste dans une région bilingue comme Bruxelles ou à Fourons».

Tôt ou tard, des policiers néerlandophones risquent donc de s’adresser à des Fouronnais dans une langue qui n’est pas leur, ce qui serait regrettable. En principe, quand des policiers de la zone Bi,zen-Hoeselt-Riemst seront en intervention à Fourons, ils seront toujours accompagnés d’un inspecteur local, a nuancé le mayeur. En principe seulement, et au prix d’une prestation superfétatoire. «Mais si des Fouronnais (néerlandophones) s’adressent au 112 à Liège, ils n’auront pas non plus forcément au bout du fil un agent bilingue» a ajouté Joris Gaens, dans une réflexion dont son prédécesseur, Huub Broers, était familier.

Le contrat d’association a été approuvé majorité flamande contre opposition francophone, sauf l’abstention de l’échevin Jean Levaux.

Dans un souci d’efficacité, des collaborations pourraient aussi être établies entre la zone de police fouronnaise et les zones de police voisines du plateau de Herve ou de Visé. Car la géographie est têtue. Mais on imagine que la majorité Voerbelangen n’en a pas la moindre envie…

En attendant, Fourons paiera de plus en plus cher le privilège d’avoir une zone de police unicommunale limbourgeoise et flamande. Et mère Flandre, qui a déjà tant investi dans la commune, risque fort de la laisser se dépatouiller elle-même…

Accord tripartite bis

Le conseil s’est aussi vu invité à approuver la deuxième version de l’accord tripartite entre la commune, l’évêché de Hasselt, et le conseil de fabrique de Fouron-le-Comte, au bénéfice duquel l’évêché a accordé un prêt sans intérêt, et la commune un crédit-pont de 1,7 millions d’euros. Ces opération financières permettaient de «couvrir» l’usage par le conseil de fabrique de crédits destinés à la rénovation de l’église pour rénover la salle paroissiale.

Pourquoi une nouvelle version? Officiellement, parce que le cabinet d’avocats chargé de formaliser cet accord tripartite a commis des erreurs. «Purement techniques, mais il fallait aussi apporter quelques éclaircissements» selon la majorité.

Comme toujours, l’opposition francophone s’est opposée à cet accord tripartite. Le débat a juste permis au premier échevin, William Nijssen, de confirmer que la rénovation de la salle s’était opérée avec l’accord du collège échevinal de l’époque, présidé par Huub Breors.

L’imbroglio se prolonge à la paroisse de Fouron-le-Comte

Parmi les modifications budgétaires de 2021 et les budgets 2022 soumis à la prise de connaissance ou au vote du conseil communal de Fourons, le dossier de la paroisse Saint Lambert de Fouron-le-Comte suscitait, comme d’habitude, l’attention des conseillers francophones, privés de Grégory Happart, participant à une rude épreuve sportive à La Réunion.

L’accord tripartite conclu pour «couvrir» la rénovation de la salle paroissiale de Fouron-le-Comte n’a toujours pas été finalisé: il reviendra, modifié, devant le conseil communal

Pour rappel, en 2017, il est apparu que le conseil de fabrique de Fouron-le-Comte avait utilisé des crédits destinés à la rénovation de l’église pour rénover la salle paroissiale attenante. Et quand les crédits supposés aider à la rénovation de l’édifice religieux ont été épuisés, la commune a dû intervenir sous forme de crédit-pont d’1,7 million d’euros. L’opération passait par un accord tripartite entre l’évêché de Hasselt, prié d’intervenir lui aussi; la commune de Fourons; et le conseil de fabrique de Fouron-le-Comte, censé rembourser de crédit-pont notamment par la vente de terrains, et par les recettes d’exploitation de la salle paroissiale.

C’est précisément l’absence de recettes de location qui a interpellé la conseillère R@L (Retour aux Libertés) Clotilde Mailleu, tout comme, notamment, une dépense de 2300 euros prévue pour des… télécommunications.

«Aux termes de l’accord tripartite, la commune doit devenir propriétaire de la salle paroissiale» a commencé par répondre le bourgmestre, Joris Gaens (Voerbelangen), avant d’avouer que cet accord tripartite, annoncé par son prédécesseur, Huub Broers, en octobre 2017, n’est «toujours pas conclu»; qu’il a été «modifié» et qu’il sera soumis pour accord «à un prochain conseil communal».

