La politique a des principes qu’il faut comprendre

Au moment de céder l’écharpe mayorale à Joris Gaens, à la fin décembre 2018, Huub Broers (Voerbelangen) nous avait confié qu’il avait vite vu qu’il «ne pouvait rien lui apprendre, pas plus qu’à ma fille Hilde» qui se préparait à hériter de la présidence du CPAS de Fourons.

Les péripéties politiques de cette semaine, qui ont vu l’opposition francophone suffisamment en nombre pour, à la faveur de l’absence d’une élue néerlandophone, bloquer les modifications budgétaires du CPAS, puis s’opposer à la modification du plan budgétaire pluriannuel de la commune, ont provoqué chez la présidente du CPAS puis chez le bourgmestre des réactions qui nous inciteraient à penser qu’il leur reste encore beaucoup à apprendre des principes politiques. Et notamment des rapports qui existent entre une majorité et une opposition.

C’est d’abord la présidente du CPAS qui a interpellé le chef de groupe R@L (Retour aux Libertés), l’ancien bourgmestre fouronnais Nico Droeven, pour lui demander de justifier le vote négatif de son groupe sur la modification budgétaire proposée. Nico Droeven a rejeté l’invitation: s’il arrive que des élu(e)s justifient une abstention, il n’est guère d’usage qu’un vote négatif de groupe se justifie.

Le conseil communal, à son tour, n’a pu s’exprimer sur la modification budgétaire du CPAS, dès lors que cette modification reste en suspens…

Détendu en début de séance, Joris Gaens a exprimé son incompréhension devant le vote négatif de l’opposition francophone sur le budget

Joris Gaens, détendu en début d’une séance dont l’ordre du jour n’était guère chargé, a fait preuve de la même impatience en conseil communal, ce jeudi, quand il a regretté l’attitude de l’opposition «qui a voté contre (la modification du plan budgétaire pluriannuel de la commune) sans même avoir posé une question sur le document. En principe, le conseil communal est tout de même un espace de débat».

L’échevin francophone, Jean Levaux lui a répliqué que son groupe avait décidé «de ne pas poser de questions» et fixé son attitude politique.

L’opposition francophone n’a pas embrayé sur ce début de polémique. Mais certains échanges informels après le conseil communal lui ont permis de faire savoir à des élu(e)s de la majorité que, de leur côté, la conseillère et les conseillers francophones reçoivent la plupart du temps des réponses lapidaires à leurs interventions en séance publique, sans pour autant s’indigner de la manière dont leurs suggestions sont balayées sans autre forme de procès

Le phénomène n’est pas typiquement fouronnais: il se déroule dans toutes les assemblées, en Belgique comme ailleurs. Que ce soit dans le cadre du conseil communal d’une petite commune comme Fourons, d’un conseil provincial, d’un Parlement régional, ou du Parlement fédéral.

C’est que la politique a ses lois, dont Huub Broers a peut-être oublié de transmettre les principes à ses héritiers.

Un des principes de base de la politique est que le budget est la traduction chiffrée de la politique qu’une majorité veut mettre en œuvre. C’est pour cela qu’on dit souvent que le vote du budget est l’acte le plus important d’une assemblée, quelle qu’elle soit.

L’opposition, par définition, ne se retrouve pas dans ce budget, même si sur certains points, elle peut être d’accord avec l’une ou l’autre décision ponctuelle qui nécessite un engagement budgétaire. Elle ne peut donc que s’opposer au budget, à moins qu’elle n’ait été associée à sa confection et ait pu y traduire certaines de ses priorités. Mais à Fourons, où Flamands et Francophones se font face, ce n’est pas le cas. Les votes négatifs de R@L coulent donc de source. L’accès d’humeur de la présidente du CPAS et celui du bourgmestre étaient donc hors de propos.

Un drone pour la (chère) zone de police

L’acquisition d’un drone au bénéfice de la zone de police (pour la recherche de personnes disparues, pour des missions de maintien de l’ordre, pour la surveillance d’événements publics, pour des interventions en cas d’accidents ou de catastrophe naturelle, précisait la demande de la police) a donné lieu à un étrange jeu de rôle entre le président du conseil communal, Rik Tomsin, et des élus Voerbelangen. Au grand étonnement du groupe francophone, Rik Tomsin a proposé un amendement à cette décision, pour prévoir une «évaluation annuelle par le conseil communal» de l’utilisation du drone, et la «suspension de son utilisation, si nécessaire». «Quelles seront les conséquences de la constatation d’un abus éventuel?» a interrogé l’échevin francophone, Jean Levaux, sans obtenir de réponse claire. L’amendement (pour calmer les appréhensions de certains élus flamands?) et la décision ont été ensuite adoptés, avec l’appui de la conseillère francophone Clotilde Mailleu pour l’achat, rejeté par Gregory Happart, Michael Henen et Benoît Houbiers, tandis que Jean Levaux s’abstenait. Le conseil a aussi approuvé le compte 2021 de la zone de police unicommunale fouronnaise: il s’est clôturé par un mali de 225000 euros. Un décompte supplémentaire, à ajouter au coût du transfert au Limbourg…

2 commentaires sur « La politique a des principes qu’il faut comprendre »

  1. Il est génial notre Phil Leruth, observateur neutre. Il écrit son exposé sur le CPAS sans avoir suivi la réunion. Il faut le faire! Mais bon, ses lecteurs ne savent pas qu’il était absent et qu’il ne raconte que ce qu’il a reçu comme information « neutre » de ses amis francophones de Retour au CPAS.

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