L’avenir de la zone de police en questions pour les francophones

L’ordre du jour, assez chargé, du conseil communal de Fourons, ce jeudi, semblait devoir être expédié en deux temps trois mouvements, mais le dernier point, relatif à l’avenir de la zone de police, a mobilisé les attentions et a motivé de nombreuses questions surtout du côté francophone.

C’est le bourgmestre, Joris Gaens (Voerbelangen) qui a introduit le sujet. «Trois options se présentent à nous: rester seuls; s’associer à d’autres zones de police, ou fusionner».

La suite de son exposé allait manifester où va sa préférence. «Notre zone de police est la plus petite du pays», a-t-il rappelé. Par ailleurs, «le travail des policiers est beaucoup plus complexe qu’il y a vingt ans». Notamment, reproductions du Belang van Limburg à l’appui, parce que la province de Limbourg constitue la plaque tournante du trafic de drogue en provenance du port d’Anvers. «Mais il y a aussi la criminalité en ligne», a rappelé le bourgmestre fouronnais.

Le financement de la zone de police est par ailleurs de plus en plus lourd pour les finances communales. En 2025, il se montait à 3 millions d’euros, «dont 90% pour les salaires des policiers, ce qui est beaucoup plus que dans d’autres zones de police». Et si la zone reste unicommunale, ce montant devra de plus en plus pesant. D’autant que le subside fédéral, «qui, par habitant, est un des plus hauts du pays», ne suit pas l’évolution des coûts: c’est donc la commune qui doit financer une différence de plus en plus grande. «Le déficit est structurel» a-t-il conclu.

S’ajoute à cela la prochaine mise à la retraite du chef de corps ff, La seule solution est donc la fusion avec la zone de police de Bilzen-Hoeselt-Riemst. «Ce qui ne se traduira pas par moins de policiers sur place, mais au contraire par plus de présence policière». Et cette opération s’inscrit dans une ligne voulue au plan fédéral, où l’on souhaite des zones de police plus étendue, a-t-il relevé.

Ce qui était demandé au conseil communal, c’est l’ouverture d’une enquête préalable, «pour laquelle nous aurons des exigences: une sécurité garantie à tou(te)s nos concitoyen(ne)s; une police de proximité accrue; et des finances stables».

Yannick Lahaye a fait part des inquiétudes de l’opposition francophone, qui a sondé les Fouronnais, et a reçu plus de 400 réponses, «réparties équitablement entre francophones et flamands», a-t-il signé.

Les Fouronnais(e)s tiennent à leur police de proximité. Sera-t-elle garantie dans la fusion avec la zone de Bilzen-Hoeselt-Riemst? Et q’u’en sera-t-il du bilinguisme?

Première objection: «les temps d’intervention seront allongés», si des policiers doivent venir de Riemst ou de Bilzen-Hoeselt à Fourons. Par ailleurs, «le bilinguisme (obligatoire dans la zone de police fouronnaise) ne sera pas garanti». Le rôle de la police locale «sera dévalorisé», surtout après la retraite du chef de corps ff. «Alors que les policiers de notre zone connaissent le mieux nos villages».

«Une fusion avec la zone de police de Bilzen-Hoeselt-Riemst pose à la fois des problèmes physiques et géographiques», a-t-il conclu. «Il serait beaucoup plus efficace de collaborer avec les zones de police voisines».

Tout en remerciant le conseiller R@L pour ses questions, Joris Gaens a jeté un doute sur l’enquête menée par l’opposition francophone «dont les questions étaient orientées». Un peu comme son exposé introductif.

«Les fusions de zones de police ne sont possibles qu’au sein d’un même arrondissement judiciaire», a-t-il affirmé. Tout en revenant sur des exigences, dont «celle du bilinguisme qui est absolue».

Jean Levaux a ajouté une question subsidiaire sur le dialogue avec les policiers fouronnais. «Nous dialoguons depuis des années avec le chef de corps (ff), et avec les policiers de la zone», a assuré le bourgmestre.

Un amendement francophone réclamant en introduction une réflexion sur l’opportunité d’une fusion refusé, l’étude a été commandée, majorité flamande contre opposition francophone.

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