L’imbroglio dénoncé alors par les élus francophones se prolonge donc. Mais reste la question: pourquoi les recettes de la location de la salle paroissiale ne figurent-elles pas dans les épures budgétaires du conseil de fabrique de Fouron-le-Comte? Joris Gaens a évoqué la pandémie qui font que ces recettes («300 euros la location») «n’ont pas atteint le niveau de 2018».

Les élus francophones n’obtiendront pas plus de précision. Mais se souvenant qu’en juillet 2018, le conseil de fabrique s’était déjà annoncé incapable de rembourser le crédit-pont, ils ont refusé et la modification budgétaire 2021 et le budget 2022 de Fouron-le-Comte. La majorité Voerbelangen, elle, les a approuvés les yeux fermés.

Le rêve de tolérance face à la lecture de la loi

Clotide Mailleu a cité Federico Fellini à l’appui de son appel à l’ouverture

Se référer au cinéaste italien Federico Fellini dans une intervention politique est une démarche rare. Mais Clotilde Mailleu, jeune conseillère communale francophone… et parfaite bilingue, voulait sortir du traditionnel affrontement fouronnais en interpellant le bourgmestre, Joris Gaens (Voerbelangen) pour en appeler à une «ouverture d’esprit… à une autre vision afin d’impliquer tout le monde dans un « vivre ensemble » à Fourons».

Sa référence à Fellini? Une citation –«Une langue différente est une vision différente de la vie»– rappelée par l’élue R@L (Retour aux Liberté). Le contexte? Un appel de la Croix-Rouge aux donneurs de sang et une action de prévention du cancer du sein chez les femmes annoncés uniquement en néerlandais.

«Pourquoi un appel de la Croix-Rouge n’est-il écrit qu’en néerlandais ? Ne serait-il pas utile que les francophones se sentent également concernés ? On entend partout qu’il y a une pénurie de sang, cela ne pourrait-il pas déjà faire partie de la solution ?» a interrogé Clotilde Mailleu. «Bien sûr, vous pouvez comprendre l’essence d’une telle action. Mais jusqu’où pourrions-nous amener les gens s’ils se sentent toujours concernés. Un message, un appel à l’aide dans votre langue maternelle» a-t-elle ajouté, à propos de la prévention du cancer du sein.

«Faisons des actions qui concernent le bien-être de nos habitants dans les deux langues» a-t-elle conclu. «Comment cela pourrait-il être possible? En publiant un bel article dans le bulletin d’information de la commune, sur le site internet, etc.»

Interpellé, le mayeur fouronnais a montré qu’il connaissait le cinéma de Federico Fellini «où la frontière entre les souvenirs et l’imaginaire est souvent difficile à tracer».

Attaché au «patois fouronnais» parlé à une large échelle, Joris Gaen a expliqué que «les frais de traduction coûtent énormément à notre commune» (NB: le prix à payer pour le transfert au Limbourg, en 1962, contre l’avis des populations locales) et ne pas vouloir imposer ce prix à des associations «privées, qui doivent faire beaucoup d’efforts pour rassembler les moyens» de leurs actions.

«Fourons n’est pas une commune bilingue» a insisté Joris Gaens

Quant à des articles dans les deux langues dans le bulletin communal, «je vous rappelle que Fourons n’est pas une commune bilingue mais une commune unilingue flamande avec facilités pour les francophones» a-t-il opposé. Et de conclure qu’en tant que bourgmestre «je ne peux transgresser une loi qui résulte d’un accord politique entre Flamands et Francophones». Le tout sous le regard approbateur de son prédécesseur, Huub Broers, installé dans la tribune réservée au public, et qui n’aurait pas renié un iota de la réponse.

«Je regrette que vous n’opposiez que la loi au rêve de Fourons qui pourrait être un exemple de communes où les deux communautés pourraient vivre ensemble», a déploré Clotilde Mailleu.

Plus avant dans l’ordre du jour, à propos d’un règlement relatif au prêt de jouets de plein air, incluant un terrain de football panna, compresseur compris, l’élue R@L est revenue à la charge en demandant si des formulaires en français seraient disponibles pour les amateurs.

