De par sa situation géographique et son statut particulier, la zone de police de Fourons est une zone unicommunale. Le conseil communal, réuni en distanciel ce jeudi, s’est notamment penché sur son budget 2022 qui accuse un bonus de 183121,94 euros au service ordinaire, et de 30881,12 euros au service extraordinaire.
«Ce budget a été établi en collaboration avec le chef de corps (NDLR: faisant fonction, depuis le départ du titulaire, Ronijn Cox), et tous les investissements qu’il avait réclamés y figurent» a commenté le bourgmestre, Joris Gaens (Voerbelangen). À huis clos, l’engagement d’un inspecteur principal a d’ailleurs été confirmé, ce qui permet de compléter le cadre de la zone, a complété le mayeur.
L’avenir s’annonce toutefois plus sombre, a poursuivi Joris Gaens: la contribution communale devrait doubler en 2022, passant de 60000 à 12000 euros. Dans un premier temps?
S’acquitter de toutes les tâches (de plus en plus nombreuses) dévolues à la zone se révèle cependant d’année en année plus ardu. C’est pourquoi, il y a quelques années, une «collaboration informelle» a été établie entre la zone de police fouronnaise et la zone de police pluricommunale de Bilzen-Hoeselt-Riemst. Cette collaboration permet l’appui mutuel de policiers soit lors de missions spéciales ou lors de missions ordinaires, lorsque du personnel manque à l’appel.

Ce jeudi soir, un pas supplémentaire a été franchi, avec l’approbation d’un contrat d’association entre les deux zones.
Les collaborations entre les zones de police prennent ainsi un tour plus formel, de quoi permettre la réalisation d’économies d’échelle.
«Chacune d’entre elles gardera sa propre direction» a précisé Joris Gaens. «Nous avions en effet le choix entre la fusion, qui aurait placé l’ensemble des policiers sous direction unique, ou l’association. Et c’est cette solution qui a eu notre préférence».
Ce que le mayeur fouronnais n’a pas précisé, c’est qu’une fusion des zones de police est tout aussi impossible qu’une fusion des communes pour Fourons, en raison même de son statut linguistique spécial. Entre fusion et association, il n’y avait en fait pas de choix.
L’échevin francophone, Jean Levaux, s’est inquiété: avec ce contrat d’association, les justiciables fouronnais francophones risquent de se retrouver devant des policiers qui ne pratiquent pas leur langue…
Le bourgmestre «s’attendait» à la question, et se veut ouvert: «tous les policiers en poste à Fourons doivent avoir satisfait un examen linguistique» a-t-il rappelé, et le «souci de sécurité est le même pour tous les habitants de Fourons, quelle que soit leur langue».
Le hic, c’est que dans la zone limbourgeoise… et éloignée, de Bilzen-Hoeselt-Riemst, les agents ne sont pas forcés de passer un examen linguistique, et il n’y a pas de bilingue fonctionnel parmi eux, «sauf si certains ont été en poste dans une région bilingue comme Bruxelles ou à Fourons».
Tôt ou tard, des policiers néerlandophones risquent donc de s’adresser à des Fouronnais dans une langue qui n’est pas leur, ce qui serait regrettable. En principe, quand des policiers de la zone Bi,zen-Hoeselt-Riemst seront en intervention à Fourons, ils seront toujours accompagnés d’un inspecteur local, a nuancé le mayeur. En principe seulement, et au prix d’une prestation superfétatoire. «Mais si des Fouronnais (néerlandophones) s’adressent au 112 à Liège, ils n’auront pas non plus forcément au bout du fil un agent bilingue» a ajouté Joris Gaens, dans une réflexion dont son prédécesseur, Huub Broers, était familier.
Le contrat d’association a été approuvé majorité flamande contre opposition francophone, sauf l’abstention de l’échevin Jean Levaux.
Dans un souci d’efficacité, des collaborations pourraient aussi être établies entre la zone de police fouronnaise et les zones de police voisines du plateau de Herve ou de Visé. Car la géographie est têtue. Mais on imagine que la majorité Voerbelangen n’en a pas la moindre envie…
En attendant, Fourons paiera de plus en plus cher le privilège d’avoir une zone de police unicommunale limbourgeoise et flamande. Et mère Flandre, qui a déjà tant investi dans la commune, risque fort de la laisser se dépatouiller elle-même…
Accord tripartite bis
Le conseil s’est aussi vu invité à approuver la deuxième version de l’accord tripartite entre la commune, l’évêché de Hasselt, et le conseil de fabrique de Fouron-le-Comte, au bénéfice duquel l’évêché a accordé un prêt sans intérêt, et la commune un crédit-pont de 1,7 millions d’euros. Ces opération financières permettaient de «couvrir» l’usage par le conseil de fabrique de crédits destinés à la rénovation de l’église pour rénover la salle paroissiale.
Pourquoi une nouvelle version? Officiellement, parce que le cabinet d’avocats chargé de formaliser cet accord tripartite a commis des erreurs. «Purement techniques, mais il fallait aussi apporter quelques éclaircissements» selon la majorité.
Comme toujours, l’opposition francophone s’est opposée à cet accord tripartite. Le débat a juste permis au premier échevin, William Nijssen, de confirmer que la rénovation de la salle s’était opérée avec l’accord du collège échevinal de l’époque, présidé par Huub Breors.