«Je regrette, mais selon la loi linguistique, les formulaires ne doivent pas être traduits» a répondu Joris Gaens. Selon la version flamande, non coordonnée de la loi, pour être tout à fait précis.

«Je retiens que vous aviez dit que vous regrettiez» a conclu, fine mouche, Clotilde Mailleu.

Les PME de Fourons ont eu le temps de déménager ou de changer de propriétaire

C’était une promesse électorale de Voerbelangen lors de la campagne électorale de 2000, celle qui lui a permis, avec l’appoint des électeurs néerlandais, de renverser la majorité francophone à Fourons: une zone PME allait être aménagée, afin de permettre aux Petites et Moyennes Entreprises (PME) fouronnaises de se développer sur place.

La zone PME sera installé entre les routes de Berneau (photo) et de Warsage. En 2023 au plus tôt, soit 23 ans après la promesse électorale de l’an 2000….

Cette promesse va enfin se concrétiser. Ou du moins, elle se concrétisera en… 2023, si tout se passe au mieux. Car la commune de Fourons n’est propriétaire que de deux des trois parcelles agricoles sur lesquelles doit être aménagée cette zone PME d’une superficie totale de 2,6 hectares, entre les routes de Berneau et de Warsage.

Il reste donc une négociation à mener à bien avec un propriétaire, lequel se retrouve en position de force. De quoi faire éventuellement durer la négociation. Car l’ancien bourgmestre de Fourons, Huub Broers, en réponse à un commentaire sur la page Facebook de son successeur, qui annonçait triomphalement la nouvelle, explique la lenteur (c’est un euphémisme!) du dossier par «un différend juridique autour d’une parcelle dont la commune n’a pas pu se rendre acquéreuse. Il n’y a donc pas eu de laxisme dans son chef.»

«En réalisant cette zone réservée aux PME, nous voulons éviter une certaine dispersion environnementale, en concentrant l’activité économique à un seul endroit» a expliqué le bourgmestre de Fourons, Joris Gaens, à nos confrères du Belang van Limburg. Il est question de l’établissement d’une dizaine de PME, qui porteraient une cinquantaine d’emplois.

Il s’agit aussi, et surtout, pour le mayeur fouronnais, d’enrayer l’exode vers les zonings artisanaux des communes (wallonnes) les plus proches des petites et moyennes entreprises fouronnaises. Il faut dire que, depuis vingt ans, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts de la Voer (ou du Foron) et de la Berwinne: des PME sont apparues et d’autres ont disparu; et un certain nombre d’entre elles ont eu le temps de changer deux ou trois fois de propriétaires. Il en est aussi qui ont émigré, parfois sous la contrainte, parce que langue de l’entrepreneur menuisier n’était pas celle de la majorité communale…

Le projet est soutenu par la province de Limbourg, qui, a précisé le député provincial CD&V Tom Vandeput, prendra en charge les travaux d’étude et fournira les avis juridiques nécessaires, «ce qui est impossible pour une petite commune comme Fourons» a-t-il commenté de manière peut-être un peu condescendante pour son partenaire.

En Flandre, et notamment en province de Limbourg, la tendance générale pousse à la fusion des communes, afin de donner aux pouvoirs locaux les moyens de leur politique. Mais à part avec la minuscule commune de Herstappe, qui a comme elle un statut linguistique particulier, Fourons ne peut fusionner avec aucune entité flamande. Elle devra donc toujours compter sur un soutien provincial qui ne lui a, il est vrai, jamais été mesuré.

Sur le plan local, la nouvelle ne semble pas faire que des heureux dans le voisinage de la future zone PME.

Sur le page Facebook du bourgmestre, certains commentaires évoquent déjà l’augmentation du trafic et du bruit qui découleront de l’aménagement de cette zone.

Joris Gaens temporise: «c’est une réaction compréhensible» a-t-il répondu. « On ne peut pas installer des entreprises à n’importe quel endroit, et celui-là était disponible. Mais nous aménagerons des écrans verts pour amortir le bruit et dissimuler la zone aux regards».

Si rien ne vient encore freiner le projet, les premières entreprises ne viendront s’installer dans cette zone qu’au cours de l’année 2023. Il restera aux Fouronnais(e)s et notamment aux riverains proches un an pour estimer si c’est une bonne… ou une moins bonne nouvelle.

Retour sur le dossier fouronnais

Même si le « temps des gourdins» évoqué dans l’ouvrage «Génération Fourons» (Pierre Ubac (nom collectif; De Boeck Université, 1993) est désormais lointain dans les villages fouronnais, arrachés à la Wallonie et à la province de Liège en 1962, le dossier fouronnais continue à susciter la curiosité.

La preuve par le premier dossier de «L’Histoire continue», l’excellente émission de Bertrand Henne et Hélène Maquet, le samedi matin, sur La Première, qui était consacré aux affrontements violents du début des années 1980 dans la vallée de la Voer (ou du Foron), et du long chemin vers une sortie de crise qui s’est conclue par… la création de la Région bruxelloise, en 1988. Le 9 mars 2020, c’est la VRT qui, en radio, était revenue sur l’épisode qui avait vu un pisciculteur fouronnais, Joseph Snoeck, faire feu sur des manifestants flamingants qui dévastaient la maison sur laquelle il avait eu l’audace d’afficher le drapeau des Fouronnais francophones. Et voici qu’un nouvel ouvrage revient sur ce passé tumultueux: «Fourons, le symbole sacrifié», par Jean-Louis Xhonneux.

Secrétaire général de l’Action fouronnaise, Jean-Louis Xhonneux revient sur la saga qui a agité la vie politique belge dans les année 1980

L’homme est un acteur important de la saga fouronnaise: il est toujours le secrétaire général de l’Action fouronnaise, et un des correspondants les plus fidèles de la Commission permanente de contrôle linguistique… dont la majorité flamande à Fourons se soucie des avis comme un poisson d’une pomme, surtout lors de la fin de «règne» de Huub Broers (Voerbelangen) à l’Administration communale de Fourons. Et nous ne serions pas surpris si, à terme, d’autres auteurs revenaient sur le dossier, mais n’anticipons pas…

Les racines de l’ouvrage de Jean-Louis Xhonneux plongent loin dans l’Histoire, puisque dans une première partie, d’une lecture un peu plus ardue, il évoque l’époque lointaine du comté de Dalhem, rattaché au duché de Brabant à l’époque médiévale, et du duché de Limbourg, qui n’avait rien à voir avec les provinces belge et néerlandaise actuelles du Limbourg. Cette «usurpation d’identité» territoriale est le fait, on l’a bien oublié aujourd’hui, du roi des Provinces-Unies reconstituées après la chute de l’empire napoléonien: Guillaume Ier des Pays-Bas voulait s’afficher en héritier des princes et aristocrates d’Ancien Régime, et le nom du duché disparu de Limbourg, dont le village historique vaut toujours le détour sur les hauteurs de Dolhain, a été ainsi «transféré» à une province dont le chef-lieu était Maastricht, et qui s’est dédoublée après la Révolution belge de 1830.

Le but de l’auteur est de tordre le cou à une légende: il n’y a jamais eu «d’échange» entre les villages fouronnais, à l’extrême-est de la Wallonie, et Mouscron-Comines, transférés de Flandre Occidentale à la province de Hainaut, à l’opposé, le long de la frontière française.

Il rappelle que ce tour de passe-passe a été obtenu par le vote, à une majorité (flamande) simple face à la minorité wallonne, tant à la Chambre qu’au Sénat, alors que, pour renverser cette décision à laquelle la population locale s’est opposée durant quatre décennies dans les urnes, il faudrait désormais une loi à majorité qualifiée, qui recueille notamment la majorité des voix dans chacun des groupes linguistiques de la Chambre. Et voilà comment des votes répétés en 1964, en 1976, en 1982, en 1988, en 1994, et, pour l’élection directe du CPAS, en 2000, en faveur du retour de ces six villages à la province de Liège ont toujours été sciemment ignorés. À l’heure, aujourd’hui, la démocratie est en crise, et où les solutions les plus variées sont proposées pour actionner une «participation citoyenne», il y aurait là matière à large réflexion.

L’ouvrage de Jean-Louis Xhonneux ne va pas au-delà du changement de siècle, qui a vu la majorité francophone renversée par l’opposition flamande, avec le concours des électeurs néerlandais établis à Fourons. Des électeurs dont la participation, rappelle l’auteur, a pulvérisé les records au niveau national!

Il se prolonge simplement par l’affichage des résultats électoraux de 2006,2012, et 2018, qui ont vu la majorité flamande prendre le contrôle aussi du CPAS.

«Huub Broers avait toujours assuré qu’à terme, la solution démographique jouerait en faveur des Flamands» rappelait le journaliste politique de la VRT, Ivan De Vadder, lors de l’émission sus-dite de La Première. Du côté francophone, de façon provocatrice, le terme d’«épuration ethnique» a été plusieurs fois brandi, lors des situations de tensions notamment. La comparaison avec les drames qu’a connus l’ex-Yougoslavie se révèle très discutable.

Nourri de ses propres souvenirs, mais aussi d’une abondante littérature, et de sources de presse, l’ouvrage de Jean-Louis Xhonneux permet à tout lecteur et toute lectrice peu au fait de cet épisode mouvementé de la vie politique belge de la fin du XXe siècle d’en apprendre beaucoup, sous le prisme francophone. C’est notamment l’occasion de vérifier que la «tache d’huile» si fréquemment évoquée par les milieux flamingants pour dénoncer la francisation progressive de la périphérie bruxelloise a été le fait, à Fourons, de fonctionnaires et militants flamands «transférés» dans ces villages à flamandiser à tout prix (cf. les investissements considérables de la Flandre sur place). Et par l’installation de nombreux seconds résidents néerlandais, habilement mobilisés en vue du scrutin communal de 2000.

Les personnes bien au fait du dossier se souviendront de la tempête déclenchée en Flandre par la rencontre impromptue entre le défunt roi Baudouin et un jeune agitateurs appelé José Happart, le 22 mai 1979, à hauteur de la sortie d’autoroute d’Ensival, en région verviétoise. Mais elles seront peut-être étonnées d’apprendre, comme l’auteur de ce blog, que le 27 janvier 1978, des Fouronnais francophones et flamands s’étaient accordés pour créer un «Comité écologique fouronnais» parfaitement bilingue.

Deux jours plus tard, l’initiateur flamand de cette réunion, un enseignant, était convoqué à Hasselt, chef-lieu de la province du Limbourg, et se voyait affirmer, contre toute logique, qu’il n’y avait… pas de francophones à Fourons et que donc un comité bilingue n’avait aucune raison d’être. Rappel de son statut professionnel à la clé, on lui intimait donc l’ordre de saborder l’initiative. Quelques mois plus tard, les «promeneurs» fachos du Taal Aktie Komitee et du Vlaams Militanten Orde, une milice illégale ensuite tardivement interdite, déferlaient sur les Fourons. Sans le moindre souci écologique, on s’en doute…

Les Fourons noyés sous l’offre touristique

Émargeant à la fois au plateau de Herve et au Mergelland néerlandais, les paysages touristique fouronnais comptent parmi les plus beaux de Flandre, et, par ricochet des Pays-Bas.

Les touristes sont d’ailleurs très nombreux à visiter les villages de l’entité fouronnaise qui, a-t-on appris au détour d’une réponse du bourgmestre Voerbelangen, Joris Gaens, à une question «sur mesure» d’une des nouvelles élues de son propre parti, Alexandra van Gestel, a révélé que l’offre en hébergement touristique, rapportée à la population autochtone, atteint 53,48% à Fourons, contre 4,27% à Borgloon (Looz); ou 2,19% à Saint-Trond, et 4,65% pour l’ensemble de la province de Limbourg.

La crise sanitaire n’a pas eu d’effet négatif sur le nombre de visiteurs, au contraire: les restrictions aux voyages à l’étranger ont plutôt «boosté» les excursions «surtout d’un jour» en terre fouronnaise.

Tout ceci ne risque-t-il pas de faire des Fourons une espèce de «réserve naturelle», où la population locale devra se plier aux désirs des visiteuses et des visiteurs?

L’Office du tourisme (flamand) de Fourons connaît du succès

«Il faut trouver un équilibre entre le développement touristique et la vie quotidienne dans la commune» a posé Joris Gaens. C’est dans cet esprit qu’un projet de « parc paysager» incluant les six villages de la commune est en gestation: il s’agirait d’y concilier «le tourisme, la récréation, la nature, et l’agriculture». On notera tout de même que parmi les objectifs, seule, l’agriculture vise une (partie de l’)activité quotidienne des Fouronnaises et des Fouronnais.

Bon public, Alexandra van Gestel s’est réjouie de la réponse. On attendra néanmoins de juger sur pièces.

À Schophem, ce n’est pas le passage récent de deux policiers, venus expliquer aux habitants du hameau que les véhicules ne peuvent être stationnés sur les trottoirs mais doivent l’être sur l’étroite chaussée qui a provoqué l’émoi.

Interrogé par Michael Henen, Joris Gaens a précisé que cette visite n’avait pas été ordonnée par le chef (ff) de la zone de police, mais visait à rappeler que «les trottoirs sont réservés aux piétons». Les dispositions à Schophem valent pour toutes les rues rénovées récemment dans le cadre des travaux d’égouttage à Fouron-le-Comte, a précisé le bourgmestre.

De la signalisation ou des marquages «ad hoc», réclamée par le conseiller francophone, pour prévenir les usagers de passage, et notamment les touristes, de la difficulté à se croiser à certains endroits, il n’a pas été question.

Reste à croiser les doigts pour que la tôle froissée ne s’accumule ni à Schophem, ni ailleurs dans l’entité fouronnaise!

Trop de chats errants à Fourons?

Clotilde Mahieu (R@L) avait elle aussi une question pour la majorité fouronnaise: que fait-elle pour lutter contre la prolifération de chats errants, spécialement dans certains villages. La province de Limbourg ne dispose-t-elle pas d’un service spécialisé, demandait-elle, et si oui, peut-on en aviser la population fouronnaise, dans les deux langues bien entendu?

La commune travaille avec la SPRA (Société Royale Protectrice des Animaux) qui se charge de la capture des chats errants, de leur stérilisation, et qui les ramène ensuite sur place, a expliqué le bourgmestre, Joris Gaens. Tout cela pour 1500 euros par an, le coût de l’affiliation de la commune à la SPRA.

«Les personnes incommodées peuvent avertir le service Environnement de la commune» a-t-il conclu, en annonçant que la procédure sera rappelée dans un prochain bulletin communal, «entièrement traduit, comme vous le savez».

Compter sur la civilité des usagers?

Depuis la réalisation de grands travaux à Fouron-le-Comte, le passage est difficile dans la partie rétrécie de Pley, a soulevé le conseiller francophone Michael Henen. «Les automobilistes hésitent parfois sur l’attitude à adopter, et comme parfois le croisement est difficile, certains roulent sur les trottoirs» a-t-il observé. La difficulté se complique encore quand l’un des usagers est au volant d’un autobus, d’un camion, ou d’un tracteur…

Des mesures ont déjà été prises sur place, avec le placement de panneaux, «et une limitation de la vitesse à 30 à l’heure» a expliqué le bourgmestre, Joris Gaens.

«Le but d’un rétrécissement de la chaussée est d’ailleurs d’abaisser la vitesse» a-t-il ajouté, en relevant que les Fouronnais(es) ou les usagers de passage ont le pied lourd: «en moyenne, lorsqu’on flashe, on relève 20% d’infractions, contre 10% dans les autres communes».

La circulation sur les trottoirs est interdite, a-t-il rappelé, concédant toutefois que le passage est difficile pour les conducteurs d’autobus, de camions ou de tracteurs, «de plus en plus grands». Mais avant de penser à d’autres mesures, comme le placement de piquets le long des trottoirs, il veut laisser passer un temps d’adaptation, et compte sur la civilité «et la jovialité» des usagers.

La réponse rencontre l’agrément de l’intervenant… mais aussi un relatif pessimisme quand à la civilité des usagers «dont j’ai vu certains emprunter les trottoirs». Pour ce qui est du placement éventuel de piquets Clotlide Mahieu (R@L) en verrait bien «à proximité du night-shop», dont des clients se garent souvent» sur ces trottoirs